"C’est un garçon qui trimballe sa lumière intérieure partout où il va, rendez-vous dans un bar, tournées en solo. Un halo de sincérité qui irradie sur scène, aussi vital que la transe rythmique qui le prend soudain et qu’il communique au public comme un séisme heureux. Peu de chanteurs, en France, savent se donner en concert comme Ben Ricour, musicien bricolant des sons trépidants, un cajon (percussion péruvienne) sous le pied gauche, un sampler sous le pied droit, une guitare entre les mains. « Faire que les gens puissent s’évader, qu’ils se lèvent de leur siège, telle est ma mission », explique t-il calmement, sérieusement, de sa voix grave… Pour dire encore le plaisir simple et immédiat que procure cet album, émaillé de guitares saccadées, de fluides parties de clavier signées Albin de la Simone et des lumineuses ondes Martenot de Thomas Bloch, collectionneur français passionné qui a travaillé avec Radiohead et Damon Albarn, il faudrait citer aussi « Amoureux / Amoureux », tube imparable à la fêlure délicate. « L’heure d’hiver », dont la mélodie ensoleillée chatouille agréablement le ciel gris; « Cinq Minutes » et son haletant mini-scénario de rupture sur lequel -M- a posé une partie très personnelle de guitare, ou encore « Sors de l’ombre », au texte écrit par Michaël Furnon de Mickey 3D. Un mantra hypnotique et militant, adressé à tout hasard à ceux qui essaieraient de le faire changer ou de le formater et qui dit en substance : « Même s’ils ne m’aiment pas / Je resterai le même. » « Oui, moi aussi, je ressens ça, assure t-il. Depuis mes débuts, j’ai toujours l’impression d’être en lutte... »
Cette fois-ci, pourtant, le combat semble gagné. « Pour cet album, dit-il, j’ai tout donné. » Avec « Ton Image », enfin, Ben Ricour sort de l’ombre et entre dans la lumière...