Biographie de Maïwenn

Maïwenn Le Besco, dite Maïwenn, née le aux Lilas (Seine-Saint-Denis), est une actrice, scénariste et réalisatrice française.

Ayant commencé sa carrière en tant qu'enfant actrice en utilisant son nom de famille, elle a choisi depuis 1991 d'être créditée exclusivement sous son seul prénom.

Biographie

Maïwenn naît le 17 avril 1976 aux Lilas en Seine-Saint-Denis d'une mère franco-algérienne, — l'actrice Catherine Belkhodja — et d'un père breton d'origine vietnamienne. Elle est la sœur aînée d'Isild Le Besco et de Jowan Le Besco ; elle a également une demi-sœur et un demi-frère.

Selon Maïwenn, sa mère décide dès sa naissance de faire d'elle une "star". Maïwenn fait ses débuts sur les planches à l'âge de trois ans et court les castings sur l'injonction de sa mère, pour lui faire plaisir et sans se poser de questions sur sa propre vocation. Elle déclare plus tard : "ma mère ne m'aimait qu'à travers un écran de cinéma"Myriam Bru témoigne : "Sa mère n'avait pas fait de carrière et voulait à tout prix qu'elle soit actrice. À trois ans, elle la traînait dans tous les castings. Après, Maïwenn y allait toute seule, un gosse dans chaque main, un autre dans le dos. C'était démentiel, extrêmement touchant, elle était leur maman. J'ai refusé d'être son agent. Je sentais trop le désir de la mère et pas assez celui de l'enfant<ref name="Elle tuerait père et mère"/>".

Maïwenn a par la suite des rapports difficiles, puis distants, avec ses parents, qualifiant sa mère d'"actrice ratée" qui aurait été poussée par la "névrose" à faire de sa fille une vedette. Elle déclare également avoir été victime de maltraitance physique de la part de ses deux parents après la séparation de ceux-ci. Selon ses dires, elle aurait été battue par son père vers l'âge de sept ou huit ans, puis par sa mère durant son adolescence : "[Ma mère] a commencé à me frapper quand mon corps a changé, quand je suis devenue ado. Je sentais énormément de jalousie, elle n'arrivait plus à se positionner comme mère, elle se trouvait en concurrence. Je lui faisais peur. Ma mère dit que j'invente tout pour plaire aux journalistes, que j'ai trouvé mon fonds de commerce. Ma mère, c'est un poison pour moi. Elle me pourrit la vie. Elle épluche toutes mes interviews. Elle me harcèle d'un tsunami de mails et de messages sur mon portable comme quoi je suis mytho. Jamais elle ne se positionne comme la mère d'une victime. […] Elle a rédigé elle-même ma fiche Wikipédia, sans que je lui demande rien. […]. Dans mon milieu bobo, de gauche, psycho-Françoise-Dolto, on m'a toujours dit : « Arrête de croire que quand le bourreau demande pardon à sa victime, cela règle en partie le problème »". Par la suite, elle se rapproche quelque peu de son père, tout en conservant avec sa mère des rapports conflictuels : "Mon père m’a maltraitée physiquement et verbalement. Mais il le reconnaît, c’est important. Ma mère, qui a été physiquement violente jusqu’à mes 15 ans, continue de nier."

Carrière

Durant son enfance, le cinéma fait très vite appel à elle : Jean-Loup Hubert lui confie son premier rôle dans L'Année prochaine... si tout va bien avec Isabelle Adjani, Thierry Lhermitte et Marie-Anne Chazel. Jean Becker lui confie le rôle d'Éliane enfant (le personnage adulte étant joué par Isabelle Adjani) dans L'Été meurtrier, où elle donne la réplique à Michel Galabru.

Sa première apparition sur scène a lieu au Conservatoire sous la direction d'Aurélien Recoing. Elle est remarquée par Antoine Vitez qui lui confie un rôle dans Hippolyte de Robert Garnier au Théâtre national de Chaillot. Plus tard, elle joue à Bobino sous la direction de Daniel Mesguich, avant de participer aux représentations d'une pièce de Marivaux et d'une autre de Franz Kafka, Le Terrier, mises en scène par Frédéric Keppler. Elle n'apprécie guère ces expériences et se sent plus à son aise sur les plateaux de cinéma.

Elle apparaît aussi à la télévision dans Le Noël de Maigret et Double Face, avant de participer au feuilleton La Famille Ramdam. Elle arrête sa scolarité à l'âge de onze ans.

En février 1990, elle remporte le concours mannequin du magazine de mode pour adolescentes 20 Ans ; elle a alors treize ans.

Francis Girod lui confie le premier rôle féminin dans Lacenaire où elle a pour partenaire Daniel Auteuil. Puis Hervé Palud lui propose le rôle-titre de La Gamine où elle partage l'affiche avec Johnny Hallyday. Peu convaincue de sa vocation, elle tourne ce dernier film sans y accorder d'intérêt.

En 1991, âgée de quinze ans, Maïwenn fait la connaissance de Luc Besson lors de la cérémonie des César. Elle se marie avec lui l'année suivante et, le 3 janvier 1993, donne naissance à leur fille Shanna.

Après le début de sa liaison avec Luc Besson, elle commence à refuser tous les rôles qu'on lui propose : "Je refusais d'être là où on m'attendait : une comédienne de quinze ans qui va faire le rôle principal du prochain Besson. C'était ma façon de lui dire : « Je t'aime pour ce que tu es, pas pour ce que tu peux m'apporter ». Et de clouer le bec à ma mère : « Regarde comme je suis différente de toi, j'aime cet homme mais je ne veux pas travailler avec lui alors que toi, tu n'attends que ça de moi »"Beverly Hills et reprend des études, intégrant notamment une école de mode. Elle tient un petit rôle (créditée sous le nom de Ouin-Ouin) dans Léon, dont elle réalise le making-of, et interprète sous un épais maquillage le personnage de la Diva Plavalaguna dans Le Cinquième Élément. Elle ne tient cependant ce dernier rôle que pour remplacer l'actrice initialement prévue, qui s'était désistée en dernière minute<ref name="Télécinéobs" />.

En 1996, sur le tournage du Cinquième Élément, Luc Besson tombe sous le charme de Milla Jovovich et se sépare de Maïwenn peu après la sortie du film. Maïwenn sombre ensuite dans la dépression : « Je suis devenue boulimique. J'ai pris vingt-cinq kilos en quelques mois. Comme je sortais beaucoup, j'ai eu la tentation de sombrer dans la drogue ou l'alcool. » Revenue en France sans compte en banque ni numéro de sécurité sociale, elle reprend progressivement sa carrière d'actrice et suit des cours de théâtre.

Encouragée par sa professeure de théâtre Corine Blue à réaliser, durant un cours, une improvisation sur sa mèreLe Pois chiche, qu'elle interprète au Café de la Gare, sous la direction d'Orazio Massaro qui en assure également la mise en scène. Le spectacle, conçu en partie comme un règlement de comptes avec son passé et sa famille, remporte un succès public et critique, Maïwenn s'étant particulièrement impliquée dans l'organisation de son lancement<ref name="Télécinéobs" />.

Elle se marie en décembre 2002 soit sept mois après leur rencontre, avec l'homme d'affaires Jean-Yves Le Fur avec qui elle a un enfant, Diego né en juillet 2003. Le couple se séparera en 2004.

Elle tourne à la même époque dans un film d'horreur d'Alexandre Aja, Haute Tension, avec Cécile de France, qui est notamment remarqué aux États-Unis. Dans Les Parisiens et Le Courage d'aimer de Claude Lelouch, elle interprète une jeune chanteuse cynique. Poursuivant son activité de scénariste, Maïwenn Le Besco écrit son premier court-métrage I'm an actrice, qu'elle décide finalement de réaliser. Le film est interprété par sa fille Shanna Besson. Le tournage lui laisse l'impression d'une expérience assez scolaire, mais lui permet de roder ses capacités de réalisatrice.

En novembre 2006 sort le film Pardonnez-moi, que Maïwenn a écrit, produit (fondant pour l'occasion sa propre société de production, MAI), réalisé et dont elle tient le rôle principal. Écrit et tourné à la manière d'un documentaire autobiographique, ce premier long-métrage en tant que réalisatrice raconte la révolte d'une jeune femme contre son père qui autrefois la battait. Elle obtient pour ce film deux nominations aux César 2007 : celui du meilleur espoir féminin et celui du meilleur premier film.

Son deuxième long-métrage Le Bal des actrices, sorti en 2009, réunit de très nombreuses comédiennes, pour un faux documentaire, aux allures de comédie musicale, sur la face cachée des actrices. Chacune interprète une chanson d'un compositeur attitré, et la musique du film est supervisée par Gabriel Yared. Maïwenn décrit par la suite le film comme du "Voici-chic". Engagé tout d'abord pour composer une chanson à l'attention de Charlotte Rampling, JoeyStarr se voit finalement confier le rôle du compagnon de Maïwenn : son rôle de papa-poule, contrastant avec son image de rebelle, lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle en 2010. Maïwenn et JoeyStarr, couple à l'origine purement fictif, entament par ailleurs une véritable histoire d'amour.

Le film est remarqué par la critique et reçoit le prix Henri-Langlois 2009 de la « révélation », tout en rencontrant le succès auprès du grand public avec 200000 entrées avant la deuxième semaine, avec 116 copies. Elle préside le jury pour l'attribution du prix Cartier du Festival de Deauville 2009 et remet la palme au film The Messenger.

Son troisième film en tant que réalisatrice, Polisse, où elle joue aux côtés de Karin Viard, Marina Foïs et JoeyStarr - elle se sépare de ce dernier après le tournage - a pour cadre le quotidien de la brigade de protection des mineurs de Paris. Il obtient le prix du Jury au festival de Cannes 2011 et remporte un succès au box office français.

Elle devient la nouvelle égerie de la marque Chanel, choisie par Karl Lagerfeld, en juin 2012 avec Brad Pitt. Elle confie à Be magazine : « Les photos sont extrêmement simples […]. Une ambiance plateau de cinéma, je fais mine de chercher l'inspiration, de travailler sur mes lumières ».

Elle participe ensuite au nouveau film des frères Larrieu, dont la sortie est prévue en 2014.

Le 28 mars 2013, au cinéma du Panthéon, à Paris, elle s'associe à une pétition signée par 1600 personnalités du cinéma français contre François Hollande, Michel Sapin, son ministre du Travail, et Aurélie Filipetti, ministre de la Culture suite la décision du ministère du Travail de valider la convention collective signée par la CGT et quatre grands groupes: Pathé, Gaumont, UGC et MK2 pour que les techniciens soient mieux payés et qu'un nombre minimum de postes soient imposés pour chaque tournage.

Filmographie

Cinéma

Comme actrice
  • 1981 : L'Année prochaine... si tout va bien de Jean-Loup Hubert : Prune
  • 1983 : L'Été meurtrier de Jean Becker : Éliane jeune
  • 1986 : L'État de grâce de Jacques Rouffio
  • 1987 : Cinématon de Gérard Courant : elle-même
  • 1988 : L'Autre Nuit de Jean-Pierre Limosin : Joan
  • 1990 : Lacenaire de Francis Girod : Hermine
  • 1991 : La Gamine de Hervé Palud : Carole Lambert
  • 1994 : Léon de Luc Besson : Ouin-Ouin (la jeune femme blonde)
  • 1996 : Le Cinquième Élément de Luc Besson : La diva
  • 2000 : La Mécanique des femmes de Jérôme de Missolz
  • 2001 : 8, rue Charlot de Bruno Garcia : Karine
  • 2003 : Haute Tension de Alexandre Aja : Alex
  • 2004 : Osmose de Raphaël Fejtö : une amie à la fête
  • 2004 : Les Parisiens de Claude Lelouch : la chanteuse Shaa
  • 2005 : Le Courage d'aimer de Claude Lelouch : Shaa
  • 2006 : Pardonnez-moi : Violette
  • 2008 : Le Bal des actrices : Maïwenn
  • 2011 : Polisse : Melissa
  • 2012 : Télé gaucho de Michel Leclerc: Yasmina
  • 2013 : L'amour est un crime parfait d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu
  • Comme réalisatrice et scénariste
  • 2004 : I'm an Actrice (court-métrage).
  • 2006 : Pardonnez-moi - également productrice
  • 2009 : Le Bal des actrices
  • 2011 : Polisse
  • 2015 : Rien ne sert de courir
  • Télévision

    Comme actrice
  • 1983 : Les Enquêtes du commissaire Maigret, épisode : Un Noël de Maigret de Jean-Paul Sassy
  • 1985 : Double Face (téléfilm) : la fillette
  • 1990 : La Famille Ramdam, série télévisée de Christiane Lehérissey
  • 2001 : L'Oiseau rare, téléfilm de Didier Albert : Diane
  • 2002 : Caméra Café, un épisode (« La fiancée venue du froid » : Hervé s'est inscrit sur des sites de rencontres de l'Europe de l'Est.)
  • Publicité

    Comme réalisatrice
  • 2012 : Meetic
  • Clip

    Comme réalisatrice
  • 2013 : Dani, L'amour est un oiseau rebelle
  • Théâtre

    • Hippolyte de Robert Garnier, Théâtre national de Chaillot
    • 2003 : Le Pois chiche, one-woman-show au Café de la Gare - également auteur

    Distinctions

    Récompenses

    • Festival du film d'aventures de Valenciennes 2007 : prix Robert-Enrico pour Pardonnez-moi
    • Festival des jeunes talents 2007 : Meilleur film au pour Pardonnez-moi
    • Festival de Sarlat 2006 : prix Découverte pour Pardonnez-moi
    • Festival international des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz 2006 : Prix du meilleur premier film et prix du jury jeune pour Marie-France Pisier au pour Pardonnez-moi
    • Prix Henri-Langlois de la révélation 2009 pour Le Bal des actrices
    • Festival de Cannes 2011 : Prix du jury pour Polisse
    • Grand Prix Cinéma des lectrices de Elle 2011 pour Polisse
    • Coup de cœur des cinéma Gaumont-Pathé pour Polisse
    • Festival Cinemania 2011 : Prix du public pour Polisse
    • Prix Lumières du meilleur réalisateur pour Polisse (2012)
    • Trophée de la personnalité de l'année 2011 (décerné par les internautes et les lecteurs du Film français)
    • Prix Cinéma de la SACD 2012 pour Polisse

    Nominations

    • Césars 2007 :
      • César du meilleur espoir féminin pour Pardonnez-moi (en tant qu'actrice)
      • César du meilleur premier film pour Pardonnez-moi (en tant que réalisatrice)
    • Césars 2012 :
      • César du meilleur film pour Polisse
      • César du meilleur réalisateur pour Polisse
      • César du meilleur scénario original pour Polisse

    Décoration

    • 2012 : nommée Chevalier de l'Ordre des arts et lettres

    Notes et références

    Liens externes

    Maïwenn
     
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