Biographie de Claude François

Claude François, surnommé « Cloclo », né le 1 février 1939|en musique à Ismaïlia en Égypte et mort accidentellement le 11 mars 1978|en musique à l'âge de 39 ans à Paris, est un chanteur populaire français des années 1960 et 1970. Il est notamment l'un des auteurs-compositeurs et le premier interprète de Comme d'habitude, adapté en anglais par Paul Anka sous le titre mondialement célèbre de My Way.

Biographie

Origines

La famille paternelle de Claude François est originaire de Lyon. Fils de Marie François, domestique et fille célibataire, Joseph François était né le 26 mars 1849 à Lyon et avait émigré à l'âge adulte en Égypte pour travailler sur le canal de Suez. Son fils Adolphe voit ainsi le jour à Ismaïlia.

Adolphe François est tué dans la Marne en 1915, lors de la première guerre mondiale, alors qu'il n'a que 35 ans. Il laisse trois enfants, dont Aimé François (né à Ismaïlia, le 2 mars 1908 et mort à Nice (Alpes-Maritimes), le 19 mars 1961), lesquels travaillent comme chefs du trafic du canal de Suez.

Aimé François se marie avec une Italienne, Lucia Mazzei, dite « Chouffa » (née à Ismaïlia le 20 février 1910, et morte à Paris 8e arrondissement de Paris| le 22 décembre 1992). La famille de Lucia Mazzei est originaire de Calabre, en Italie. Elle s'occupe du foyer familial et a longtemps joué du piano. Les deux frères de Lucia Mazzei, l'un violoniste, l'autre pianiste, accompagnaient les films muets, puis ont joué pour le five o'clock tea de l'armée britannique qui occupait le canal de Suez.

Le couple a deux enfants :
  • Marie-Josée François dite « Josette » (née en 1934), la fille aînée, qui écrira ses mémoires en 2008. .
  • Claude Antoine Marie François, né en février 1939 : Il est de tradition chez les François d'appeler les garçons par un prénom commençant par un A, mais sa mère imposa le prénom de « Claude ». Antoine lui fut donc attribué en deuxième prénom et Marie, le prénom de la Vierge, en troisième pour protéger l'enfant.

Enfance et scolarité

L'enfance de Claude se déroule dans une des belles villas de la compagnie du canal de Suez à Ismaïlia. Sa famille, qui a des domestiques, mène un train de vie très aisé.

Ses parents le placent en internat dans une école confessionnelle. Puis ils l'inscrivent au lycée français du Caire comme externe (1953-1954). La chambre qu'il loue est en face de Radio le Caire si bien qu'il y est toujours fourré, écoutant en avant-première les disques français ou américains. Il décroche la première partie du bac mais pas la seconde. À cette époque, le jeune Claude assiste aux répétitions de ses oncles maternels et fait une première année de violon.

Expulsion d'Égypte

En 1956, La famille François est expulsée d’Égypte (avec de nombreux Français et Britanniques) à la suite de la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser. Claude arrive avec ses parents à Marseille. Ruinée, la famille s’installe d'abord à Monaco dans un appartement donné à titre indemnitaire par la compagnie du Canal de Suez, puis à Nice, sur la Côte d'Azur où habite Josette François. Ils vivent dans une certaine pauvreté : Claude François dort par terre sur le sol de l'appartement, vole à l'étalage, et se nourrit de pains trempés dans de la vinaigrette, ce qui lui cause un ulcère à l'estomac et l'exempte du service militaire.

Apprentissage de la musique

Claude apprend le piano, le violon et la batterie. En 1957, il fait ses débuts dans l’orchestre d’Aimé Barelli, au Sporting Club de Monaco, et tape sur des congas. Il trouve ensuite, en 1959, une place de batteur dans un quartet de jazz au casino de Monte-Carlo, chose que son père désapprouve car il souhaite que son fils devienne comptable. Sa mère le soutenant toutefois dans sa passion pour la musique, Claude s'inscrit à l'Académie nationale de musique. Grâce à son travail, il devient percussionniste, puis chanteur d'orchestre.

Début de carrière

À l'été 1961, Claude François monte à Paris sur les conseils de Brigitte Bardot et de Sacha Distel ; il est accompagné d'une jeune danseuse d'origine anglaise, Janet Woollacott, qu'il a rencontrée en 1959 lors d'un spectacle et qu’il a épousée le 5 novembre 1960 à Monaco. Son père, qui ne lui parlait plus depuis deux ans, était venu au mariage, avant de mourir, quelques mois plus tard, d’une maladie des poumons le 19 mars 1961.

À l'époque, la variété française connaît un grand bouleversement avec les débuts de l'émission de radio Salut les copains, la vogue du twist et l'avènement des yéyé.

Claude se fait engager dans la formation d’Olivier Despax, les Gamblers mais les cachets sont maigres. Le 16 septembre 1961, il passe une audition aux disques Fontana, mais ne convainc pas le directeur artistique Jean-Jacques Tilché, qui accepte toutefois une deuxième audition.

« Cette année-là »

Claude décroche enfin la permission d’enregistrer son premier disque : en 1962, il interprète Nabout twist (en version française et en version arabe), sous le pseudonyme de Kôkô, mais si la chanson est bien reçue en Afrique, elle ne rencontre pas le succès escompté en France.

De retour à Paris, Claude signe un contrat de cinq ans avec les disques FontanaBelles belles belles, une adaptation de Girls Girls Girls (Are Made to Love), composée par , des Everly Brothers, et interprétée initialement par , dont il s'est inspiré pour la version française. Il en a cosigné les paroles avec la parolière Vline Buggy. Ayant fait le siège du bureau de Daniel Filipacchi à Europe 1, il a obtenu de celui-ci que son 45 tours passe deux fois par jour dans l'émission Salut les copains tout au long de la semaine. Sa carrière est lancée : 1,7 millions d'exemplaires seront vendus. Sa participation à plusieurs émissions de télévision permet à Claude de faire découvrir au grand public ses talents scéniques. Il tourne son premier scopitone, réalisé par Claude Lelouch<ref name="Biographie sur claudefrancois-lesite.fr"/>. Il passe à l'Olympia le 18 décembre, en première partie de Dalida et des Spootnicks. Il achète un appartement à Paris, au 46, boulevard Exelmans, dans le 16 arrondissement.

« idole des jeunes »

Pris en main par l'imprésario Paul Lederman, il voit sa carrière de chanteur démarrer véritablement. Il part en tournée en 1963 en première partie des Chaussettes Noires et va jusqu'à leur voler la vedette. Il sort plusieurs titres, dont Marche tout droit et Dis-lui. Avec son allure de jeune homme de bonne famille, ses chansons aux paroles gentillettes, il séduit un public féminin de plus en plus nombreux. Il demande à Michel Bourdais, dessinateur à Salut les copains, de réaliser son portrait. Il qualifie de « merveilleux » ce dessin hyper-réaliste, qui est devenu par la suite très célèbre. Le 5 avril 1963, Claude se produit à l’Olympia pour la deuxième fois au cours d'un spectacle consacré aux jeunes chanteurs qu'on surnomme à l'époque « idoles des jeunes ». À noter, parmi ses musiciens : Michel Cassez, dit Gaston, futur Compagnon de la chanson, et le pianiste de jazz René Urtreger. En octobre, il sort Si j'avais un marteau, version française de If I Had a Hammer, composé par Pete Seeger, et repris avec succès par Trini Lopez. Le titre restera plusieurs semaines n° 1. Le 29 octobre, après avoir participé à un Musicorama, Claude reçoit ses deux premiers disques d’or.

« La Ferme du bonheur »

L'argent, comme le succès, est enfin au rendez-vous, à telle enseigne qu'en 1964 il achète l'ancien moulin communal de Dannemois dans l'Essonne pour en faire sa résidence secondaire. Quelques semaines plus tard, il interprète La Ferme du bonheurL’été frénétique. En septembre, Claude fait à nouveau l’Olympia mais cette fois en vedette. Il enchaîne de nouveaux succès : Donna, Donna, J’y pense et puis j’oublie<ref name="Biographie sur claudefrancois-lesite.fr"/>. Côté sentimental, il fait la connaissance d'une jeune chanteuse, France Gall, elle a 17 ans et lui 25 : c'est le début d'une liaison qui durera jusqu'en 1967.

Le jeudi 25 février 1965, Claude est blessé au cours d'un gala à Abbeville, la scène s'étant effondrée sous ses pieds alors qu'il dansait. Ayant plusieurs côtes fracturées, il reste immobilisé cinq semaines durant. Au cours de l'année 1965, il enregistre une quinzaine de titres, dont Les Choses de la maison et Même si tu revenais.

L'année 1966 voit l’apparition des Claudettes (ou Clodettes), ses danseuses, qui lui resteront attitrées. Le 25 décembre, son premier Olympia avec quatre d’entre elles est un événement, qui séduit et déchaîne le public. Claude utilise alors le dessin de Michel Bourdais pour en faire le symbole de sa mutation artistique.

Consécration

En 1967, il compose, avec Jacques Revaux, et écrit, avec Gilles Thibaut, le titre Comme d'habitude, à la suite de sa rupture avec France Gall, titre qui sera adapté en anglais par Paul Anka (My Way) et repris notamment par Frank Sinatra, Elvis Presley, Nina Simone, Sid Vicious (non sans des modifications du texte) et aussi par Nina Hagen.

Le 13 mars 1967|, Claude François et Janet Woollacott divorcent. Cette dernière l’avait, à vrai dire, quitté depuis le printemps 1962 pour Gilbert Bécaud, qu’elle avait rencontré à l’Olympia. Son contrat chez Philips arrivant à son terme, Claude fonde sa maison de disques, Flèche, acquérant ainsi son indépendance artistique. La chanteuse belge Liliane Saint-Pierre est la première artiste qui chante sur ce label. Il rencontre alors Isabelle Forêt, blonde aux yeux bleus et mannequin de son état, qui donnera naissance à Claude Junior, le 8 juillet 1968. Sa naissance ne sera révélée à la presse que quelques mois plus tard.

L'année 1968 est celle de sa première tournée en Afrique noire qui le mène, en 10 jours, de Fort Lamy (Tchad) à Dakar (Sénégal) en passant par Yaoundé et Douala (Cameroun), Libreville (Gabon), Abidjan (Côte d'Ivoire) et Niamey (Niger). À Libreville, il donne un concert devant 15000 personnes au grand stade de la ville et est reçu très officiellement par le président Albert Bongo, sa famille et ses ministres.

L'année 1969 est une année faste sur le plan familial et le plan professionnel. Le 15 novembre 1969| vient au monde un second garçon, Marc, mais son père décide là encore d'en taire la naissance pour le protégerJean-Pierre Bourtayre comme directeur artistique et installe son quartier général au 122, boulevard Exelmans à Paris. Ses nouveaux disques, Éloïse en début d’année et Tout éclate, tout explose en fin d'année, sont des succès<ref name="Biographie sur claudefrancois-lesite.fr"/>.

En 1970, sa chanson Parce que je t'aime mon enfant est adaptée en anglais et reprise par Elvis Presley sous le titre My Boy. Le 14 mars 1970|, un malaise le surprend pendant un concert à Marseille, salle VallierOrange. Le nez fracturé, les pommettes éclatées, il doit subir une rhinoplastie. À peine remis, il repart en tournée avec Dani et C. Jérôme<ref name="Claude François sur RFI musique"/>.

En 1972, Claude François reprend le journal Podium, qui devient rapidement la plus grosse publication pour les jeunes, supplantant même le célèbre Salut les copains. Il part aux États-Unis, pour enregistrer le titre C'est la même chanson dans les studios de la Tamla Motown à Detroit. Il se sépare de la mère de ses enfants, avant de rencontrer Sofia Kiukkonen, une Finlandaise avec laquelle il restera quatre ans. Les affaires reprennent et il investit cette fois dans une agence de mannequins, Girls Models.

Le 20 janvier 1973, Maritie et Gilbert Carpentier consacrent à Claude François leur émission télévisée Top à... . Celui-ci y retrouve Dalida, avec qui il chante en duo Ciao ciao bambino, Come prima et Volare. La même année, un fan agresse Claude lors d'un concert. En juin, une dépendance de sa propriété de Dannemois est la proie d’un incendie ; on n’en connaîtra jamais la cause. La même année, un cocktail Molotov explose dans ses bureaux du boulevard Exelmans.

L'attirance du chanteur pour les jeunes filles le pousse, au printemps 1974, à racheter une revue de charme, Absolu. Il se transforme, pour l'occasion, en photographe, signant ses photos du pseudonyme de François Dumoulin !Le Téléphone pleure, qui s'écoulera à plus de 2,5 millions d'exemplaires et qu'il reprend l'année suivante en anglais et en espagnol (Llora el telefono). Le 15 décembre, il chante devant 20000 spectateurs survoltés au parc des expositions de la porte de Versailles au profit de la fondation Perce-neige en faveur de l'enfance handicapée<ref name="Biographie sur claudefrancois-lesite.fr"/>.

En 1975, il est la victime collatérale d’un attentat de l'IRA provisoire dans l’hôtel Hilton de Londres. Il doit la vie à une cliente qui, étant devant lui, le protégea involontairement de la déflagration d’une première bombe cachée sous une table. Il en réchappe, mais avec les deux tympans crevés. La même année, Podium devient « le magazine n° 1 des jeunes ». Le 17 décembre, il se produit au palais de l'Élysée pour le Noël des enfants et chante en duo avec le président Valéry Giscard d'Estaing.

En 1976, il sort un album destiné aux enfants de « 7 à 77 ans », ainsi que la chanson Cette année-là, qu'il chantera en italien ainsi que La Solitude, c'est après. Pour Antenne 2, il enregistre une émission, La bande à Cloclo, à laquelle il a convié tous ses amis chanteurs et comédiens et dont il est entièrement l'auteur ; diffusée le 11 juillet, elle conquiert un large public. En septembre, il lance son parfum Eau noire lors d'un cocktail auquel sont conviés quelque 400 invités. Il y vient au bras de Kathalyn Jones, sa nouvelle conquête, rencontrée dans l'avion, en juillet, au retour d'un voyage du chanteur aux États-Unis. Elle se rendait à Paris pour y faire des photos de mode.

En 1977, il découvre que les droits qui lui ont été versés pour les adaptations de My Way, qui est devenue un succès mondial, n'ont pas été calculés correctement. Son dossier lui permet d'obtenir gain de cause vers la fin de l'année. Le 25 juin 1977, il enregistre une émission télévisée avec Michel Sardou et y présente sa fiancée, Kathalyn Jones. Puis, faisant route, passé minuit, vers sa résidence de Dannemois, il double une voiture, qui n'apprécie pas et le double à son tour, et ainsi de suite. Lors du dernier dépassement, Claude fait une queue de poisson à l'autre voiture, laquelle se lance alors à sa poursuite. À près de 230 km/h, Claude essuie plusieurs coups de feu des occupants, qui sont armés. Il arrivera au moulin, sain et sauf, ainsi que ses passagers. Quelques semaines plus tard, les auteurs des coups de feu sont retrouvés : ils étaient fichés au grand banditisme.

Carrière internationale

Il attaque le marché anglais en 1976 avec une adaptation anglaise du téléphone pleure (classé 35ème au Top 40).

Pour ses titres, il s'adjoint la collaboration d'un impresario britannique, Richard Armitage, et fait appel à Norman Newell et Roger Greenaway pour réécrire en anglais plusieurs de ses chansons ou pour composer des titres originaux (I'm leaving for the last time).

En octobre 1977, il est la co-vedette d'une émission franco-britannique, tournée à Honfleur et Deauville, et présentée par Cliff Richard durant laquelle il interprète une adaptation en anglais de Chanson populaire (Love will call the tune) et So near and yet so far.

Le 16 janvier 1978, il donne un gala au Royal Albert Hall à Londres, devant 6000 spectateurs en délire. Il commence son spectacle par My Way, qu’il doit bisser. Après huit rappels, il quitte la scène, épuisé mais aux anges. Les 3 et 4 février, il retrouve son public belge au Forest National, la plus grande salle de concerts de Bruxelles, puis à Charleroi, à Liège et à Wavre. Le 18 février, il participe à l’émission La Grande Parade sur RTL, présentée par Michel Drucker en direct de Lyon.

Les 9 et 10 mars 1978, la BBC l’accueille dans ses studios suisses de la station de Leysin, dans le canton de Vaud pour y enregistrer Snowtimes, une émission spéciale qui doit être diffusée à Noël sur la BBC et qui constitue une nouvelle étape de sa carrière internationale. Avec les Clodettes, il enregistre ses dernières compositions : The Vagabond, Bordeaux rosé, Alexandrie Alexandra le 9, Day Dreamer, une adaptation franco-anglaise du Mal aimé, et deux versions de I Believe in Father Christmas, une chanson inédite de circonstance, le 10 pour la BBC à Leysin.

Décès

Claude François meurt le samedi 11 mars 1978|, à son domicile parisien au 46, boulevard Exelmans, d’un œdème pulmonaire provoqué par une électrocution accidentelle. En redressant pour la énième fois, en maniaque du détail qu'il est, l'applique électrique murale de travers située au-dessus de sa baignoire, ses doigts restent collés au cuivre, les fils étant en court-circuit. Malgré l'intervention de Kathalyn qui, protégée par des semelles en bois, l'arrache de l'applique, malgré la ventilation assistée des pompiers et le massage cardiaque du médecin, le Dr Noël, son cœur, qui s'est remis à battre, s'arrête au bout de deux minutes. Le pompier, le major Bernard Jacquinot, annonce la nouvelle à Kathalyn et à l'attachée de presse du chanteur. Claude devait, dans l'après-midi, participer à l'enregistrement de l'émission Rendez-vous du dimanche, présentée par Michel Drucker. Quand, à 16 heures, la radio et la télévision annoncent son décès par bulletin spécial, c'est la stupeur générale.

Le journal Libération titrera le surlendemain « Claude François : a volté. Le chanteur préféré des moins de 10 ans s'est électrocuté dans sa salle de bains » (le jeu de mots « a volté » étant une allusion aux élections législatives du dimanche 12 mars).

Le 15 mars 1978|, son nouveau 45 tours Alexandrie Alexandra arrive chez les disquaires, le jour même de ses obsèques, qui ont lieu en l'église d'Auteuil, à Paris, tandis que des milliers de fans pleurent à l'extérieur.

À la demande de ses proches, le chanteur est embaumé, à l'instar de son idole Elvis Presley, avant d'être enterré au cimetière de Dannemois.

Succession

Alain-Dominique Perrin, homme d'affaires réputé et l'un des amis du chanteur disparu, est nommé exécuteur testamentaire. Chargé d'apurer les dettes (15 millions de francs) et de gérer l'héritage, le temps que Claude Jr et Marc François soient majeurs, il met plusieurs années à redresser les finances et doit vendre pour ce faire le Moulin et le magazine Podium. En mai 1978, le matériel de scène (chemises, costumes) avait d'ailleurs été rapidement vendu aux enchères. En mars 1982, 3500 bouteilles de la cave du chanteur sont à leur tour vendues aux enchères à Drouot pour un total de 570000 francs.

L'ancien moulin de Dannemois, dont Claude François était propriétaire, est aujourd'hui partagé entre un musée et un club qui reçoit des chanteurs de l'époque.

Hommages

En 1974, Annie Cordy évoquait Claude François dans sa chanson La bonne du curé.

En 1982, Didier Barbelivien, Jean-Claude Petit et Humbert Ibach composent une chanson intitulée Je me souviens en hommage à Claude François et interprétée par Karen Cheryl.

En mars 2008, plusieurs artistes comme Jeanne Cherhal, Vincent Baguian, Alain Chamfort, AS Dragon, La Grande Sophie, Adrienne Pauly ou Elodie Frégé rendent hommage à Claude François en reprenant ses chansons dans un album intitulé Autrement dit (Mercury/Universal) alors que sort un disque de ses chansons reprises en japonais.

Postérité

Le 11 mars 2000|, à l'occasion du 22 anniversaire de sa mort, une place Claude-François est inaugurée à Paris, boulevard Exelmans, dans le 16 arrondissement, au pied de son ancien domicile parisien. Plusieurs rues sont baptisées de son nom dans d'autres communes de France, notamment à Montpellier et aux Herbiers. En 2005, une rue d'Ismaïlia, en Égypte est également baptisée en son honneur.

À l'occasion du 30 anniversaire de sa mort, le journal Libération qualifie l’artiste d’« androgyne à paillettes » et conteste le chiffre annoncé de 61,7 millions de disques vendus (dix fois moins selon le journal, citant le Syndicat national de l'édition phonographique). Dans son article du 11 mars, le quotidien ironise sur les émissions télé qui lui rendent hommage ainsi que sur ses 400 chansons composées, selon le journal, aux trois quarts d’adaptations.

Ainsi, longtemps déconsidéré auprès d'une certaine critique et d'une certaine élite intellectuelle, Claude François aurait été davantage apprécié à partir des années 1990, réconciliant la France de Guy Lux et des Carpentier avec celle de Jacques Chancel.

Production

Vente de disques

Entre le début de sa carrière artistique, entamée le 27 septembre 1962, et le début de l'année 1978, Claude François enregistre un peu plus de 350 chansons en français et une petite centaine en langues étrangères et vend plusieurs millions de disques et d'albums.

En 2009, Flèche Productions annonce que Claude François a vendu 63 millions de disques (35 millions de son vivant et 28 millions depuis sa mort).

Droits d'auteurs

Le chiffre d'affaires de Jeune Musique (une quarantaine de chansons, dont Comme d'habitude, sa version anglaise, My Way, Alexandrie Alexandra et Magnolias Forever) oscille entre 500000 € et 1 million d'euros. Il existe plusieurs dizaines de versions de Comme d'habitude, et plusieurs centaines de reprises de My Way, la version anglaise, dont Claude François est le co-auteur (en français), le co-compositeur et le co-éditeur. My Way seul génère un chiffre d'affaires annuel de 1 million d'euros, partagé entre tous les ayants-droit.

Partage des droits

Coco, installé à Bruxelles, touche un seizième, tout comme son frère Marc. Ils n'ont plus de droits sur le catalogue d'Isabelle Music (Chanson Populaire, Viens à la maison, etc.) qu'ils ont revendu, début 2000, à EMI.

Puis, les deux frères ont séparé leurs affaires. Marc a cédé ses parts dans Jeune Musique SA à son aîné. En échange, Marc est le seul propriétaire de l'hôtel particulier parisien de leur père.

Fin novembre 2009, Coco vend Jeune Musique SA. Avec plusieurs investisseurs, c'est le label Because qui rachète tout le catalogue de chansons.

Concerts

Claude François s'est produit 1188 fois sur scène (entre le 18 décembre 1962 et le 24 février 1978, date de son dernier concert, au Palais des sports de Lyon) et est apparu 313 fois à la télévision (France, Belgique, Canada, Italie, Espagne, Angleterre), du 21 janvier 1963 au 26 février 1978.

Sa maison de disques Flèche et le journal Podium font découvrir de nouveaux talents comme Alain Chamfort et Nicolas Pinelli, qui assurent certaines premières parties des concerts de Claude sur les plus grandes scènes de France.

Édition

Claude François a fait la couverture de 219 magazines de son vivant et de 186 autres entre et et a été l'objet de 73 livres et biographies depuis sa mort.

Groupes

Les Claudettes

Les Claudettes (ou Clodettes) sont les danseuses mythiques de Claude François, les premières à avoir dansé en petite tenue devant les caméras de la télévision française.

Les Fléchettes

Catherine Welch, Francine Chantereau, Martine Latorre et Dominique Poulain furent les choristes attitrées de Claude François sous le nom de groupe Les Fléchettes.

Discographie

La discographie de Claude François comporte un peu plus de 450 titres (près de 500 chansons avec les versions en public). Il en a commercialisé près de 400. La liste du lien ci-dessus concerne environ 370 titres différents commercialisés et un relevé exhaustif des essais et répétitions. La discographie étrangère de Claude François comporte des titres en anglais, en italien, en espagnol et même en japonais.

Il est le sixième plus gros vendeur de disques en France derrière Johnny Hallyday, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman, Céline Dion et Sheila.

Discographie française

Claude François a commercialisé au moins 350 titres en français. Trois de ses titres ont été repris et adaptés en anglais :
  • Comme d'habitude : My way, adapté par Paul Anka et repris notamment par Frank Sinatra et Elvis Presley,
  • Parce que je t'aime mon enfant : My boy adapté par Phil Coulter et Bill Martin, chanté par l'acteur Richard Harris (1971) et par Elvis Presley (1973),
  • Plus rien qu'une adresse en commun : Do I love you adapté et chanté par Paul Anka.

Discographie étrangère

Claude François a enregistré près de 60 chansons en anglais dont une dizaine sont restées des essais (voire des maquettes de chansons qu'il allait adapter en français), une vingtaine en italien, quatre en espagnol, une en arabe en 1961 et une en japonais en 1965.

Albums et compilations en français

Claude François a édité une quarantaine d'albums de 1962 à 1978.

Régulièrement de nouvelles compilations sont disponibles.

Paroliers et compositeurs

Claude François resta attaché à sa première parolière Vline Buggy, et plus tard aux paroliers Gilles Thibaut, Eddy Marnay, Jean-Michel Rivat, Michèle Vendôme, Yves Dessca (lequel deviendra producteur de Gloria Gaynor), Jacques Plante, Pierre Delanoë et Didier Barbelivien. En 1977, il marqua sa volonté de donner un sens plus pointu à ses chansons en faisant appel à Étienne Roda-Gil.

Il ne composa et écrivit personnellement que très peu de chansons, mais elles sont un indice de ses préoccupations personnelles. Dans la première partie de sa carrière, comme tous les chanteurs yéyés français de l'époque, il fit surtout des reprises qu'il adapta au public français, les titres anglais originels n'étant pas diffusés ou étant tout simplement cédés directement à l'exportation pour adaptation. Parmi les chansons qu'il a composées lui-même, il y a Geordie (1965), Mais combien de temps (1966), Dans les orphelinats (1968), Comme d'habitude (1967), Seule une romance (1971), En attendant (1972) ou encore Dors petit homme (1976).

Si Claude François s'inspira souvent de la Motown, et en particulier du compositeur Lamont Dozier, associé aux frères paroliers-producteurs Brian & Eddie Holland, il fit également appel à des compositeurs suisses (Patrick Juvet) ou français comme Eric Charden (Mais quand le matin, etc.), Alice Dona (c'est de l'eau, c'est du vent, etc.), Alain Le Govic (plus connu sous le nom d'Alain Chamfort), Jacques Revaux (Comme d'habitude) et plus exceptionnellement Serge Gainsbourg (Hip Hip Hip Hurrah en 1967) et Jean-Loup Dabadie (Je danse en 1971 et Nina nana en 1972). Mais c'est surtout Jean-Pierre Bourtayre qui, s'inspirant des sources de la Motown, lui composa ses plus grands succès.

Son sens de la précision lui faisait modifier toutes les partitions et paroles qui lui étaient présentées. L'exemple le plus connu est celui de Comme d'habitude, qui s'inspire de sa rupture avec France Gall. Autre exemple, la modification du titre de Belles belles belles, que Vline Buggy avait initialement intitulé Rien rien rien (Belles belles belles étant une adaptation d'un morceau des Everly Brothers intitulé Made To Love).

Filmographie

Cinéma

  • 1964 : L'été Frénétique, film de Claude Vernick
  • 1977 : Drôles de zèbres, film de Guy Lux
Référence à Claude François
  • 2004 : Podium, film de Yann Moix sur les sosies de Claude François
  • 2012 : Cloclo, biopic de Florent Emilio Siri
  • Principaux show et émissions télévisées

    • 1964 :
      • 16 millions de jeunes - reportage diffusé le 5 novembre 1964
    • 1966 :
      • Cendrillon -
    • 1967 :
      • Discorama - émission de Denise Glaser diffusée le 7 mai 1967
      • Ça c'est Claude François - émission de Jean-Christophe Averty diffusée le 27 mai 1967
    • 1968 :
      • Georges De Caunes reçoit
      • Studio 102 - 3 émissions présentées par Claude François et diffusées le 28 janvier, le 3 février et 3 décembre 1968
    • 1970 :
      • D'hier et d'aujourd'hui - émission de Pierre Tchernia diffusée le 3 juillet 1970
      • Télé Dimanche - émission diffusée le 6 décembre 1970 sur la première chaine de l'ORTF
    • 1971 :
      • Les étoiles de la chanson - émission diffusée le 13 avril 1971
      • Aujourd'hui Madame - émission diffusée le 24 juin 1971 (reportage au moulin de Dannemois)
    • 1972 :
      • Avec le cœur - émission produite et présentée par Claude François, et Michel Drucker, diffusée le 14 mai 1972 (rediffusée en avril 1978)
      • Samedi Soir - émission de Philippe Bouvard diffusée le 9 décembre 1972
    • 1973 :
      • Top à Claude François - émission diffusée le 20 janvier 1973 sur la deuxième chaîne de l'ORTF
    • 1974 :
      • Top à Claude François - émission diffusée le 19 janvier 1974 sur la deuxième chaîne de l'ORTF
      • Domino - émission diffusée le 27 juin 1974
      • Top à Claude François - émission diffusée le 14 septembre 1974 sur la deuxième chaîne de l'ORTF
    • 1975 :
      • Une heure avec Claude François - émission diffusée le 14 mai 1975 sur la deuxième chaîne
      • Numéro Un Claude François - émission diffusée le 7 juin 1975 sur TF1
      • Système 2 - émission diffusée le 13 juillet 1975 sur Antenne 2
      • Système 2 - émission diffusée le 14 décembre 1975 sur Antenne 2
    • 1976 :
      • Numéro Un Claude François de 8 à 88 ans - émission diffusée le 13 mars 1976 sur TF1
      • La bande à Cloclo- émission diffusée le 11 juillet 1976 sur Antenne 2
      • Aujourd'hui madame de Valentino à Cloclo - émission diffusée le 11 août 1976
      • Midi-Première - émissions diffusées le 25 septembre et le 16 novembre 1976 sur TF1
      • Mosaïque - émission diffusée le 17 novembre 1976 sur la TSR
      • Midi-Première - émission diffusée le 25 décembre 1976 sur TF1
      • Les rendez-vous du dimanche (spécial Noël) - émission diffusée le 26 décembre 1976 sur TF1 (avec notamment Henri Salvador et les 2 fils de Claude François)
    • 1977 :
      • Midi-Première - émissions diffusées le 14 février 1977, le 22 et 23 avril 1977, le 14 mai 1977
      • Midi-Première - émission réalisée à Palavas les Flots et diffusée le 15 juillet 1977 sur TF1
      • Music hall à Provins - émission diffusée le 16 juillet 1977 sur TF1
      • Midi-Première - émissions diffusées le 20 et 21 septembre 1977 sur TF1
      • Seaside 1977- émission franco-britannique diffusée le 22 octobre 1977 sur TF1 et diffusé sur la BBC
      • Numéro Un Claude François - émission diffusée le 26 novembre 1977 sur TF1
      • Midi-Première - émission diffusée le 19 décembre 1977 sur TF1
      • Je veux être toi - reportage diffusé le 21 décembre 1977
      • L'école des fans - émission diffusée le 25 décembre 1977 sur Antenne 2
      • Les rendez-vous du dimanche (spécial Noël) - émission diffusée le 25 décembre 1977 sur TF1 (avec notamment Jodie Foster et les 2 fils de Claude François)
    • 1978 :
      • La bonne franquette - émission diffusée le 21 janvier 1978 sur RTL TV
      • Chansons à la carte - émission diffusée le 22 janvier 1978 sur la RTBF
      • Musique and Music - émission diffusée le dimanche 28 février 1978 sur Antenne 2 (dernière émission télévisée française à laquelle participe Claude François avant sa mort)
      • Snowtime Special - Spéciales vacances blanches - émission franco-britannique réalisée les 9 et 10 mars 1978 à Leysin en Suisse et diffusée en deux versions sur TF1 le 13 mai et sur la BBC le 22 décembre 1978
      • Numéro Un Claude François - émission hommage diffusée en septembre 1978 sur TF1 et rediffusée en juillet 1984
    • 1979 :
      • Claude François notre ami - Émission hommage de Guy Lux diffusé le 12 mars 1979 et rediffusé en mars 1983
    • 1987 :
      • Champs-Élysée spécial Claude François - Émission hommage de Michel Drucker diffusé en mars 1987 et mars 1988
    • 2008 :
      • Spéciale Claude François : 30 ans déjà... - émission hommage de Mireille Dumas diffusée sur France 3 le 5 mars 2008 et rediffusée le 29 février 2012
    • 2012 :
      • Claude François: une chanson populaire, produit par Jean Paul Boucheny et réalisé par Frédéric Fiol, diffusée sur France 3 dans l’émission Discographie le 5 mars 2012.

    Les chansons préférées des Français

    Les cinq chansons de Claude François préférées des Français sont :
    1. Belles, Belles, Belles
    2. Comme d'habitude
    3. Alexandrie Alexandra
    4. Cette année-là
    5. Le lundi au soleil

    Famille

    • Janet Woollacott (1939-2011), sa première épouse.
    • Isabelle Forêt, qui fut sa compagne de 1967 à 1972 et lui donna deux enfants :
      • Claude François junior, surnommé enfant Coco, né le 8 juillet 1968,
      • Marc François, né le 15 novembre 1969.
    • Florian Gazan, né le 14 janvier 1968, est son filleul.

    Notes et références

    Voir aussi

    Bibliographie

    • Près d'une centaine de livres ont été consacrés à Claude François.

    Liens externes

    Claude François
     
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