Brigitte Bardot, née Brigitte Anne-Marie Bardot le à Paris, est une actrice de cinéma et chanteuse française, une militante de la cause animale, ainsi que la fondatrice et présidente de la fondation qui porte son nom.
Figure féminine des années 1950 et 1960, elle fut une star mondiale, l'égérie et la muse des plus grands artistes de l'époque. Emblème de l'émancipation des femmes et de la liberté sexuelle, elle passa des rôles de femme enfant à ceux de femme fatale. Elle tourna avec les plus grands réalisateurs incarnant des personnages à l'élégante légèreté et à la sensualité photogénique. Elle devint rapidement un sex-symbol. Avec à son actif 48 films et plus de 80 chansons en 21 ans de carrière, Brigitte Bardot, tout aussi connue sous les initiales de « BB », est une des artistes françaises les plus célèbres. Elle mit un terme à sa carrière d'actrice en 1973 pour se consacrer à la défense des animaux.
Par ailleurs, elle fut condamnée pour incitation à la haine raciale à cinq reprises, pour ses critiques envers l'immigration, l'abattage rituel des animaux, le métissage, certains aspects de l'homosexualité ou encore l'islam en France.
Biographie
Enfance et adolescence
Brigitte Bardot naît à Paris le 28 septembre 1934 au 5 place Violet dans le 15 arrondissement. Issue d'un milieu bourgeois, elle est la fille d'un industriel, propriétaire des Usines Bardot, et d'une mère au foyer. Elle reçoit une éducation stricte aux côtés de sa sœur cadette Marie-Jeanne (dite Mijanou). Jeune, une amblyopie est diagnostiquée sur un de ses yeux.
C’est une enfant dissipée qui souffre de la préférence de ses parents pour sa sœur Marie-Jeanne. Il lui arrive alors souvent de se poser la question "Pourquoi je vis ?". Elle se passionne pour la danse classique et fait ses premiers pas, à 7 ans, au cours Bourgat. En 1949, la jeune fille entre au Conservatoire de Paris et y obtient un premier . Son père, dont un recueil de poèmes a été primé par l'Académie française[, est un passionné de cinéma et adore filmer. De ce fait, il existe de nombreux films montrant Brigitte Bardot enfant (ce qui est assez rare pour l'époque). Sa mère, dite "Toty", aime particulièrement la mode et la danse. La famille fait partie de la haute société et fréquente le Tout-Paris. Les Bardot côtoient notamment beaucoup de directeurs de presse, de théâtre, de cinéma mais aussi des gens de la mode.]
En 1949, à l'âge de 15 ans, l'adolescente, engagée par Hélène Lazareff directrice de Elle et du Jardin des modes - une grande amie de sa mère - devient très vite la « mascotte » du magazine Elle, dont elle fait la couverture dès 1949. Le réalisateur Marc Allégret, voyant les photos, demande à la rencontrer, mais ses parents s'opposent à ce qu'elle devienne actrice. Son grand-père, qu'elle surnomme "le Boum", lui fait confiance, et prend sa défense : "Si cette petite doit un jour être une putain, elle le sera avec ou sans le cinéma, si elle ne doit jamais être une putain, ce n'est pas le cinéma qui pourra la changer ! Laissons-lui sa chance, nous n'avons pas le droit de disposer de son destin[Roger Vadim<ref name=Bardot68/>, qui lui donne la réplique pour une scène du film Les lauriers sont coupés. Le film ne se fait pas, mais ils tombent amoureux.]
Ses parents s'opposent à cette relation. Un soir, son père lui annonce qu'elle ira poursuivre ses études en Angleterre et doit prendre le train dès le lendemain matin, pour ne revenir qu'à sa majorité[. Reprenant conscience celle-ci parvient, à force de supplications, par convaincre son père de ne pas l'envoyer en Angleterre. Il accepte à la condition qu’elle n'épouse Vadim qu'à l'âge de 18 ans.]
Premiers pas au cinéma
Après avoir de nouveau fait la couverture de Elle, Brigitte Bardot se voit offrir son premier - petit - rôle, par le réalisateur Jean Boyer dans Le Trou normand avec Bourvil. La débutante n’est pas enthousiaste, mais accepte à cause des qu'on lui offre. Elle notera, dans ses mémoires parues en 1996, avoir conservé un souvenir pénible de ce premier tournage[, mais poursuit cependant dans cette voie avec Willy Rozier, qui lui offre son second rôle dans Manina la fille sans voiles.]
Pour ses 18 ans, son père l’autorise à se marier avec Roger Vadim (la majorité étant à 21 ans à l'époque). Le mariage est célébré à l'église de Passy le 21 décembre 1952.
En 1953, elle rencontre Olga Horstig, qui devient son agent. Anatole Litvak, metteur en scène américain, lui demande de jouer un petit rôle dans Un acte d'amour avec Kirk Douglas.
André Barsacq lui propose de reprendre au théâtre de l'Atelier le rôle créé par Dany Robin dans L'Invitation au château de Jean Anouilh. N'ayant aucune expérience théâtrale, elle se trouve "nulle"[Anouilh lui envoie des fleurs avec une carte sur laquelle il a écrit : "Ne vous inquiétez pas, je porte chance<ref name=Bardot93/>". Le lendemain, elle reçoit les compliments de Jean-Jacques Gautier et la plupart des critiques sont bonnes<ref name=Bardot93/>.]
Sacha Guitry cherchant une comédienne "pas chère" pour jouer Mademoiselle de Rosille, maîtresse d'un soir de Louis XV, interprété par Jean Marais, l'agent de Bardot propose à Brigitte de jouer une scène dans Si Versailles m'était conté...[.]
La jeune actrice se rend ensuite à Rome, où on lui propose du travail et s'y lie d'amitié avec Ursula Andress, qui sera rendue célèbre, quelques années plus tard, par le film James Bond 007 contre Dr. No. En Italie, Bardot décroche un rôle dans un film américain, Hélène de Troie de Robert Wise avec Rossana Podesta. "Mon anglais était minable et mon trac formidable. J'appris mon rôle sur le bout des doigts, je ne savais même pas ce que je disais, mais je le disais avec tant d'assurance que je fus choisie[ dans une petite production italienne, Haine, Amour et Trahison, qu'elle qualifiera plus tard de "mélodrame ridicule".]
De retour en France, son agent lui propose de jouer aux côtés de Michèle Morgan et de Gérard Philipe dans un film dirigé par René Clair : Les Grandes Manœuvres. Son rôle n'est pas très important mais elle préfère "un petit rôle dans un très bon film [à] un grand rôle dans un mauvais film". Marc Allégret la dirige ensuite dans En effeuillant la marguerite qui est un échec. Elle retourne alors à Rome pour Les Week-ends de Néron, pendant le tournage duquel elle devient "capricieuse", selon ses propres termes, exigeant, pour une scène de bain, qu'une solution d'amidon soit remplacée par du lait, bientôt transformé en yaourt par la chaleur des projecteurs.
La consécration
Et Dieu... créa la femme (1956)
À cette époque, Vadim écrivait avec Raoul Lévy un scénario, intitulé Et Dieu... créa la femme. Aucun producteur ne voulait financer le film[Sophia Loren et Gina Lollobrigida, les plus grandes stars de l'époque. Les flashs des photographes se déclenchaient sur son passage et son sex-appeal émouvait la Croisette. C’est finalement grâce à l'approbation de Curd Jürgens, acteur important de cette époque, pour qui Vadim et Lévy avaient taillé sur mesure le rôle d'Eric Carradine, qu'ils obtinrent le financement nécessaire. Le tournage eut lieu à Saint-Tropez<ref name=Bardot116/>. C'est ce film qui lui permit d'entrer dans la légende du cinéma mondial et de devenir un mythe vivant, un modèle social et un sex-symbol international.]
La jeune artiste y jouait le rôle de Juliette Hardy face à Curd Jürgens, Christian Marquand et Jean-Louis Trintignant avec lequel se nouait une liaison. Un an plus tard, le 6 décembre 1957, elle divorca de Vadim. Celui-ci définit ainsi le personnage qu'elle interprétait : À sa sortie en France, le film fut accueilli avec une certaine réserve. Les Cahiers du cinéma reprochaient la facilité du sujet et le choix des acteurs[Raoul Lévy et Roger Vadim décidèrent d'exploiter le film à l'étranger en espérant qu'il y serait un succès<ref name=Bardot122/>. Rebaptisé And God Created Woman, il fit un triomphe aux États-Unis. "C'était un succès extraordinaire, les critiques se montraient dithyrambiques, je devenais soudain la Française la plus connue outre-Atlantique" se rappela Bardot quelques années plus tard. Les Américains inventèrent même le terme "bardolâtrie" pour qualifier l'enthousiasme qu'elle suscitait. Simone de Beauvoir affirma qu'"[elle] marche lascivement et un saint vendrait son âme au diable pour la voir danser<ref name=Empreintes/>". Le film ressortit alors en France et connut un triomphe retentissant. Cinémonde écrit : "Le sex-appeal, c'est Marlène Dietrich, le glamour, c'est Ava Gardner, le oomph, c'est Jane Russell, le t'ça, c'est Suzy Delair, le pep, c'est Marilyn Monroe, Brigitte Bardot mélange tous ces ingrédients explosifs, y ajoute un zeste de fantaisie personnelle, elle sera le pschitt!"]
Elle commença alors à recevoir beaucoup de lettres et d'appels téléphoniques de la part d'admirateurs[Raoul Lévy lui proposèrent En cas de malheur que devait réaliser Claude Autant-Lara, le nouveau film de Vadim Les Bijoutiers du clair de lune ainsi qu'Une Parisienne et La Femme et le Pantin. Son favori était En cas de malheur. Néanmoins, elle les acceptait tous, mais refusa le film américain qu'on lui proposait où Glenn Ford et Doris Day lui demandaient d'être leur partenaire : Le Père malgré lui. John Wayne évoqua le souhait de jouer à ses côtés en 1960 : "Pour elle, je suis prêt à renoncer à mon chapeau de cow-boy<ref name=Choulant74/>."]
Son agent lui fit savoir qu'elle était invitée à Londres à la Royal Command Performance, pour le grand gala annuel, et devait être présentée à la reine[. C'est là qu'elle rencontra Marilyn Monroe. "Je l'adorais, la regardais, fascinée. J'aurais voulu être .]
En 1958, Brigitte Bardot devient l'actrice française la mieux payé du cinéma français. Après Et dieu créa la femme, Raoul Lévy lui fait signer un contrat pour quatre films. 12 millions de francs français pour le premier films, quinze millions pour le second, trente millions pour le troisième et quarante cinq millions pour le quatrième. Elle reçoit cinq pour-cents des recettes pour le films Bijoutiers du clair de lune.
Du film Une Parisienne à Babette s'en va-t-en guerre (1957-1959)
Rentrée en France elle tourna dans Une Parisienne, qui fut, de son propre aveu, une comédie "fine et spirituelle, pleine d'humour et d'amour" de Michel Boisrond. Ses partenaires étaient Henri Vidal et Charles Boyer. "Il fait partie des films dont je suis fière, il n'y en a pas eu beaucoup. Cette réussite me stimula et j'eus envie de continuer à me donner du mal pour mon métier". Le film eut en effet un grand succès[.]
La jeune actrice se rendit ensuite en Espagne pour jouer dans le film Les Bijoutiers du clair de lune, dont le tournage, commencé au "paradis", se termina en "enfer" à la suite d’un orage terrible. " Notre campement prenait des allures d’Arche de Noé". Déprimée, elle souhaitait rentrer en France, "J'étais crevée, moralement et physiquement. Je suppliais Vadim de me renvoyer à Paris, je ne voulais pas rester ici, film ou pas film, j'allais tomber malade, je n'en pouvais plus, j'étais à bout de tout, je voulais partir, partir à tout prix"[. Les dégâts furent tels que la production décida de tout rapatrier, et c’est à Nice, au studio de la Victorine, dans un décor reconstitué, que la jeune femme termina le film.]
Un soir, sa mère lui téléphone de Saint-Tropez et lui annonce qu’elle vient de trouver une maison "les pieds dans l'eau". Bardot s'y rend, tombe sous le charme de La Madrague, et l'achète immédiatement[. En 1965, l’obtention d’une dérogation exceptionnelle l'autorisa à construire des murs sur la plage dans la continuité de sa maison, afin de protéger son intimité des importuns, notamment des paparazzi.]
De retour à Paris, elle commença à tourner dans En cas de malheur avec Edwige Feuillère et Jean Gabin, mais, terrorisée à l'idée de jouer un rôle aussi sérieux avec des acteurs si reconnus, elle paniqua; le réalisateur Claude Autant-Lara, réputé pour être difficile[La Vérité, Viva María !, Et Dieu... créa la femme et L'Ours et la Poupée. Elle reçut néanmoins cette année-là, puis jusqu'en 1961, le premier prix de popularité décerné par Ciné Revue<ref name="bardot.1996.206"/>.]
En 1959, elle accepte de jouer dans Babette s'en va-t-en guerre. À la réception du scénario, ne comprenant pas que ce film, qu'elle imagine charmant et drôle, puisse être rendu aussi minable et sans intérêt, le renvoie, non sans avoir barré chaque page de crayon rouge, tout en ayant écrit sur la dernière, qui devait porter sa signature et son approbation : "Je ne tournerai jamais une merde pareille[Raoul Lévy fait alors réécrire l'histoire par Gérard Oury qui, après avoir abandonné sa carrière d'acteur et avant de devenir metteur en scène, travaille transitoirement comme scénariste-dialoguiste<ref name=Bardot213/>. Le scénario est soumis une nouvelle fois à Bardot qui l'accepte avec enthousiasme<ref name=Bardot213/>. Ses partenaires sont Francis Blanche et Jacques Charrier. Sur le tournage, la jeune femme a une liaison avec ce dernier et apprend peu après qu'elle est enceinte. Ne désirant pas d'enfant et effrayée à l'idée d'être mère, elle envisage de se faire avorter, avant d'avouer la vérité à Jacques Charrier qui est "fou de joie" lorsqu'il l'apprend<ref name=Bardot224/>. Ils se marient le 18 juin 1959 et, à cette occasion, Bardot lance la mode du vichy à carreaux, des cheveux longs et blonds et des ballerines<ref name=Bardot230/>. Le 20 septembre 1959 sort Babette s'en va-t-en guerre. Le film est un succès accueilli avec "sympathie par un public attiré par le couple que nous formions, par les acteurs sensationnels tel Francis Blanche, qui nous entouraient et par le côté farfelu et rigolo d'une guerre ironique<ref name=Bardot245/>".]
Son agent lui fit alors savoir que Raoul Lévy et Henri-Georges Clouzot lui proposaient de tourner à partir de dans La Vérité. Mais son mari lui refusa la lecture de ce scénario qu’il jugeait déshonorant pour lui, sa famille et l’enfant à naître, puis jeta tout ce qu'elle reçut et plus particulièrement ce que lui proposait Clouzot. Elle signa néanmoins avec ce dernier dans le plus grand secret.
Le sex-symbol des années 1960
La Vérité (1960)
La naissance de son fils Nicolas a lieu le 11 janvier 1960 dans son appartement situé au 71 avenue Paul Doumer dans le 16 arrondissement de Paris. Après un accouchement difficile, "à la limite du supportable", elle refuse de voir son enfant qui représente à ses yeux "neuf mois de cauchemar. C'était un peu comme une tumeur qui s'était nourrie de moi, que j'avais portée dans ma chair tuméfiée, n'attendant que le moment béni où l'on m'en débarrasserait enfin". Elle dira même un jour : "J'aurais préféré accoucher d'un chien." Dans la rue, la circulation est interrompue par la centaine de photographes et de journalistes[. Exténués par tous ces événements, le jeune couple décide de partir skier, laissant leur fils à la mère et à la grand-mère de Bardot.]
Raoul Lévy lui téléphone pour parler de La Vérité. La comédienne fait des essais avec plusieurs jeunes acteurs, dont Jean-Paul Belmondo, Hugues Aufray, Gérard Blain, Marc Michel, Jean-Pierre Cassel et Sami Frey. C'est finalement ce dernier qui est choisi pour lui donner la réplique aux côtés de Charles Vanel, Paul Meurisse, Louis Seigner, Marie-José Nat et Jacqueline Porel[Ici Paris, Pierre Lazareff, un ami, lui apprend alors que son secrétaire a vendu ses mémoires pour 50 millions d'anciens francs à France Dimanche, mettant ses secrets et sa vie privée sur la place publique<ref name=Bardot266/>. "Je me retrouvais seule avec un nourrisson, un mari malade, une maison à faire tourner, pas de bonne, un film à réussir. Une situation difficile à équilibrer pour tout être normal, impossible en ce qui me concernait". Après le renvoi de son secrétaire, un accord passé entre les différents magazines<ref name=Bardot267/>, lui permet de supprimer tout ce qui ne lui convient pas.]
Pendant ce temps, elle joue dans La Vérité. Henri-Georges Clouzot se montre difficile : "Il me voulait à lui tout seul et régnait sur moi en maître absolu[ !"]
Chaque matin, le réalisateur la met en condition, lui montrant la vie sous son jour le plus désespéré, le plus injuste, le plus cruel. Le film étant tourné au mois d'août, elle déprime, imaginant qu'elle pourrait être en vacances[. À la fin du film, elle doit dire un monologue long, émouvant et sincère. Ce sont les dernières paroles de son personnage pour tenter d'attendrir les jurés sur le meurtre commis contre son petit ami.]
Le tournage de La Vérité se révèle pour elle, sur le plan personnel comme professionnel une belle réussite et sur le plan sentimental elle dissimule, par respect pour son mari, une liaison entretenue avec Sami Frey[Menton, en compagnie de Mercedès, la petite amie de Jean-Claude Simon<ref name=Bardot276/>.]
Tentative de suicide
Le 28 septembre 1960, le jour de son anniversaire, elle refuse de se rendre à la soirée organisée par Mercedès et préfère rester seule à la maison. Mercedès, partie rejoindre les autres, Bardot boit du champagne et à chaque gorgée, avale un comprimé d'imménoctal. Déterminée à mourir, la jeune femme sort et erre dans la campagne. Arrivée près d'une bergerie, "je m'assis par terre, enfonçais de toutes mes forces la lame d'acier dans mes deux poignets, l'un après l'autre. Ça ne faisait absolument pas mal. Le sang coulait à flots de mes veines. Je m'allongeai, regardai les étoiles au milieu des moutons. J'étais sereine, j'allais me dissoudre dans cette terre que j'ai toujours aimée[.]
C'est à l'hôpital Saint-François de Nice que, 48 heures plus tard, elle reprend connaissance, pieds et poings liés à la table de réanimation, des tuyaux traversant son corps de part en part. "Chaque seconde où je reprenais conscience était un martyre de douleur. (...) Mon retour sur cette terre fut un cauchemar. Prise pour une folle par les médecins, ceux-ci me confièrent à des psychiatres. J'eus droit à une camisole de force[France Dimanche à Ici Paris qui la tourne en dérision "ayant eu l'effronterie de ne pas en mourir". À sa sortie, elle doit faire face à la réaction du public. Une lettre anonyme lui tombe dans les mains : "La prochaine fois, jetez-vous du 7e étage. Ça fera une salope de moins sur terre<ref name=Empreintes/>". Sa convalescence se passe à Saint Tropez où sa mère ne la laisse jamais seule<ref name=Bardot278/>. Sami Frey, réformé, lui demande de venir le retrouver près de Paris.]
Sans nouvelle, Olga, son agent, réussit à la joindre pour lui rappeler l'urgence de faire la synchronisation de La Vérité ainsi que l'existence du contrat de La Bride sur le cou, le film, mis en scène par Jean Aurel, qu'elle doit commencer en janvier suivant. Le 2 novembre 1960, La Vérité sort dans les salles parisiennes. Malgré son absence à la « première », le film est bien accueilli par la critique et connaît un énorme succès public[Oscar du meilleur film étranger 1960 - et Brigitte Bardot y est enfin reconnue comme une "actrice" à part entière. Les critiques les plus acerbes écrivent : "Il faut reconnaître que Brigitte Bardot"... À l'étranger, elle est consacrée meilleure actrice de l'année<ref name=Bardot282/>.]
En janvier, commence le tournage de La Bride sur le cou où Michel Subor est son partenaire. Ce film représente pour Brigitte Bardot une façon de se changer les idées, même si elle le considère comme une "ânerie et désespérant de nullité". Devant le succès de La Vérité, et les faiblesses du scénario du film de Cazaril, elle annonce aux producteurs que : soit elle arrête de jouer, soit ils changent le réalisateur[Roger Vadim<ref name=Bardot285/>. Le film est un échec dû, selon l'actrice, à sa "médiocrité et sa banalité".]
De Vie privée au Mépris (1961-1963)
Elle accepte alors de jouer dans Vie privée, adapté de sa propre vie, sous la direction de Louis Malle[Genève, en Suisse. Au cours d’une scène avec Marcello Mastroianni, un pot de géraniums tombe à trois centimètres de sa tête, puis l'équipe est bombardée de tomates, de vieux cageots et de pots pleins d'eau. Bardot est insultée de toutes parts : "La putain, en France. Qu'elle aille chez elle faire ses saloperies. La paix en Suisse. Qu'elle crève. Des ordures pour les ordures. Qu'on rouvre les maisons closes pour la mettre dedans avec une caméra<ref name=Bardot299/>". Meurtrie, elle ne comprend pas l’agressivité des gens à son égard. La réalisation a ensuite lieu à Paris et à Spoleto en Italie sans aucun problème, mis à part les paparazzi qui la guettent nuit et jour la pourchassant jusqu'à La Madrague, pendant les vacances qu’elle prend après le tournage. Certains n'hésitent pas à entrer dans sa propriété. "Combien de fois au bord de la crise de nerfs ai-je appelé la police ? J'en ai trouvé dans ma salle de bains, dans mon salon, sur la balancelle du jardin ou tout simplement installés sur les chaises longues au bord de l'eau".]
De retour à Paris, elle est peu enthousiaste pour tourner dans le nouveau film de Vadim, Le Repos du guerrier, qui doit commencer début 1962. À la même période lui parvient une lettre de menace de l'OAS exigeant d'elle la somme de pour soutenir les activistes de l'Algérie française. Bien que "morte de peur", la jeune femme, décide de les affronter, malgré le refus de protection de la police. Après avoir mis en sécurité son fils en Suisse, elle fait publier en réponse une lettre ouverte où elle dit avoir "porté plainte par l'entremise de mes avocats pour tentative de chantage et d'extorsion de fonds. (...) En tout cas, moi, je ne marche pas parce que je n'ai pas envie de vivre dans un pays nazi[".]
C’est en 1962, que Brigitte Bardot engage son premier combat pour la cause animale, en militant pour le pistolet d'abattage indolore dans les abattoirs. En effet, après avoir vu des photos montrant les conditions dans lesquelles les animaux étaient abattus, elle décide de devenir pesco-végétarienne : "Je ne demande à personne de devenir végétarien, mais peut-être d'essayer de manger moins de viande, morceau d'une chair animale remplie des toxines de la souffrance et de l'angoisse dues à une mort atroce". Elle entame sa première bataille. "Je pleurais longuement sur la photo d'un petit veau qui, les pattes cassées, gisait sanglant la gorge ouverte sur un X de torture, pire qu'aux pires moments du Moyen Âge ! Puisque personne au monde n'avait le courage ou les moyens de dénoncer ces abominables tueries sanglantes moi je le ferais !" À sa demande, Pierre Desgraupes accepte de lui accorder - malgré ses réserves, trouvant qu'un sex-symbol correspondait mal à une séquence aussi dure sur les abattoirs - une interview dans son émission Cinq colonnes à la une[.]
Roger Frey, le ministre de l’intérieur de cette époque, lui accorde une entrevue où elle se rend avec quelques exemples de pistolets d'abattage destinés à assommer le gros bétail, afin que la mort lente et consciente par saignement soit abolie dans la plupart des cas, grâce à la projection d'une flèche dans le cerveau qui paralyserait les centres nerveux.
Entre-temps, des membres de l'OAS écrivent une lettre à son père où ils menacent de la vitrioler si les demandés ne sont pas versés[.]
En , Bardot retrouve Vadim pour Le Repos du guerrier avec Robert Hossein. Si le film ne lui plait pas beaucoup elle garde en revanche un "merveilleux" souvenir de Florence au printemps[.]
Pour souhaiter une bonne année 1963 aux téléspectateurs, la comédienne accepte d’interpréter du Gainsbourg - qu'elle vient de rencontrer et qui lui a écrit L'Appareil à sous - et du Jean-Max Rivière, tout en dansant sur des airs du folklore d'Amérique latine.
Jean-Luc Godard souhaite absolument l'engager dans Le Mépris adapté du roman d'Alberto Moravia. Après l’avoir rencontré au début de 1963, la vedette accepte, bien que ce "genre d'intello cradingue et gauchisant me hérisse[Sperlonga, petit village du sud de l'Italie où débutent les prises de vues<ref name=Bardot324/>. Le tournage l'amuse : c'est "une suite ininterrompue de gags et de farces," même si elle décrit Godard comme à la limite du "un coup je te vois un coup je t'ignore. Du reste, il ne fallait pas se presser. Quand on est suisse, il n'y a pas le feu au lac". C'est pendant le tournage qu’a lieu sa séparation d’avec Sami Frey "J'ai eu très mal, car je l'aimais profondément". Mais une idylle s’était nouée avec un Brésilien, Bob Zagury.]
Lors de sa sortie, Le Mépris reçoit un accueil mitigé de la part du public et de la critique. Néanmoins, Jean-Louis Bory écrit :
Selon Bardot, les producteurs s'arrachent les droits du livre d’Exbrayat, Une ravissante idiote, après qu'elle a déclaré l'avoir aimé et trouvé l'histoire "rigolote"[. Le film est finalement produit par Belles Rives ; son partenaire y est Anthony Perkins, qu'elle décrit comme le "rêve impossible de toutes les femmes", et le réalisateur Edouard Molinaro.]
Après ses vacances à Rio de Janeiro, on lui propose une apparition de deux jours dans un film américain qui lui rend hommage avec James Stewart. Le film, Chère Brigitte, narre l'histoire d'un enfant de 10 ans fou d'elle et qui, à force de supplier son père, finit par la rencontrer dans sa maison de campagne. Elle accepte mais trouve Stewart ennuyeux et a l'impression de jouer face à un "robot qui refait et redit à chaque prise les mêmes gestes et les mêmes mots sans aucune personnalité[".]
En juin 1964, Joséphine Baker lance un appel pour sauver sa propriété du Périgord dans laquelle elle avait recueilli tous ses enfants[.]
De Viva María ! au festival de Cannes (1964-1967)
Pendant ce temps, Louis Malle veut lui faire donner la réplique à Jeanne Moreau dans un film à grand spectacle et gros budget, tourné au Mexique : Viva María !. Son agent lui explique que c'est la chance de sa vie, un moyen de prouver au monde qu'elle est mieux que jolie et très différente de l'image stéréotypée qui circule dans les salles de rédaction. La décision s'avère difficile à prendre, mais il lui faut relever le défi : accepter d'avoir Jeanne Moreau comme partenaire et réussir à l'égaler dans l'estime du public[. Elle se retire quelque temps, préférant partir skier ou faire de la plongée sous-marine.]
Le 28 septembre 1964, Brigitte Bardot fête son 30 anniversaire. Paris Match lui envoie un de ses plus illustres reporters et son meilleur photographe[B.B. a 30 ans<ref name=Choulant157/> !"]
Elle, pour qui rien n'a changé[, continue les essayages pour Viva María !. Sa rencontre avec Jeanne Moreau, à ses yeux "simple mais sophistiquée, chaleureuse mais dure, séduisante mais redoutable, enfin je la trouvais telle que je l'imaginais, avec son extraordinaire pouvoir de séduction qui dissimulait mal son caractère d'acier trempé. (...) Je comprenais que les hommes en soient fous".]
Avant d'aller au Mexique elle part à Noël pour Buzios, un village du Brésil, en compagnie de son petit ami de l'époque, le musicien brésilien Bob Zagury[Dario Moreno "Brigitte Bardot, Bardot, Brigitte Bejo Bejo<ref name=Bardot344/>..." En remerciement, les Brésiliens lui érigent une statue à son effigie, sculptée par Motta<ref name=Choulant145/>.]
Le tournage de Viva María ! débute fin à Mexico, où, selon Bardot, les plus grands photographes des plus célèbres journaux du monde défilent sur le plateau. Tous désirent des séances exclusives, des portraits, des reportages intimistes dans leurs maisons. Ce qui déplaît à la comédienne : "J'en avais déjà ras-le-bol de travailler toute la journée, maquillée du matin au soir, chapeautée, coiffée, encorsetée, bottée, crevée et harassée, qu'au moins, le dimanche, je puisse me détendre, me baigner, dormir traînasser ou visiter le pays[Mamma Olga", arrive sur le plateau, furieuse, et brandit une pile de journaux où Jeanne Moreau figure en couverture<ref name=Bardot355/>. À l'intérieur, on ne voit et ne parle que d'elle, en anglais, en français, en allemand, en italien et même en japonais<ref name=Bardot355/>. Sous la pression de son agent, Bardot accepte de lui faire concurrence<ref name=Bardot355/>. "À partir de ce jour, je mis un point d'honneur à gagner le pari que j'avais fait contre moi-même en acceptant de tourner ce film. Si Jeanne avait gagné la première manche, j'emporterais la . Elle avoue être capricieuse durant le tournage<ref name=Bardot355/> mais accepte de grimper sur un train en marche, sautant de toit de wagon en toit de wagon ou de se baigner dans l'embouchure d'un fleuve infesté de requins où un machiniste a perdu une jambe. Le film sort officiellement à New York et à Los Angeles en 1965<ref name=Bardot330/> et Brigitte Bardot, d’abord hésitante, accepte de le représenter. Son voyage dans ces deux villes n'est qu'une succession ininterrompue d'interviews, de photos, de champagne et de toasts. Une journaliste lui pose la question "Que mettez-vous pour dormir?" et elle répond "les bras de mon amant", là où Marilyn avait répondu "du Nº5 de Chanel".]
Le film est un immense succès et la critique est unanime quant à la performance de Bardot. Paris Jour écrit : "Jeanne Moreau est écrasée par Brigitte Bardot." L'Avant scène remarque "Si Jeanne Moreau est remarquable, Brigitte Bardot est tout simplement éblouissante dans son rôle de pétroleuse et il faut bien dire qu'elle vole la vedette à sa collègue."
L'année suivante, elle rencontre le milliardaire allemand Gunter Sachs et l’épouse en troisième noces le 14 juillet 1966. Celui-ci, pour lui déclarer son amour, lui envoie une pluie de pétales de roses sur La Madrague depuis son hélicoptère.
Louis Malle fait de nouveau appel à elle pour un sketch tiré des Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe. Son partenaire est Alain Delon et le tournage a lieu à Rome au début de l'été 1967. Sa performance est saluée par la critique.
La star française refuse le film américain Shalako, un western des années 1880, mis en scène par Edward Dmytryk avec une grande distribution, dont le tournage prévu début 1968, dans le sud de l'Espagne, avec Sean Connery comme partenaire doit être impérativement tourné en langue anglaise. Elle refuse également de jouer une James Bond Girl dans Au service secret de Sa Majesté et déclare : "Je trouve les films James Bond excellents, mais sans moi !" Son agent et son mari la poussent à accepter L'Affaire Thomas Crown avec Steve McQueen, pour lequel on lui propose un million de dollars. Nouveau refus. Le rôle sera repris par Faye Dunaway.
Entre-temps, elle prépare ce qui sera le Bardot Show pour passer de l'année 1967 à 1968. Plusieurs compositeurs célèbres de l'époque doivent lui écrire des chansons sur mesure qu'elle chantera ou dansera[.]
Bien qu'ils ne se voient déjà plus, Gunter Sachs lui demande de présenter le film qu'il produit, intitulé Batouk, à la soirée de clôture du Festival de Cannes 1967, ou qu'à défaut ils cessent définitivement de se voir. Elle accepte. À Cannes, la foule est hystérique. "J'essayai ce fameux soir de gala à Cannes de me frayer un chemin au milieu d'une foule hystérique qu'hélas je connais trop bien, ballottée, écrasée, malmenée, étouffée, mais souriante, oui souriante". C'est sa dernière apparition officielle dans le monde du cinéma[.]
De Serge Gainsbourg à Shalako (1968-1969)
Sa relation avec Gunter Sachs se détériore de jour en jour. Son agent en profite pour lui faire signer le western Shalako avec Sean Connery, dont elle ne lira jamais le script et enregistre peu après les chansons La Madrague, Le soleil, Harley-Davidson puis le cadeau d'amour de Serge Gainsbourg : Je t'aime... moi non plus[Comic strip et Everybody loves my baby. Indépendamment de la complicité artistique qui existe entre eux, la comédienne-chanteuse ne résiste pas longtemps au charme singulier de l'homme à la "tête de chou"<ref name=Empreintes/>. "La beauté c'est quelque chose qui peut être séduisant un temps. Ça peut être un moment de séduction. Mais l'intelligence, la profondeur, le talent, la tendresse, c'est bien plus important et ça dure beaucoup plus longtemps" dit-elle plus tard<ref name=Empreintes/>. Sur les conseils de son agent, pour ne pas faire un scandale mondial qui ternirait son image à cause de Sachs, elle demande à Serge Gainsbourg de ne pas diffuser Je t'aime moi non plus et de la remplacer par une autre, Bonnie and Clyde.]
Puis c’est le départ en Espagne pour les besoins de Shalako, qui, selon ses dires, est l'un des plus mauvais films de sa carrière. Son peu d’intérêt pour le tournage la fait arriver souvent en retard sur le plateau, ce qui n'est pas pour plaire au metteur en scène qu'elle décrit comme "dur, froid, il avait des exigences militaires". La première mondiale du film a lieu à Hambourg le jour de son anniversaire et elle avoue ne pas plus en comprendre l'histoire, qui n'a selon elle aucun intérêt, que l’ovation qu’il reçoit lors de sa première[. Au box-office mondial, le film est cependant un échec et les critiques en majorité négatives. Jean de Baroncelli écrit dans Le Monde : "On se demande vraiment quelles raisons secrètes ont bien pu pousser Brigitte Bardot à accepter ce rôle (?) qu'elle tient dans Shalako. Si ce fut l'envie de changer d'emploi et d'incarner les héroïnes de western, elle s'est complètement trompée de scénario]
Elle répond favorablement aux deux projets qu'on lui présente : Les Femmes et L'Ours et la Poupée. Le premier dirigé par Jean Aurel, (qu'elle avait fait remplacer dans La Bride sur le cou "tant il était nul et sans talent !") est un film à petit budjet qui doit se tourner en décors naturels[". Mal reçu par la critique, ce sera un échec commercial.]
Entre temps François Truffaut prépare le tournage de La Sirène du Mississippi, dont elle aimerait avoir le rôle féminin, mais le cinéaste lui préfère Catherine Deneuve. Le film n'est pas un succès et à sa sortie, Bardot déclare : "Je suis ravie que ce soit un tel bide, parce que c'est bien fait. On me l'a piqué d'une manière tellement ignoble. J'étais folle de rage[."]
De L'Ours et la Poupée aux Pétroleuses (1970-1971)
Quant à L'Ours et la Poupée, la préparation en est extrêmement professionnelle. Un film "magnifique" selon Bardot. "J'ai de très bons souvenirs de ce film. Je m'entendais à merveille avec tout le monde, ce qui est un exploit[ !" La sortie des deux films se fait à quelques mois près, le second permettant de faire oublier le premier. Elle déclare : "L'Ours et la Poupée est un peu le Et Dieu... créa la femme des années 70. J'ai été recréée par Michel Deville."]
Son agent s'inquiètant de ne pas recevoir beaucoup de propositions lui conseille d'accepter Les Novices, une comédie avec Annie Girardot. "C'est vrai que l'idée était bonne, c'est le film qui ne le fut pas ! Mais alors pas du tout !" Bardot trouve l'histoire faible mais améliorable si le metteur en scène, Guy Casaril, "avait eu du talent[". Ce dernier doit être remplacé. À sa sortie, le film reçoit des critiques mitigées. Certains trouvent le film "amusant", d'autres, au contraire écrivent "Rarement le cinéma français est tombé si bas dans l'ignorance".]
Tandis que Claude Chabrol remplace Cazaril à la direction du film pour essayer d'en tirer le meilleur, Robert Enrico prépare Boulevard du rhum, un film sérieux, professionnel, long et difficile, dans lequel Lino Ventura doit jouer. On propose à Bardot le rôle de Linda Larue, star des années 1925, idole et amour inaccessible du marin Cornélieus[. Celle-ci accepte, malgré son aversion pour les voyages à l'étranger.]
Sachant à peine de quoi il s'agit, elle donne son accord pour Les Pétroleuses, une comédie de Christian-Jacques tournée en Espagne, que Claudia Cardinale a accepté de jouer à condition de l'avoir comme partenaire. Brigitte Bardot doit assurer elle-même ses scènes à cheval, qui font éclater de rire Claudia Cardinale. "Claudia était rompue à l'équitation. Je la faisais rire aux larmes dès que, lancée dans un galop effréné par un assistant qui avait envoyé une bourrade dans le cul de mon cheval, je hurlais des . Le tournage se poursuit avec le moment de la bagarre mémorable qu'elle doivent se livrer, pour la possession d'un ranch, et qui dure une semaine. Sept jours pendant lesquels elles passent leur temps à s'envoyer des coups de poing d'homme et à mordre la poussière à tour de rôle. "Le plus dur fut d'esquiver, en faisant croire que nous avions reçu le coup ! Deux ou trois fois, je me retrouvai avec la lèvre fendue. La pauvre Claudia eut un début d’œil au beurre noir. Cette bagarre sans pitié nous rapprocha. La scène finie, nous tombions dans les bras l'une de l'autre, nous excusant de nos maladresses mutuelles". Les deux femmes ne se reverront que 23 ans plus tard, lors d'une cérémonie au théâtre Wagram organisée par Jacques Chirac en 1994 pour la remise de la médaille de la Ville de Paris.
Le succès de ses deux derniers films, Boulevard du rhum et Les Pétroleuses, la laisse indifférente. Brigitte Bardot est alors choisie pour être le modèle du buste de Marianne, trônant dans toutes les mairies de France. En acceptant, la célèbre comédienne devient la première femme à prêter ses traits au symbole français. Le buste est réalisé par le sculpteur Aslan.
Roger Vadim souhaite faire un nouveau Et Dieu... créa la femme en lui proposant d'interpréter le rôle de Don Juan en femme. Elle signe pour ce film qui fait d'elle, à la fin de sa carrière, "l'actrice la moins appréciée, la plus exposée à l'ingratitude d'un public qui m'avait vénérée pendant vingt ans[Maurice Ronet, Robert Hossein, Mathieu Carrière et Jane Birkin<ref name=Bardot533/>.]
Un dernier film : Colinot-Trousse Chemise (1973)
Elle rentre à Paris une fois le film terminé, et son agent lui soumet le scénario de L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise. Nina Companeez, que Bardot aime bien, en est l'auteur et doit le mettre en scène, avec Francis Huster dans le rôle de Colinot. Sa participation, très courte, ne doit durer qu'une semaine et, après le flop de Don Juan 73, son agent pense que ce projet est bien choisi[. Après avoir lu et apprécié, elle signe et se rend dans le Sud-Ouest.]
En attendant, elle rencontre Jean-Pierre Elkabbach qui veut absolument qu'elle participe à son émission, généralement réservée aux hommes : Actuel 2[. Une rediffusion a lieu quatre mois plus tard.]
Sur le tournage de Colinot, elle ne s'estime plus dans son rôle et, se regardant dans un miroir, se trouve "stupide" avec son déguisement. "Tout cela me sembla dérisoire, superflu, ridicule, inutile[France Soir qui se trouve là par hasard : "J'arrête le cinéma, c'est fini, ce film est le dernier - j'en ai marre<ref name=Bardot540/> !" C'est un raz-de-marée médiatique<ref name=Bardot540/>. Tous les journaux du monde reprennent l'information<ref name=Bardot540/>. "Je me sentis allégée d'un poids terrible".]
Elle ne revint jamais sur cette décision, malgré le très grand nombre de propositions "parfois tentantes" que reçoit son agent depuis[Marlon Brando, pour un cachet s'élevant à un million de dollars américains<ref name=VieDestin/>. Néanmoins, elle se montre intéressée par une éventuelle adaptation du roman d'Albert Cohen, Belle du Seigneur. Elle déclare même au Monde : "Je vais encore faire un film, mais il faut que ce soit quelque chose de fantastique. C'est pourquoi je serai très prudente sur le choix du scénario", mais elle annonce néanmoins mettre un terme définitif à sa carrière en 1975<ref name=Choulant2009/>.]
La dernière image du dernier plan de son dernier film, le 48 de sa carrière, la montre une colombe à la main, symbole de sa vie future consacrée aux animaux. Le 6 novembre 1973, elle se fait le serment que son nom, sa gloire, sa fortune et sa force lui serviront à les aider jusqu'à sa mort, à se battre pour eux, à les venger, à les aimer et à les faire aimer.
Premiers pas dans la défense animale
La chasse aux phoques (1973-1978)
Pendant trois ans, par ses propres moyens, Brigitte Bardot essaie de faire de son mieux pour les animaux. Elle se fait porte-parole de la SPA et lance des appels en faveur des chiens abandonnés.
En 1976, elle rejoint Brian Davis de l'IFAW, et déclenche une vaste campagne internationale pour dénoncer la chasse aux phoques après avoir vu un documentaire à ce sujet[. Pratique ancienne des Inuits de la région arctique, qui s'en servent pour maints usages en récupérant la viande, la fourrure, la graisse (ou l'huile) et les os, la chasse permet de nourrir pendant sept mois quelque de pêcheurs (en hausse).]
Mais ce sont les méthodes employées qui consternent l'actrice. En effet, les phoques âgés de 15 jours à peine sont assommés à coups de massue, puis dépecés sur place, parfois encore conscients[.]
Le 15 mars 1977, le président français Valéry Giscard d'Estaing interdit l'importation de peaux de phoques en France[Canada, sur les glaces polaires de Blanc-Sablon, afin d'y dénoncer la chasse aux blanchons pour leur fourrure. Elle entreprend alors un combat qui va changer sa vie<ref name=Empreintes/>. Son périple dure cinq jours sous une pression médiatique inouïe. À son arrivée, elle crie aux chasseurs "Canadiens, assassins"<ref name=Choulant263/> et déclare lors de sa conférence de presse : .]
Dans son combat, Bardot est soutenue par de nombreuses personnalités, telles Isabelle Adjani, Kim Basinger, Tippi Hedren, Ursula Andress et Johnny Hallyday.
Le 28 mars 1983, après l'avoir reçue au Conseil de l'Europe, l'Union européenne interdit l'importation des peaux et de fourrures de bébés phoques harpés (à manteau blanc) et de bébés phoques à capuchon (à dos bleu)[.]
Une dernière chanson (1980-1988)
Pour prolonger l'action qu'elle vient de mener, elle publie en 1978 un livre illustré destiné aux enfants, Noonoah, le petit phoque blanc, racontant la vie d'un bébé phoque sauvé des chasseurs par un Inuit. En 1982, elle reprend à titre exceptionnel le chemin des studios d'enregistrement pour une dernière chanson, en hommage aux animaux : Toutes les bêtes sont à aimer.
En mars 1980, TF1 diffuse un reportage sur les conditions d'abattage des chevaux et révèle que la France est le 2 pays d'Europe à en manger. Scandalisée, Brigitte Bardot réagit le lendemain en demandant aux Français de ne plus le faire :
Elle décrit les abattoirs comme "une vision proche de l'enfer[."]
En 1984, Brigitte Bardot apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Elle refuse de se faire soigner, pensant qu'il s'agit de son destin, et part vivre à Saint-Tropez. Là, son amie, l'actrice Marina Vlady réussit à la convaincre de commencer un traitement qui se termine par sa totale guérison. L'année suivante, elle est élevée au grade de Chevalier de la Légion d'honneur par le président François Mitterrand. "Ma légion d'honneur, je la dédie aux animaux qui souffrent." L'ancienne actrice ne vient néanmoins pas chercher sa décoration .
En 1986, 19 ans après son enregistrement, elle propose à Serge Gainsbourg de ressortir Je t'aime… moi non plus. La chanson, chantée entretemps par Jane Birkin, connaîtra un succès certain.
Alors qu'elle refuse toute interview sur le cinéma depuis sa retraite, elle brise le silence dans Studio Magazine en 1988 et conclut par ces mots : "Rien n'est jamais à refaire... Mais tout reste à faire".
Combats menés à travers la fondation Brigitte-Bardot
Création de la fondation (1986-1992)
En 1986, Bardot crée à Saint-Tropez la Fondation Brigitte-Bardot, organisme ayant pour objet la protection des animaux. Pour la faire reconnaître d'utilité publique, elle disperse aux enchères les objets de son ancienne gloire : bijoux, effets personnels, robes ou encore des photos et affiches, pour la plupart dédicacées. Elle déclare alors : "J'ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Que je donne ma sagesse et mon expérience et le meilleur de moi-même aux animaux[Gunter Sachs, "l'immense diamant qu'il m'avait donné, qui a été une grande part de l'argent que j'ai récupéré. C'est lui qui l'a racheté. Il me l'a pas redonné parce qu'il se serait dit elle va encore le revendre pour les animaux. Mais enfin, il l'a racheté et m'envoie de temps en temps de belles sommes pour la fondation<ref name=Empreintes/>". Cette dernière, dont l'action prend de plus en plus d'ampleur, s'installe d'abord au 45 rue Vineuse à Paris, puis au 28 de la même rue.]
Elle accompagne la création de sa fondation d'une série télévisée S.O.S. Animaux (de 1989 à 1992) qui évoque tour à tour le trafic de l'ivoire, les expériences sur les animaux de laboratoires, les conditions des bêtes d'abattoirs, le transport des chevaux, le trafic des animaux exotiques ou l'abus de la chasse[Jean-Paul II<ref name=Empreintes/>. "Je ne peux pas mener cette fondation sans être politique. J'ai vu tous les ministres de l'agriculture. Tous les ministres de l'écologie depuis qu'ils ont été nommés. Tous les ministres de l'intérieur. J'ai vu trois présidents de la république et je suis dans une merde pas possible parce que personne ne m'aide<ref name=Empreintes/>".]
Afin d'en augmenter le capital et d'obtenir la reconnaissance d'utilité publique, elle fait don de sa propriété La Madrague à sa fondation et celle-ci est finalement déclarée d'utilité publique par le Conseil d’État en 1992[Eure d’un domaine de 8 hectares, La Mare Auzou, afin d’y créer un refuge pour les animaux<ref name=historique/>. Toujours en 1992, elle épouse Bernard d'Ormale, le 16 août, en quatrièmes noces.]
Combats, hommages et controverses (1993-2005)
Elle est admirée et critiquée pour ses combats pour la protection des animaux. Déjà, en 1990, Marlene Dietrich avait déclaré à Paris Match :
En 1993 est créé à Hollywood le Brigitte Bardot International Award, récompensant chaque année le meilleur reportage animalier. Très touchée du geste des Américains, elle n'assistera toutefois jamais à la cérémonie.
À Saint-Tropez, en 1994, elle organise une manifestation sur la place des Lices à laquelle se joignent 300 personnes pour protester contre le comité de la mairie où se trouvent des chasseurs du Var. Elle menace également de partir de La Madrague pour s'installer à Paris.
La même année, elle demande à Jean-Paul Gaultier de ne plus utiliser de fourrure dans ses créations prétextant qu'il a fallu deux renards pour un des manteaux qu'il a créé. Le créateur lui répond : "Il n'en a pas fallu deux mais trois[Sophia Loren qui pose en fourrure pour Annabella pour la somme d'un million de dollars américains<ref name=BoniniBertrand64/>, et déclare, lorsque Catherine Deneuve parraine le concours Orylag : "Parrainer une peau de lapin pour une ancienne Peau d'âne, quelle tristesse<ref name=BoniniBertrand64/> !" La plupart lui répondent qu'elle en a déjà porté. "J'ai porté de la fourrure à une époque où je n'avais pas conscience de ce qu'elle représentait. La fourrure est aujourd'hui le symbole de la vulgarité."]
Elle parvient à convaincre Philippe Vasseur, ministre de l’Agriculture de la France, de faire interdire la caudectomie (coupe de la queue) des chevaux en 1996[, l'année où elle publie ses mémoires Initiales B.B., retraçant son enfance et toute sa période de star. Ce livre est traduit en 23 langues, vendu à plus d'un million d'exemplaires dans le monde et classé sept semaines en tête des ventes au palmarès de L'Express. Pourtant, la sortie du livre provoque un nouveau scandale. Son ex-époux, Jacques Charrier, lui intente un procès pour "violation de la vie privée", suivi par son fils Nicolas qui s'insurge à son tour contre sa mère pour "atteinte à l’intimité intra-utérine". Elle est condamnée à payer au premier et au second. Jacques Charrier répond à Initiales B.B. dans son livre Ma réponse à Brigitte Bardot, pour lequel il est condamné à payer à Bardot . Il écrit : "Pour elle, l'humanité se divise en trois : les êtres humains (race inférieure et méprisable), les animaux (dignes d'être aimés) et elle-même (digne d'être adulée)."]
Elle revient sur cet épisode dans le documentaire Et Brigitte créa Bardot :
Madonna lui propose trois millions de francs pour adapter Initiales B.B. au cinéma et l'interpréter sur grand écran. Bardot refuse, la chanteuse portant de la fourrure[.]
Cette année-là, elle est, pour la première fois, poursuivie pour "provocation à la discrimination raciale" par le MRAP, la LICRA et la Ligue des droits de l'homme qui lui reprochent les termes qu'elle a employés dans un article publié dans Le Figaro pour dénoncer les conditions d'abattage des moutons par les musulmans à l'occasion de l'Aïd el-Kebir. Elle est de nouveau condamnée pour des faits similaires en 1997, 2000, 2004 et 2008.
Le Carré de Pluton, le tome 2 de ses mémoires, parait en 1999. Il débute en 1973, date de sa décision d’arrêter sa carrière cinématographique, et se termine en 1996. Dans ce livre, qu’elle présente comme étant son testament, toutes ses luttes pour la cause animale y sont énumérées.
En 2001, PETA lui décerne un prix, le Peta Humanitarian Award, afin de la récompenser pour son combat mené pour les animaux, et notamment contre la chasse aux phoques.
En 2002, à l'occasion de la coupe du monde de football, elle appelle à un boycott des produits sud-coréens afin de protester contre la consommation de viande de chien et de chat en Corée du Sud. Suite à cet appel, elle reçoit plusieurs milliers de lettres de menace de mort : "J'ai reçu 7000" menaces de mort. Ils sont furieux de mes critiques et m'ont répondu que cette pratique faisait partie de leur culture. (...) Manger du chien ne fait pas partie de la culture, c'est grotesque. La culture, c'est composer de la musique, comme le faisait Mozart ou construire des bâtiments.
Respectivement en 2003 et en 2006, suite à ses interventions auprès des parlementaires, la France fait interdire l'importation, puis le commerce des peaux de chiens et de chats.
En 2007, sa fondation remporte une nouvelle victoire. En effet, les 27 pays membres de l'Union européenne interdisent l’importation, l’exportation, la vente et la production des peaux de chiens et de chats. Néanmoins, les gouvernements asiatiques rejettent ses nombreuses sollicitations, et ces animaux y sont encore tués.
En 2003, Marc-Olivier Fogiel lui rend hommage dans son émission On ne peut pas plaire à tout le monde. Brigitte Bardot y évoque sa gloire passée, reprenant par exemple avec Alain Delon une scène du Mépris, ainsi que de son combat pour les animaux. Elle vient d'écrire un livre qui doit sortir après l'émission, Un cri dans le silence. L'animateur lui en demande un exemplaire et accepte la demande de Bardot de ne pas parler du livre pendant l'émission. Néanmoins, il ne tient pas sa promesse et l'affronte violemment en citant des extraits du livre, ce à quoi elle répond : "Je dénonce la dégradation d'une société décadente. Je déteste l'humanité, mais j'aime les gens qui me touchent, quelle que soit leur race, je m'en fous de la couleur, ce qui compte est à l'intérieur". Le public la soutient contre l'animateur "à 300 %. Fogiel avait été d'une hypocrisie et d'une malhonnêteté redoutables".
En 2005, à l'occasion d'une campagne contre le port de fourrure, elle s'insurge :
Elle tient, en 2009, à féliciter Carla Bruni-Sarkozy qui, en ne portant pas de fourrure, rejoint le combat qu'elle mène depuis des années, et par la même occasion, demande à Sophia Loren, sa "magnifique jumelle", de ne plus en porter.
Vingt ans d'existence et un dernier combat (2006 - aujourd'hui)
Le 28 septembre 2006, le jour de son anniversaire, elle célèbre les vingt ans d'existence de sa fondation au théâtre Marigny et y tient une conférence de presse où plus de 300 personnes sont conviées. L’ex-actrice profite de cette occasion, pour sortir un livre, Pourquoi ?, retraçant les 20 années d'existence de sa fondation. Une fondation qui compte en 2010 près de répartis dans plus de 20 pays. Celle-ci fait ensuite don de sa propriété de plusieurs hectares située à Bazoches-sur-Guyonne, dans les Yvelines, où vivent des animaux rescapés de l'abattage[.]
Cette même année, elle continue son combat contre la chasse aux phoques, en repartant près de trente ans après son premier voyage au Canada, à Ottawa, malgré son arthrose à la hanche gauche l'obligeant désormais à se déplacer en béquilles. Le premier ministre Stephen Harper, qui affirme l'admirer, refuse cependant de la rencontrer parce qu'il refuse de se faire photographier avec elle pour des raisons de publicité.
Elle y tient néanmoins une conférence de presse en précisant que c'est bien la chasse industrielle qui est visée, et par dessus tout la cruauté avec laquelle ces animaux placides sont abattus. "Vous n'avez pas besoin de vendre les peaux, l'huile, la graisse et les pénis en poudre pour faire des aphrodisiaques dans les pays asiatiques[."]
La population du Canada lui refuse son aide. Denis Longuépée, président de l’Association des chasseurs de phoques des Îles de la Madeleine déclare à propos du hakapik (outil semblable au marteau et qui sert à tuer les phoques) : "À première vue, ça peut sembler un peu barbare, mais les groupes indépendants de vétérinaires disent que c'est la meilleure façon de tuer l'animal." Il explique également que les vidéos montrant des phoques qui semblent agoniser après avoir été frappés par cet instrument sont en fait le résultat du syndrome natatoire, qui débute de 0 à 15 secondes après la mort de l'animal et peut durer pendant une minute. "C'est le même syndrome lorsque les poulets continuent de courir après qu'on leur a coupé la tête[." Une étude, réalisée par des membres indépendants de l’Association canadienne des médecins vétérinaires, révèle que la quasi-totalité des phoques chassés sont abattus sans cruauté. Des recherches scientifiques établissent par ailleurs que la chasse au phoque au Canada n'a aucun impact négatif sur la survie à long terme des espèces de phoque.]
Le président Jacques Chirac apporte son soutien à Bardot et saisit, à ses côtés, la Commission européenne ; cette saisine débouche en 2009 à une interdiction des importations, des exportations, du transit et de la vente des produits issus de la chasse aux phoques. Elle déclare alors au président : "30 ans, presque jour pour jour, après m'être rendue sur la banquise, j'ai le sentiment, peut-être pour la première fois, que mon combat, ma vie, n'auront pas été tout à fait inutiles... Merci !" Elle reçoit également les soutiens de nombreuses célébrités tels Paul McCartney et Pamela Anderson.
La sénatrice canadienne
Céline Hervieux-Payette, qui soutient la chasse, l'accuse alors de malhonnêteté et se dit insultée de l'image qu'elle laisse au Canada. Elle intervient auprès de Jacques Chirac et déclare que le
Canada "offre la plus grande transparence sur ses pratiques de chasse." Elle explique également en quoi la méthode est conforme à l'éthique : "écrasement du crâne, palpation et saignée (...) certifiée sans cruauté"
[. Bardot lui répond dans une lettre où elle écrit :
]La conférence de presse à Ottawa marque sa dernière apparition publique. Retirée à Saint-Tropez l'ancienne star accepte rarement les entretiens.
Reçue, en 2007, à l'Élysée par le président de la République française Nicolas Sarkozy, pour qui elle a voté, elle y aborde plusieurs thèmes qui lui tiennent à cœur, notamment les abattages rituels et l'importation des produits issus de la chasse aux phoques. Malgré une entrevue jugée positive, elle se dit déçue par des promesses non tenues[.]
À l'occasion de l'élection présidentielle américaine de 2008, elle écrit à la colistière de John McCain, Sarah Palin, "scandalisée" par celle-ci et son soutien entre autres à la chasse aérienne des loups en Alaska. Elle l'accuse ainsi de mettre "en péril un habitat déjà fragilisé et toute la biodiversité d'une zone sensible qui doit, absolument, être préservée" mais également d'être "une honte aux femmes" ainsi qu'une "catastrophe écologique" et conclut en lui demandant de ne plus se comparer à "un pitbull avec du rouge à lèvre car, pour bien les connaître, je peux vous assurer qu'aucun pitbull, aucun chien ni aucun autre animal n'est aussi dangereux que vous l'êtes. Je souhaite que vous perdiez les élections, car le monde y gagnera!" C'est Barack Obama qui est élu président des États-Unis le 4 novembre 2008. Elle lui fait alors parvenir une lettre le félicitant pour son élection, "un espoir pour le monde". Obama a un intérêt certain pour la raison de vivre de Bardot : la défense des animaux. C'est la raison pour laquelle elle le sollicite, en faveur de la protection des phoques[.]
Pro-végétarienne de longue date (bien qu'elle avoue dans le tome 2 de ses mémoires consommer de temps en temps du poisson), elle écrit à l'ONU la même année, une lettre en faveur du végétarisme pour lutter contre la famine précisant qu'"une collectivité mondiale responsable ne peut plus se permettre de consacrer de 7 à 16 kilos de grains ou de fèves de soja, jusqu’à .
En 2010, Alain Delon lui apporte son soutien en écrivant une lettre à Stephen Harper en lui demandant de "sortir de la barbarie. (...) Face au massacre qui s'opère à nouveau dans votre pays, je tiens à m'associer à mon amie Brigitte Bardot et à dénoncer, avec sa Fondation, l'abattage d'environ . Très touchée, elle déclare à l'AFP : "Ce qui se passe actuellement au Canada est tellement dégueulasse que le soutien d'Alain Delon me va droit au cœur".
Elle écrit de nouveau à Nicolas Sarkozy pour lui demander de tenir les engagements qu'il avait pris avec elle à propos de l'étourdissement préalable à l'abattage rituel lors de l'Aïd el-Kebir. "Arrêtons de nous voiler la face : les bêtes crèvent dans une douloureuse agonie".
Autour de Brigitte Bardot
Vie privée
Brigitte Bardot a été mariée quatre fois au cours de sa vie.
- du 20 décembre 1952 au 6 décembre 1957 avec Roger Vadim
;
- du 18 juin 1959 au 20 novembre 1962 avec Jacques Charrier
;
- du 14 juillet 1966 au octobre 1969 avec Gunter Sachs
;
- le 16 août 1992 avec Bernard d'Ormale
.
Âgée de dix-huit ans, elle épouse en 1952 Roger Vadim. Lors du tournage de Et Dieu... créa la femme, elle tombe amoureuse de son partenaire Jean-Louis Trintignant[Stéphane Audran, ce dernier quitte tout pour aller vivre avec Bardot, qui en fait de même<ref name=Bardot118/>. Elle dit plus tard : "J'ai vécu avec lui la période la plus belle, la plus intense, la plus heureuse de toute cette époque de ma vie<ref name=Bardot118/>". Il la quitte en 1957 lorsqu'elle revient de Madrid où elle a de nouveau tourné sous la direction de Vadim dans Les Bijoutiers du clair de lune, persuadé qu'elle lui a été infidèle. "Jean-Lou est parti parce que je ne l'en empêchais pas, parce que je ne savais plus où j'en étais<ref name=Bardot161/>".]
Le 15 mai 1958, Brigitte Bardot achète la maison, La Madrague (Saint-Tropez), pour vingt cinq millions de francs français, sur la route des Canebiers, à Saint-Tropez.
Elle connaît ensuite une brève liaison avec Gilbert Bécaud. Puis, elle se marie pour la seconde fois après avoir rencontré Jacques Charrier sur le tournage de Babette s'en va-t-en guerre. Avec lui, elle aura son fils unique Nicolas Charrier en 1960. Ils divorcent en 1962, Brigitte ayant une aventure avec Sami Frey depuis La Vérité en 1960. "Sami, un être rare, sensible, angoissé et érudit qui resta longtemps l'homme de ma vie". Il met un terme à leur relation alors qu'elle tourne Le Mépris du fait de sa liaison avec le musicien brésilien Bob Zagury.
En mai 1966, elle rencontre Gunter Sachs. "J'avais déjà connu bien des hommes, j'avais aimé, vécu des passions, mais ce soir-là, je m'envolais, portée par Gunter dans un monde féérique, que je n'avais jamais connu et que je ne connaîtrais jamais plus". Elle l'épouse en troisièmes noces près de deux mois après cette rencontre. Ils restent ensemble moins d'un an bien qu'ils ne divorcent que trois ans après leur mariage. Paris Match et Jours de France leur consacrent un numéro spécial et ne cessent de parler d'eux pendant un mois, tout comme les quotidiens internationaux Time, Life, Newsweek, La Stampa ou encore Spiegel. Certains attendent même avec impatience 1973, ayant remarqué qu'elle se marie tous les sept ans[Tahiti, elle est déçue par son attitude, la laissant seule pour partir rejoindre ses amis. "À ce moment, j'ai compris que Gunter était un homme qui avait besoin de copains, de traditions, les femmes n'étant dans sa vie que les parures splendides mais artificielles d'une mise en scène théâtrale d'où il ne pouvait tirer la quintessence de son existence<ref name=Bardot396/>". Ils ne se voient que très rarement : "En deux ans de mariage, je dus le voir l'équivalent de trois mois pleins". Alors qu'il rêve de tourner un grand film pour elle, il veut présenter au Festival de Cannes un documentaire animalier, "sans aucun intérêt" selon Brigitte. Il la menace de divorce si elle ne veut pas l'accompagner pour en faire la promotion. "Je haïssais Cannes. (...) Ce n'était pas pour aller présenter son film de merde que je changerais d'avis ! Même si elle se sait trompée, elle finit par accepter<ref name=Bardot424/>. Leur relation ne cesse alors de se détériorer.]
En 1967, elle enregistre, pour le Bardot Show, Harley-Davidson composé par Serge Gainsbourg avec qui elle se sent bien. "Ce fut un amour fou - un amour comme on en rêve - un amour qui restera dans nos mémoires et dans les mémoires". Elle devient sa muse[Je t'aime... moi non plus et chante pour lui Bonnie and Clyde ou encore Comic Strip. En , alors qu'ils se trouvent à Rome, Gunter lui annonce son départ précipité pour les îles Canaries. Elle reste néanmoins suspicieuse. C'est la femme de chambre de Gunter, Margaret, qui, par ailleurs ne cesse d'espionner Brigitte, qui lui remet une lettre de rupture<ref name=Bardot456/>. Sur les témoignages précis de sa femme de chambre, il lui explique qu'il ne peut plus accepter plus longtemps d'être "trahi dans sa propre demeure, ridiculisé et cocufié ouvertement devant ses amis et collaborateurs, et ses domestiques<ref name=Bardot456/>!" Elle est atterrée par cette nouvelle, "J'avais déjà trompé Gunter, certes, il me l'avait rendu au centuple, mais cette fois ce n'était pas le cas et pourtant je sentais qu'il me serait impossible de me justifier<ref name=Bardot456/>."]
Elle noue ensuite une relation avec Patrick Gilles qui dure deux ans[Saint-Tropez, elle fait la connaissance de Bernard d'Ormale. "Un coup de foudre mutuel" dit-elle dans ses mémoires, "Il sera mon mari pour le reste de ma vie<ref name=bardotblog/>".]
Contrairement à ce que les journalistes prétendent, elle n'a pas de liaison avec Sean Connery durant le tournage de Shalako : "Sean ? Je l'ai découvert un soir à poil dans mon lit avec ses chaussettes... Il n'a pas fait long feu car je n'étais pas une James Bond Girl ! Je n'ai jamais succombé à son charme." Dans sa vie, elle dit n'avoir connu que 17 hommes.
Nudité dans sa carrière
En 1956, Et Dieu... créa la femme fait d'elle une star. Mais, le scandale n'éclate que deux ans plus tard à l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958 qui a pour thème le "Bien" et le "Mal". Dans celui qui prévient des méfaits de l'enfer se trouve une photo d'elle lorsqu'elle danse le mambo. Son père, "fou de rage", va voir plusieurs archevêques et évêques de Paris, de France et de Navarre, tant et si bien que son effigie est retirée dix jours après. Pour longtemps, son image et sa vie sont toutefois associées au "scandale, à l'immoralité, au péché de la chair, au diable cornu, au symbole de la plus grande dépravation"[.]
Sa position allongée nue sur le ventre de Et Dieu... créa la femme est reprise par Vadim dans Le Repos du guerrier en 1962, Jean Aurel dans Les Femmes ou Godard dans Le Mépris, rajoutant de piquants dialogues entre elle et Michel Piccoli :
En 1973, Vadim souhaite de nouveau créer le scandale avec un nouveau Et Dieu... créa la femme qu'il intitule Don Juan 73. Pour cela, Bardot, pour qui le film est un "calvaire[Jane Birkin<ref name=Bardot533/>.]
Pour elle, la nudité qu'elle a montrée correspond à de la "petite bière en comparaison de ce que l'on voit aujourd'hui"[.]
Popularité
Brigitte Bardot reste la star française la plus adulée, l'une des plus connues dans le monde et qui, dans les années 1960, rapporte autant de devises à la France que la régie Renault[. Son mari révèle dans l'émission 50 minutes inside qu'elle reçoit entre 60 et 80 lettres par jours d'admirateurs.]
Brigitte Bardot a également été une icône de la mode avant la lettre.
Tout ce qu'elle faisait ou portait était immédiatement imité par des dizaines de millions de femmes.
C'est avec Arlette Nastat, la créatrice de Real rencontrée dès 1956, qu'elle trouvera pleinement son style vestimentaire (robe vichy, pantalon corsaire...) etc. Le fameux voyage à New-York montre pleinement la richesse de cette collaboration. Ensemble, elles créeront la Ligne "La Madrague" dans les années 1970, signant ainsi plus de 20 ans de complicité et les belles plus années du rayonnement français à travers le monde.
Brigitte Bardot fait également connaître par le grand public Saint-Tropez, sur la côte d'Azur, et Buzios, au Brésil. Dans ce village, une statue lui a d'ailleurs été érigée en guise de remerciement (ce qui prouve que nul n'est prophète dans son pays...)
Bardot a été idolâtrée par John Lennon et Paul McCartney. Les Beatles avaient même prévu de faire un film avec elle, mais l'idée a cependant été abandonnée.
Pour la scène du mambo dans Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim, qui lui avait un jour dit "Tu seras un jour le rêve impossible des hommes mariés", elle est nommée 4 star la plus sexy en 2007 par le magazine Empire.
Début , elle est désignée, après un sondage effectué auprès de plus de dans le monde, comme étant, internationalement, la deuxième plus belle femme, toutes générations confondues, juste derrière l'actrice Catherine Zeta-Jones.
Retirée à Saint-Tropez depuis 2006, elle accepte rarement les entretiens. Elle reçoit néanmoins Michel Drucker et Mireille Dumas pour leurs émissions respectives Spécial Vivement Dimanche et Vie privée, vie publique à La Madrague. La journaliste de France 3 raconte :
Elle continue d'être admirée par les actrices d'aujourd'hui. Katherine Heigl a déclaré vouloir l'interpréter sur grand écran. Pamela Anderson dit d'elle : "Brigitte Bardot a toujours été pour moi un modèle. J'aime la femme qu'elle est et j'admire la militante sans compromis qu'elle est devenue, parce que son combat sans relâche relève, selon moi, de l'abnégation". Mélanie Thierry croit qu'elle a su "traverser le temps et les genres. La plupart de ses films sont devenus cultes et peuvent aussi bien plaire aux gamines qu’aux femmes, aux intellos qu’aux amateurs de comédies grand public." En avril 2008, Virginie Efira se dénude pour le magazine TV Envie en reprenant la pose de Bardot qui servit à l'affiche cinématographique du film Le Mépris[Heather Graham fait de même pour la couverture du magazine Esquire en avril 2010, où il reprend l'une des poses connues de Bardot d'après une séance de Sam Lévin de 1959 en serviette éponge rose<ref name=bbcanal/>. Lors de plusieurs séances photos, Vanessa Paradis a également repris certaines poses de l'actrice<ref name=bbcanal/>. De même que Kylie Minogue pour la pochette de son album "Body language".]
Son combat pour la protection animale est également très apprécié et ce, malgré plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale. Michel Serrault déclare : "Aujourd’hui, Brigitte Bardot consacre sa vie aux animaux. Elle est excessive ? Certainement. Son combat est sincère, passionné, un peu outrancier parfois, mais elle doit faire face à toutes sortes de gens (viandards, transporteurs d’animaux véreux, vivisecteurs...) qui ne sont pas l’expression la plus raffinée du genre humain. Pour sa carrière et pour sa croisade animalière, elle mérite le respect". Paul Bocuse se dit "très sensible à la cause que cette star internationale continue de défendre" et Isabelle Adjani décrit les images d'elle sur la banquise comme "des instants d'éternité".
Le 28 septembre 2009, jour de son 75 anniversaire, est célébrée à cette occasion, dans la ville de Boulogne-Billancourt, une exposition retraçant l'ensemble de sa vie. Isabelle Adjani, qui lui apporte son soutien contre la chasse aux phoques, se montre émue à la découverte de cette rétrospective.
Controverses
Brigitte Bardot a été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale.
Article du Figaro
En 1996, elle est, pour la première fois, poursuivie pour "provocation à la discrimination raciale" par le MRAP, la LICRA et la Ligue des droits de l'homme qui lui reprochent les termes qu'elle a employés dans un article publié dans Le Figaro pour dénoncer les conditions d'abattage des moutons par les musulmans à l'occasion de l'Aïd El-Kebir. "Depuis 16 ans, dit-elle, je me bats contre le sacrifice rituel des moutons lors de cette fête. C'est peut-être une grande fête, mais pour moi c'est une horreur". Dans l'article Mon cri de colère, publié le 26 avril 1996, le président du tribunal note qu'il s'agit d'un "dérapage de l'ex-actrice sur la présence des musulmans en France" par ses écrits : "Et puis voilà que mon pays, la France, ma patrie, ma terre est de nouveau envahie, avec la bénédiction de nos gouvernements successifs, par une surpopulation étrangère, notamment musulmane, à laquelle nous faisons allégeance. De ce débordement islamique, nous devons subir à nos corps défendant, toutes les traditions. D'année en année, nous voyons fleurir les mosquées un peu partout en France alors que nos clochers d'églises se taisent faute de curés". Elle est de nouveau condamnée pour les mêmes faits l'année suivante pour ses écrits dans le second tome de ses mémoires, Le Carré de Pluton, ainsi qu'une troisième fois en 2000 pour le pamphlet qu'elle écrit intitulé Lettre ouverte à ma France perdue.
Dans l'émission Le Droit de savoir elle s'explique : "Ce que je réprouve profondément c'est que soi-disant pour une religion pour un culte pour un rituel on en arrive à faire souffrir des animaux dans de telles conditions. C'est ce qui est à la base de tous les procès de racismes que l'on me fait à cause du fait que je m'attaque à une religion". Elle écrit que :
. Sans pitié, ils jugent, condamnent, jettent l’opprobre, crachent leur venin mortel sur tout ce qui sort du rang.}}
Un cri dans le silence
Elle renouvelle ses accusations en 2003, année où elle crée de nouveau le scandale en publiant Un cri dans le silence. Elle y exprime l'ensemble de ses idées personnelles sur la société française, et dévoile certains points de vue personnels. Elle critique ses compatriotes en s'attaquant plus particulièrement aux musulmans et à la France moderne, et prend à partie la télé-réalité, la communauté homosexuelle, la restauration rapide ou les hommes politiques, responsables selon elle de "la décadence du pays". Elle revient également sur son passé d'actrice, glorifiant son époque et fustigeant sévèrement les productions modernes : "de la merde au sens propre comme au sens figuré".
Mouloud Aounit, président du MRAP, s'insurge contre elle : "Cet ouvrage est inacceptable. C'est un véritable appel au racisme, à la discrimination et à la violence."
Elle écrit dans ce livre :
En ce qui concerne l'homosexualité, elle déclare : "Certains homosexuels ont toujours eu un goût et un talent plus subtil, une classe, une envergure, une intelligence, un esprit, un esthétisme qui les différenciaient du commun des mortels jusqu’à ce que tout ça dégénère en lopettes de bas étage, travelos de tous poils, phénomènes de foire, tristement stimulés dans cette décadence par la levée d’interdits qui endiguaient les débordements extrêmes". Elle se défend cependant d'être homophobe et fait parvenir une lettre au magazine gay Tribu Move où elle explique que selon elle :
Elle est néanmoins condamnée à d'amende pour ses propos.
Cinquième condamnation
Le 3 juin 2008, le tribunal correctionnel de Paris la condamne à d'amende pour "incitation à la haine raciale" en raison de propos tenus dans une lettre publique adressée à Nicolas Sarkozy en 2006, sur l'égorgement rituel des moutons sans étourdissement préalable lors de la fête de l'Aïd el-Kebir par les musulmans.
Elle y déclare notamment : "Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes.". L'un de ses amis proches, Henri-Jean Servat, prend sa défense dans l'émission 50 minutes inside : "Brigitte Bardot n'est pas raciste. Brigitte Bardot veut qu'on arrête de martyriser les animaux. L'animal est pour elle, comme pour beaucoup de gens, un être vivant qu'on doit respecter, qu'on ne doit pas martyriser. Elle a voulu faire entendre ce combat". Elle se dit écœurée par "le harcèlement des associations. Je ne me tairai que lorsque les étourdissements seront pratiqués[".]
Beaucoup expliquent ses propos controversés par sa proximité avec Jean-Marie Le Pen. Son mari, Bernard d'Ormale, est d'ailleurs proche du Front national. Mais elle a toujours contesté ces affirmations :
Carrière
Filmographie
| Année
| Titre du film
| Rôle
| Réalisateur
|
| 1952
| Le Trou normand
| Javotte Lemoine
| Jean Boyer
|
| Manina, la fille sans voiles
| Manina
| Willy Rozier
|
| Les Dents longues
| La femme du témoin au mariage
| Daniel Gélin
|
| 1953
| Le Portrait de son père
| Domino
| André Berthomieu
|
| Un acte d'amour ("Act of Love")
| Mimi
| Anatole Litvak
|
| Si Versailles m'était conté...
| Mademoiselle de Rosille
| Sacha Guitry
|
| 1954
| Haine, Amour et Trahison ("Tradita")
| Anna
| Mario Bonnard
|
| Le Fils de Caroline Chérie
| Pilar d'Aranda
| Jean-Devaivre
|
| 1955
| Futures Vedettes
| Sophie
| Marc Allégret
|
| Rendez-vous à Rio ("Doctor at Sea")
| Hélène Colbert
| Ralph Thomas
|
| Les Grandes Manœuvres
| Lucie
| René Clair
|
| La Lumière d'en face
| Olivia Marceau
| Georges Lacombe
|
| Cette sacrée gamine
| Brigitte Latour
| Michel Boisrond
|
| 1956
| Les Week-ends de Néron ("Mio figlio Nerone")
| Poppée
| Steno
|
| En effeuillant la marguerite
| Agnès Dumont
| Marc Allégret
|
| Et Dieu… créa la femme
| Juliette Hardy
| Roger Vadim
|
| La mariée est trop belle
| Chouchou
| Pierre Gaspard-Huit
|
| Hélène de Troie
| Andraste
| Robert Wise
|
| 1957
| Une Parisienne
| Brigitte Laurier
| Michel Boisrond
|
| 1958
| Les Bijoutiers du clair de lune
| Ursula
| Roger Vadim
|
| En cas de malheur
| Yvette Maudet
| Claude Autant-Lara
|
| 1959
| La femme et le pantin
| Éva Marchand
| Julien Duvivier
|
| Babette s'en va-t-en guerre
| Babette
| Christian-Jaque
|
| Voulez-vous danser avec moi ?
| Virginie Dandieu
| Michel Boisrond
|
| 1960
| L'Affaire d'une nuit
| La femme au restaurant
| Henri Verneuil
|
| La vérité
| Dominique Marceau
| Henri-Georges Clouzot
|
| 1961
| La bride sur le cou
| Sophie
| Roger Vadim
|
| Les amours célèbres
| Agnès Bernauer dans le sketch Agnès Bernauer
| Michel Boisrond
|
| 1962
| Vie privée
| Jill
| Louis Malle
|
| Le repos du guerrier
| Geneviève Le Theil
| Roger Vadim
|
| 1963
| Paparazzi
| elle-même
| Jacques Rozier
|
| Le mépris
| Camille Javal
| Jean-Luc Godard
|
| Une ravissante idiote
| Penelope Lightfeather
| Édouard Molinaro
|
| 1964
| Marie Soleil
| Apparition (non créditée)
| Antoine Bourseiller
|
| Chère Brigitte (Dear Brigitte)
| elle-même
| Henry Koster
|
| 1965
| Viva María !
| Maria I
| Louis Malle
|
| 1966
| Masculin, féminin
| elle-même (non créditée)
| Jean-Luc Godard
|
| 1967
| À cœur joie
| Cécile
| Serge Bourguignon
|
| 1968
| Histoires extraordinaires
| Giuseppina dans le sketch William Wilson
| Louis Malle
|
| Shalako
| Comtesse Irina Lazaar
| Edward Dmytryk
|
| 1969
| Les femmes
| Clara
| Jean Aurel
|
| 1970
| L'ours et la poupée
| Félicia
| Michel Deville
|
| Les novices
| Agnès
| Guy Casaril
|
| 1971
| Boulevard du rhum
| Linda Larue
| Robert Enrico
|
| Les pétroleuses
| Louise
| Christian-Jaque
|
| 1973
| Don Juan 73 ou si Don Juan était une femme
| Jeanne
| Roger Vadim
|
| L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise
| Arabelle
| Nina Companeez
|
Théâtre
- 1953 : L'invitation au château de Jean Anouilh, mise en scène d'André Barsacq au théâtre de l'Atelier.
Discographie
- 1962 : Sidonie (Super 45T) : Bande originale du film Vie privée
- 1962 : Tiens, c'est toi ! (Inédit) : La Leçon de guitare
- 1963 : Brigitte Bardot (33 T) : L'Appareil à sous, Les Amis de la musique, El Cuchipe, Je me donne à qui me plait, L'Invitango, C'est rigolo, La Madrague, Pas d'avantage, Everybody loves my baby, Rose d'eau, Noir et blanc, Faite pour dormir
- 1963 : L'Appareil à sous (Super 45 T) : El cuchipe, La Madrague, Les amis de la musique
- 1964 : Invitango (Super 45 T) : Noir et blanc, Everybody loves my baby, C'est rigolo
- 1964 : Ça pourrait changer (Super 45 T) : À la fin de l'été, Je danse donc je suis, jamais trois sans quatre
- 1964 : B.B. (33 T) : Moi je joue, Une histoire de plage, Ça pourrait changer, À la fin de l'été, Ne me laisse pas l'aimer, Maria Nimguem, Je danse donc je suis, Mélanie, Ciel de lit, Un jour comme un autre, Les Cheveux dans le vent, Jamais trois sans quatre
- 1964 : Une histoire de plage (45 T) : Les Cheveux dans le vent, Ne me laisse pas l'aimer, Mélanie
- 1965 : Bubble gum (Super 45 T) : Je manque d'adjectif, Les hommes endormis, Les omnibus
- 1965 : Viva Maria! (33 T) Bande originale du film : Paris, Paris, Paris - Maria, Maria - Ah ! Les p'tites femmes de Paris (Duo avec Jeanne Moreau)
- 1966 : Le soleil (Super 45 T) : On déménage, Gang Gang, Je reviendrai toujours vers toi
- 1967 : Je t'aime… moi non plus (Inédit) : En duo avec Serge Gainsbourg
- 1967 : Harley Davidson (45 T) : Contact
- 1968 : Bonnie and Clyde (33 T / Special Show) : Bonnie and Clyde, Bubble gum, Comic strip, Un jour comme un autre, Pauvre Lola (S.G), La Madrague, Intoxicated man (S.G), Everybody loves my baby, Baudelaire (S.G), Docteur Jeckill et Mister Hyde (S.G)
- 1968 : Bonnie and Clyde (45 T) Version anglaise : Comic strip
- 1968 : Brigitte Bardot Show (33 T) : Harley-Davidson, Marseillaise générique, Mister sun, Ay ! Que viva la sangria, Ce n'est pas vrai, Gang gang, Saint-Tropez, Port Grimaud, Oh ! Qu'il est vilain, Paris, Je reviendrai toujours vers toi, On déménage, Le diable est anglais, David B, Contact
- 1969 : La Fille de paille (45 T) : Je voudrais perdre la mémoire
- 1970 : Tu veux ou tu veux pas (Super 45 T) : Mon léopard et moi, John et Michael, Depuis que tu m'as quittée
- 1970 : Nue au soleil (45 T) : C'est une bossa nova
- 1970 : Les Novices (45 T) Bande originale du film : Chacun son homme (Duo avec Annie Girardot)
- 1971 : Boulevard du rhum (45 T) Bande originale du film : Sur le Boulevard du rhum, Plaisir d'amour (duo avec Guy Marchand)
- 1973 : Vous ma lady (45 T) : En duo avec Laurent Vergez, Tu es venu mon amour
- 1973 : Le Soleil de ma vie (45 T) : En duo avec Sacha Distel
- 1982 : Toutes les bêtes sont à aimer (45 T) : La Chasse
Récompenses
Comparée aux autres artistes de son époque et au nombre de films qu'elle a tournés, Brigitte Bardot n'a pas reçu un nombre très important de récompenses cinématographiques :
- 1957 : Victoires du cinéma Français.
- 1958 : 1 prix de popularité.
- 1959 : 1 prix de popularité.
- 1960 : 1 prix de popularité.
- 1960 : prix David di Donatello (meilleure actrice pour le film la Vérité).
- 1961 : 1 prix de popularité.
- 1966 : prix de l'Etoile de Cristal (meilleure actrice pour le film Viva Maria!)
- 1967 : prix Bambi.
- 1967 : Triomphe du cinéma français.
- 1969 : Triomphe du cinéma français.
Elle est 66 au classement des 100 plus grands Français de tous les temps, établi en mars 2005 pour France 2.
Pour son combat envers les animaux, elle a reçu différents prix et honneurs.
- 1980 : Étoile de la paix (grade de chevalier).
- 1980 : Médaille de la ville de Trieste (Italie).
- 1985 : Médaille de la ville de Lille.
- 1989 : Prix de la paix au mérite humanitaire.
- 1992 : Global 500 (Prix du programme des Nations unies pour l'environnement).
- 1994 : Grande médaille de la ville de Paris.
- 1994 : Love of animals award (Espagne).
- 1995 : Grande médaille de la ville de Saint-Tropez.
- 1996 : Médaille de la ville de la Baule.
- 1996 : Prix Paul Léautaud pour son livre Initiales B.B..
- 1997 : Prix Chianciano (Italie) pour son livre Initiales B.B..
- 1997 : Prix de l'écologie / Club Unesco du Dodécanèse (Grèce).
- 1997 : Médaille de la ville d'Athènes.
- 2001 : Peta humanitarian Award (USA).
- 2002 : Prix My Way (Autriche).
- 2003 : Prix des intellectuels indépendants pour son livre Un cri dans le silence.
- 2007 : Free Thinker (Ukraine). Prix spécial du jury de l'International Rights Film Festival pour sa contribution aux droits des animaux et la protection de la nature
- 2008 : Prix Fondation Altarriba (Espagne)
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Mémoires et récits