Biographie de Chat

 

 

Ce n’est pas un hasard : un doux parfum de folie flotte effectivement dans l’air dès que s’élèvent en tintinnabulant les premières notes de “Folie Douce”, le premier album de Chat. Un disque pas comme les autres : un pont de perles musicales tendu entre des univers souvent opposés. Un premier recueil de chansons que Chat avait hâte de jeter en pâture aux oreilles curieuses : un chapelet de minirapsodies souvent bohémiennes mais aussi bleues, quelquefois. Un album qui donne envie d’aller voir, comme pour commémorer le quarantenaire de 1968, si ce qui brille entre les pavés ne serait pas de la poudre d’or.

Comme peu d’artistes de sa génération, Chat ose. Des trucs et des machins. Des mélodies sonnantes qui tressaillent au ras des arpèges, des airs de presque rien qui signifient tellement, des couplets qui la ramènent comme des refrains, des harmonies cascadeuses. Sans cultiver l’anticonformisme, Chat sait que prendre des risques est vital. Pour parvenir à un état musical second, une sorte de plénitude psychédélique et ébouriffante, un bonheur enchanteur qu’on aperçoit là, de l’autre coté du mur de Merlin, à condition bien sûr de trouver l’escabeau ou l’amoncellement de pierres qui permet de grimper en s’accrochant au lierre. “Folie Douce”, concocté avec une équipe de matous touche-à-tout (parmi lesquels Joseph Chedid à la réalisation, batterie et divers instruments, Henry Blanc-Francard au son, Pierre Cohen aux manches à cordes, une participation d' Albin De La Simone aux claviers, etc), est un disque très organique, aux instruments vrais joués par des êtres terriblement humains, qui vibre comme un carillon dans la brise du matin. Ses chansons s’égrènent et s’incrustent sans contraindre ni forcer, si ce n’est, peut-être, leur propre destinée.

Originaire de l’Est de la France où elle a passé les premières années de sa vie, Chat découvre la musique classique dès l’enfance, et prend vite goût aux cours de piano que sa mère lui fait suivre. Sa professeur lui suggère de passer quelques concours. Devenue Parisienne, elle fréquente le conservatoire de Boulogne où elle obtient un premier prix de piano et envisage sérieusement une carrière de concertiste. Chat passe ensuite un an au conservatoire de Genève, et c’est là-bas qu’elle commence à entrevoir d’autres horizons :

“J’ai soudainement eu envie de plus de liberté dans mon rapport à la musique. Je commençais à m’égarer dans les heures passées quotidiennement à mon instrument, et j’ai eu tout simplement besoin de me recentrer sur l’essentiel.” 

Paradoxalement, alors qu’elle souhaitait, dans un premier temps, s’en démarquer à tout prix, le classique revient souvent dans sa bouche, et Chat est consciente qu’il lui a énormément apporté :  “J’ai découvert la musique, elle est devenue un besoin vital par le biais du piano. J’ai toutefois des carcans, des réflexes dus à cette éducation, et je sais qu’il me reste énormément à découvrir de manière plus instinctive. J’ai apprécié d’être confrontée aux musiciens réunis sur ce premier album, dont l’approche, quelque part, est plus autodidacte. Le classique m’a appris l’exigence, car c’est la plus dure des écoles. Lorsque j’ai enregistré les voix de ‘Folie Douce’, j’ai supporté qu’on me mène la vie dure, et apprécié qu’on m’incite à aller plus loin.” L’important est qu’au cours de cette année passée en Suisse, Chat, a commencé à composer des petites pièces.

En 2006, elle accompagne à Londres son ami traducteur et songe sérieusement à écrire sans bien savoir quelle forme donner à cet élan. “L’Angleterre a été une réaction à Genève, faitelle remarquer. Londres et ses fantasmes m’ont attirée. C’est un lieu parfait pour les rencontres insolites. Un jour, j’ai croisé un type avec qui je me suis retrouvée à jouer du piano le soir même, sur scène. Il était habillé en femme et chantait dans un mégaphone une chanson d’Ella Fitzgerald, avec deux stripteaseuses à côté de lui.”  Pour gagner sa vie, Chat donne des cours de piano tout en composant ses premières chansons, si personnelles qu’au bout d’un certain temps, elle décide de les chanter elle-même. C’est également à cette époque qu’elle s’inscrit sur MySpace où Vanessa (de Vanessa & The O’s), également basée à Londres, la remarque et l’invite bientôt à faire la première partie de son groupe à l’Espace Ephémère : Chat joue ses chansons devant un public pour la première fois. Peu après, le label anglais Decca la contacte, mais le courant passe finalement mieux avec l’équipe de Capitol France, avec qui elle signe en adoptant définitivement le nom Chat (au détriment de Mademoiselle qu’elle n’adoptera qu’un temps).

En matière d’influences modernes, Chat place Radiohead au-dessus du lot (“Pour ce groupe, j’ai carrément une profonde admiration”) , mais elle apprécie également Gonzales (qu’elle a croisé lors de ses concerts à l’Elysée Montmartre), Feist ou Keren Ann. Par l’entremise de Joseph et Henri, elle découvre depuis peu d’autres pans de l’histoire du rock et écoute aussi bien David Bowie que les Doors ou le Velvet Underground. Naturellement, elle est aussi fascinée par l’univers baroque de Björk (“Autant pour sa musique que pour ce qu’elle dégage”)  ou celui de Bat For Lashes (Natasha Khan) qu’elle a vue récemment sur scène et adorée.

Les planches, bien sûr, l’attirent. L’an passé, par l’intermédiaire d’un petit label portugais qui l’a contactée via MySpace, elle s’est produite, seule au piano, dans quelques salles de la péninsule ibérique : exiguës, certes, mais bondées ! Preuve que ses 

“petites chansons en français” comme elle les appellent, n’ont pas de frontières. Pour Chat, qui chante aussi en anglais sur “Folie Douce”, les mots comptent. Double, voire triple. Elle ne compose que depuis peu, mais a toujours écrit et surtout beaucoup lu. Entre autres, des pages de Boris Vian et Chloé Delaume  (“pour son rapport à l’écriture presque organique”). Depuis peu, Chat, décidément un drôle d’oiseau, donne des concerts “dans des appartements” , démontrant ainsi que les gouttières et les cages ne sont pas pour elle. En live, elle est dans son élément, un bain moussant de bulles kaléidoscopiques qu’il lui tarde de retrouver après les semaines de préparatifs qu’a exigées la sortie de son album.

Lucide et en phase avec la réalité d’un art livré à tous les vents, Chat se demande quelles chansons de 2008 on chantera dans vingt ou trente ans. Les théories peuvent bien s’affronter, il y a fort à parier que “Harmony”, “Les Petites Choses”, “R.” ou “Je Te Vois” résonneront dans les oreilles et les mémoires que le temps aura tôt fait de rendre collectives. Bien sûr, certains affectionneront tout particulièrement “Alice”, qui lui va comme un gant, une mitaine de soie plutôt, bien plus pratique pour jouer du piano. Non seulement sa chanson fétiche est un trait d’union entre son passé et son avenir, mais en plus elle ensorcelle comme une bouffée d’opium sonore, une drogue à base de notes et de syllabes 

ricochantes qui évoquent le meilleur de Sparks.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce n’est pas un hasard : un doux parfum de folie flotte effectivement dans l’air dès que s’élèvent en tintinnabulant les premières notes de “Folie Douce”, le premier album de Chat. Un disque pas comme les autres : un pont de perles musicales tendu entre des univers souvent opposés. Un premier recueil de chansons que Chat avait hâte de jeter en pâture aux oreilles curieuses : un chapelet de minirapsodies souvent bohémiennes mais aussi bleues, quelquefois. Un album qui donne envie d’aller voir, comme pour commémorer le quarantenaire de 1968, si ce qui brille entre les pavés ne serait pas de la poudre d’or.

Comme peu d’artistes de sa génération, Chat ose. Des trucs et des machins. Des mélodies sonnantes qui tressaillent au ras des arpèges, des airs de presque rien qui signifient tellement, des couplets qui la ramènent comme des refrains, des harmonies cascadeuses. Sans cultiver l’anticonformisme, Chat sait que prendre des risques est vital. Pour parvenir à un état musical second, une sorte de plénitude psychédélique et ébouriffante, un bonheur enchanteur qu’on aperçoit là, de l’autre coté du mur de Merlin, à condition bien sûr de trouver l’escabeau ou l’amoncellement de pierres qui permet de grimper en s’accrochant au lierre. “Folie Douce”, concocté avec une équipe de matous touche-à-tout (parmi lesquels Joseph Chedid à la réalisation, batterie et divers instruments, Henry Blanc-Francard au son, Pierre Cohen aux manches à cordes, une participation d' Albin De La Simone aux claviers, etc), est un disque très organique, aux instruments vrais joués par des êtres terriblement humains, qui vibre comme un carillon dans la brise du matin. Ses chansons s’égrènent et s’incrustent sans contraindre ni forcer, si ce n’est, peut-être, leur propre destinée.

Originaire de l’Est de la France où elle a passé les premières années de sa vie, Chat découvre la musique classique dès l’enfance, et prend vite goût aux cours de piano que sa mère lui fait suivre. Sa professeur lui suggère de passer quelques concours. Devenue Parisienne, elle fréquente le conservatoire de Boulogne où elle obtient un premier prix de piano et envisage sérieusement une carrière de concertiste. Chat passe ensuite un an au conservatoire de Genève, et c’est là-bas qu’elle commence à entrevoir d’autres horizons :

“J’ai soudainement eu envie de plus de liberté dans mon rapport à la musique. Je commençais à m’égarer dans les heures passées quotidiennement à mon instrument, et j’ai eu tout simplement besoin de me recentrer sur l’essentiel.” 

Paradoxalement, alors qu’elle souhaitait, dans un premier temps, s’en démarquer à tout prix, le classique revient souvent dans sa bouche, et Chat est consciente qu’il lui a énormément apporté :  “J’ai découvert la musique, elle est devenue un besoin vital par le biais du piano. J’ai toutefois des carcans, des réflexes dus à cette éducation, et je sais qu’il me reste énormément à découvrir de manière plus instinctive. J’ai apprécié d’être confrontée aux musiciens réunis sur ce premier album, dont l’approche, quelque part, est plus autodidacte. Le classique m’a appris l’exigence, car c’est la plus dure des écoles. Lorsque j’ai enregistré les voix de ‘Folie Douce’, j’ai supporté qu’on me mène la vie dure, et apprécié qu’on m’incite à aller plus loin.” L’important est qu’au cours de cette année passée en Suisse, Chat, a commencé à composer des petites pièces.

En 2006, elle accompagne à Londres son ami traducteur et songe sérieusement à écrire sans bien savoir quelle forme donner à cet élan. “L’Angleterre a été une réaction à Genève, faitelle remarquer. Londres et ses fantasmes m’ont attirée. C’est un lieu parfait pour les rencontres insolites. Un jour, j’ai croisé un type avec qui je me suis retrouvée à jouer du piano le soir même, sur scène. Il était habillé en femme et chantait dans un mégaphone une chanson d’Ella Fitzgerald, avec deux stripteaseuses à côté de lui.”  Pour gagner sa vie, Chat donne des cours de piano tout en composant ses premières chansons, si personnelles qu’au bout d’un certain temps, elle décide de les chanter elle-même. C’est également à cette époque qu’elle s’inscrit sur MySpace où Vanessa (de Vanessa & The O’s), également basée à Londres, la remarque et l’invite bientôt à faire la première partie de son groupe à l’Espace Ephémère : Chat joue ses chansons devant un public pour la première fois. Peu après, le label anglais Decca la contacte, mais le courant passe finalement mieux avec l’équipe de Capitol France, avec qui elle signe en adoptant définitivement le nom Chat (au détriment de Mademoiselle qu’elle n’adoptera qu’un temps).

En matière d’influences modernes, Chat place Radiohead au-dessus du lot (“Pour ce groupe, j’ai carrément une profonde admiration”) , mais elle apprécie également Gonzales (qu’elle a croisé lors de ses concerts à l’Elysée Montmartre), Feist ou Keren Ann. Par l’entremise de Joseph et Henri, elle découvre depuis peu d’autres pans de l’histoire du rock et écoute aussi bien David Bowie que les Doors ou le Velvet Underground. Naturellement, elle est aussi fascinée par l’univers baroque de Björk (“Autant pour sa musique que pour ce qu’elle dégage”)  ou celui de Bat For Lashes (Natasha Khan) qu’elle a vue récemment sur scène et adorée.

Les planches, bien sûr, l’attirent. L’an passé, par l’intermédiaire d’un petit label portugais qui l’a contactée via MySpace, elle s’est produite, seule au piano, dans quelques salles de la péninsule ibérique : exiguës, certes, mais bondées ! Preuve que ses 

“petites chansons en français” comme elle les appellent, n’ont pas de frontières. Pour Chat, qui chante aussi en anglais sur “Folie Douce”, les mots comptent. Double, voire triple. Elle ne compose que depuis peu, mais a toujours écrit et surtout beaucoup lu. Entre autres, des pages de Boris Vian et Chloé Delaume  (“pour son rapport à l’écriture presque organique”). Depuis peu, Chat, décidément un drôle d’oiseau, donne des concerts “dans des appartements” , démontrant ainsi que les gouttières et les cages ne sont pas pour elle. En live, elle est dans son élément, un bain moussant de bulles kaléidoscopiques qu’il lui tarde de retrouver après les semaines de préparatifs qu’a exigées la sortie de son album.

Lucide et en phase avec la réalité d’un art livré à tous les vents, Chat se demande quelles chansons de 2008 on chantera dans vingt ou trente ans. Les théories peuvent bien s’affronter, il y a fort à parier que “Harmony”, “Les Petites Choses”, “R.” ou “Je Te Vois” résonneront dans les oreilles et les mémoires que le temps aura tôt fait de rendre collectives. Bien sûr, certains affectionneront tout particulièrement “Alice”, qui lui va comme un gant, une mitaine de soie plutôt, bien plus pratique pour jouer du piano. Non seulement sa chanson fétiche est un trait d’union entre son passé et son avenir, mais en plus elle ensorcelle comme une bouffée d’opium sonore, une drogue à base de notes et de syllabes 

ricochantes qui évoquent le meilleur de Sparks.

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