Biographie de Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud est un poète français, né le à Charleville et mort le à Marseille. Bien que brève, la densité de son œuvre poétique fait d'Arthur Rimbaud une des figures premières de la littérature française.

Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à 15 ans. Selon lui, le poète doit être « voyant » et « il faut être absolument moderne ». Il entretient une aventure amoureuse tumultueuse avec le poète Paul Verlaine. À l'âge de vingt ans, il renonce subitement à l’écriture, sans avoir encore été véritablement publié, pour se consacrer davantage à la lecture, ainsi qu'à la poursuite de sa pratique des langues.

Ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires le poussent à choisir une vie aventureuse, dont les pérégrinations l’amènent jusqu’en Abyssinie, où il devient négociant (quincaillerie, bazar, vêtements, café etc.), quand ce n'est pas explorateur. Sa tentative d'armer Menelik avec l'aval du Consul de France s'avéra désastreuse pour lui (cf. ci-dessous)... Son unique « trafic d'armes » n'eut véritablement qu'une incidence politique symbolique, mais contribua à sa légende. De cette seconde vie, exotique, les seuls écrits connus consistent en près de 180 lettres (correspondance familiale et professionnelle) et quelques descriptions géographiques.

Des vers comme ceux du Bateau ivre, du Dormeur du val ou de Voyelles comptent parmi les plus célèbres de la poésie française. La précocité de son génie et sa vie aventureuse contribuent à forger la légende du poète.

Biographie

Famille et enfance

Arthur Rimbaud est né en 1854 à Charleville dans les Ardennes. Son père, Frédéric Rimbaud, capitaine d'infanterie, est né à Dole, le . Sa mère, Vitalie Rimbaud, née Marie Catherine Vitalie Cuif à Roche le , est une paysanne. Ils se sont mariés à Charleville le et habitent un appartement au 12, rue Napoléon à Charleville. Le couple n’est réuni qu’au gré de rares permissions, le temps d’avoir cinq enfants cependant :
  • Jean-Nicolas-Frédéric (1853-1911) le ;
  • Jean-Nicolas-Arthur le ;
  • Victorine-Pauline-Vitalie, le (elle mourut le mois suivant) ;
  • Jeanne-Rosalie-Vitalie (1858-1875) le ;
  • Frédérique-Marie-Isabelle (1860-1917), le .

Après la naissance de cette dernière, le couple vit séparé ; le capitaine Rimbaud ne reviendra plus à Charleville.

Se déclarant veuve, la mère déménage avec ses enfants, en 1861, pour habiter au 73, rue Bourbon, dans un quartier ouvrier de Charleville. En octobre, le jeune Arthur entame sa scolarité, il entre en neuvième à l'institution Rossat où il récolte les premiers prix.

Figure rigide et soucieuse de respectabilité, vigilante sur l’éducation de ses enfants, Vitalie Rimbaud rend le climat familial étouffant.

Fin 1862, la famille déménage à nouveau pour un quartier bourgeois au 13, cours d’Orléans.

Le poète

Premières compositions (1865 à 1869)
En 1865, à la rentrée de Pâques, Arthur Rimbaud quitte l'institution Rossat à Charleville où il a passé le début de sa sixième, et entre au collège municipal de Charleville, où il se montre excellent élève ; collectionnant les prix d'excellence en littérature, version et thème latins… Il rédige en latin avec aisance, des poèmes, des élégies, des dialogues. Mais, comme cet extrait de son poème Les Poètes de sept ans le laisse imaginer, il bout intérieurement :

En juillet 1869, il participe aux épreuves du Concours académique où il remporte facilement le premier prix de vers latins sur le thème « Jugurtha ». Le principal du collège Jules Desdouets aurait dit de lui : "Rien d'ordinaire ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou celui du Bien.". En obtenant tous les prix dès l’âge de quinze ans, il s'affranchit des humiliations de la petite enfance. Pendant ces années, il a comme ami Ernest Delahaye, avec qui il échange de nombreuses lettres.

Rencontre avec Georges Izambard (janvier 1870)

En janvier 1870, alors en classe de rhétorique, Arthur Rimbaud se lie d'amitié avec Georges Izambard, son professeur de rhétorique, qui débute sa carrière à 22 ans. Ce dernier lui prête des livres, tel les Misérables de Victor Hugo qui font bondir sa mère , « La bouche d’ombre » ou encore, « La Daromphe ».

De cette époque, subsistent les premiers vers : , parus dans la Revue pour tous en janvier 1870. L’orientation poétique est alors celle du Parnasse avec la revue collective, Le Parnasse contemporain.

Lettre à Théodore de Banville (mai 1870)

Le 24 mai 1870, Arthur Rimbaud, alors âgé de quinze ans et demi, écrit au chef de file du Parnasse, Théodore de Banville. Dans cette , il transmet ses volontés de : « devenir Parnassien ou rien » et se faire publier. Pour cela, il joint trois poèmes : Ophélie, Sensation et Credo in unam. Banville lui répond, mais les poèmes en question ne paraîtront pas dans la revue.

Rimbaud songe alors à se rendre dans la capitale pour .

Première fugue à Paris (août-septembre 1870)

Le collégien vient de rafler les prix les plus prestigieux. Au cours des vacances scolaires de 1870, le 29 août, quelques jours avant la bataille de Sedan, Arthur trompe la vigilance de sa mère et se sauve avec la ferme intention de se rendre dans la capitale.

Contrôlé à son arrivée gare du Nord, il ne peut présenter qu’un billet de transport irrégulier. Les temps troublés n’invitent pas à la clémence. Tandis que les armées prussiennes se préparent à faire le siège de Paris et que la Troisième République est sur le point d’être proclamée, le voilà détenu dans la prison Mazas.

De sa cellule, il écrit à Georges Izambard, à Douai, pour lui demander de payer sa dette. Le professeur exécute sa demande et lui paie également le voyage pour se rendre à Douai, lui offrant l’hospitalité avant de le laisser retourner dans son foyer.

Rimbaud débarque à Douai vers le 8 septembre. Redoutant le retour à Charleville, il y reste trois semaines. Pendant ce temps, l'armée prussienne encercle la capitale à partir du 19 septembre. Jusqu’ici antimilitariste déclaré, Rimbaud est pris d'élans martiaux depuis la capitulation de Sedan. Si bien, qu’il est décidé à suivre son professeur parti s’engager volontairement dans la Garde nationale. N’étant pas majeur, il en sera empêché malgré ses protestations.

Par ailleurs, Rimbaud fait la connaissance du poète Paul Demeny, un vieil ami de son hôte. Celui-ci est codirecteur d’une maison d’édition : La Librairie artistique, où il a fait paraître un recueil de poésies (Les Glaneuses). Rimbaud saisit l’occasion et, dans l’espoir d’être édité, lui dépose une liasse de feuillets où il a recopié quinze de ses poèmes.

Izambard, qui a prévenu Vitalie Rimbaud de la présence de son fils à Douai, en reçoit la réponse : "[…] chassez-le, qu’il revienne vite !". Pour calmer les esprits, il décide de raccompagner son élève jusqu'à Charleville. À leur arrivée, l’accueil est rude : une volée de gifles pour le fils, une volée de reproches, en guise de remerciements, pour le professeur qui, ébahi, « s’enfuit sous l’averse ».

Le « Recueil Demeny » (les Cahiers de Douai)

Le 6 octobre, nouvelle fugue. Paris étant en état de siège, Arthur part à Charleroi — il relate cette arrivée dans le sonnet, . Rêvant d’être journaliste, il tente, sans succès, de se faire engager comme rédacteur dans le Journal de Charleroi. Dans l’espoir de retrouver Izambard, il se rend à Bruxelles puis à Douai où son professeur arrive quelques jours après, aux ordres de Vitalie Rimbaud, pour le faire revenir escorté de gendarmes. Ce fut fait le .

Entre-temps, il est passé chez Paul Demeny pour lui déposer les sept poèmes composés au cours de ce dernier périple (des versions antérieures seront remises au parnassien, Théodore de Banville et à Izambard). Le , Rimbaud écrira à Demeny : «… brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de mon séjour à Douai ». Ceux-ci ont été répertoriés par les biographes sous l’appellation de Cahiers de Douai ou « Recueil Demeny ». Rimbaud parviendra toutefois à publier dans Le Progrès des Ardennes du , un récit satirique, , sous le pseudonyme de Jean Baudry. Rimbaud y développe, après Victor Hugo, la symbolique d'une ville de Paris, lumière de la Révolution, qui sera autrement difficile à combattre pour les Prussiens. Rimbaud prédit que Bismarck s'y brûlera le nez.

Les lettres à Paul Demeny (Lettres du Voyant, mai 1871)

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La réouverture du collège est retardée d'octobre 1870 à avril 1871. En février 1871, à l'issue du siège de Paris, Rimbaud fait une nouvelle fugue vers la capitale. La situation politique du pays est tendue et Rimbaud cherche à entrer en contact avec de futurs communards comme Jules Vallès et Eugène Vermersch, mais aussi avec le milieu des poètes ; il rencontre aussi le caricaturiste André Gill.

Rimbaud revient à Charleville avant le début de la Commune. Plusieurs témoignages prétendent qu'il est retourné à Paris à ce moment-là , bien que ceci reste impossible à démontrer dans l'état actuel des recherches. Quoi qu'il en soit, la Commune suscita l’enthousiasme du poète. Son ami Ernest Delahaye se rappelle le 20 mars 1871 où tous les deux ont lancé à la « figure décomposée » des boutiquiers de Charleville : « L’ordre est vaincu ! » . Le poème , que le poète a placé en tête de sa lettre à Paul Dumény du 15 mai 1871 célèbre « le printemps » qui a vu le peuple prendre le pouvoir ; quant aux Mains de Jeanne-Marie, il les voit « merveilleuses […] / Sur le bronze des mitrailleuses. »

Il ressentit ensuite très profondément la tragédie de la répression. Dans , envoyé à Verlaine dans une lettre de septembre 1871, il évoque Paris après la Commune dont « les pieds ont dansé si fort dans les colères », Paris qui reçut « tant de coups de couteau ». Le poème dénonce la lâcheté des vainqueurs auxquels Rimbaud s'adresse (« Ô lâches, la voilà [Paris] ! Dégorgez dans les gares ! »).

Sa poésie se radicalise encore, devient de plus en plus sarcastique : Les Pauvres à l’Église, par exemple. L'écriture se transforme progressivement. Rimbaud en vient à critiquer fortement la poésie des romantiques et des Parnassiens, et dans sa lettre à Izambard du , il affirme son rejet de la « poésie subjective ». C'est également dans la , adressée le 15 mai à Paul Demeny, qu'il exprime sa différence en exposant sa propre quête de la poésie : il veut se faire « voyant », par un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ».

Selon Paul Verlaine, Rimbaud aurait composé à la suite de la semaine sanglante le poème Les Veilleurs, qu'il décrit dans comme « ce que M. Arthur Rimbaud a écrit de plus beau, de beaucoup ! » ; ce poème a été perdu.

Relations avec Verlaine (août 1871 à juillet 1873)

Il est difficile de situer le début de la relation épistolaire avec Paul Verlaine. Celui-ci prétend avoir reçu très peu de courriers et ne parle que de l'envoi des Premières communions et des Effarés. Un ami de Rimbaud, Charles Auguste Bretagne, le met en contact avec Paul Verlaine et un courrier a dû sceller le prochain départ de Rimbaud pour Paris vers le mois d'août. En août 1871, dans son poème parodique, Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs, Rimbaud exprime une critique ouverte de la poétique de Banville. Finalement Verlaine l'appelle à Paris : « Venez chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ! » Bien que brillant élève, Arthur Rimbaud ne retourne pas au collège.

Rimbaud arrive dans la capitale vers le . Il est présenté et très bien accueilli par ses pairs plus âgés, au dîner des « Vilains Bonshommes » le 30 septembre. Il y rencontre une part essentielle des grands poètes de son temps. Il est successivement logé par Verlaine, rue Nicolet, non sans heurts avec la femme de ce dernier, puis chez Charles Cros, André Gill, Ernest Cabaner et même quelques jours chez Théodore de Banville. Le 20 octobre 1871, Rimbaud a tout juste dix-sept ans. Il a atteint sa maturité poétique comme en témoignent plusieurs chefs-d'œuvre comme Les Premières communions et Le Bateau ivre.

En mars 1872, les provocations de Rimbaud excèdent le milieu parisien depuis quelque temps. L'incident avec Étienne Carjat au dîner des Vilains Bonshommes du 2 mars 1872 est la goutte qui fait déborder le vase. Rimbaud complètement saoul y a blessé le célèbre photographe d'un coup de canne-épée. Pour sauver son couple et rassurer ses amis, Verlaine se condamne à éloigner Rimbaud de Paris.

Rimbaud se fait oublier quelque temps en retournant à Charleville, puis revient à la capitale, dans le courant du premier semestre 1872, pour de nouveau quitter Paris le 7 juillet, cette fois en compagnie de Verlaine, qui a délaissé sa femme et son enfant. La femme de Verlaine rompt alors avec lui. Commence pour Rimbaud et son aîné une liaison amoureuse et une vie agitée de juillet 1872 à juin 1873 : ils vivent à Londres et Rimbaud revient occasionnellement en France.

Cette liaison tumultueuse se termine par ce que la chronique littéraire désigne sous le nom de « drame de Bruxelles » : en juin 1873, les deux amants sont à Londres. Verlaine quitte brusquement Rimbaud, en affirmant vouloir rejoindre sa femme, décidé à se tirer une balle dans la tête si elle ne l'accepte pas. Il retourne alors à Bruxelles et réside dans un hôtel. Rimbaud le rejoint, persuadé que Verlaine n'aura pas le courage de mettre fin à ses jours. Le 10 juillet 1873, alors que Rimbaud veut le quitter, Verlaine, ivre, tire sur lui à deux reprises, le blessant légèrement au poignet. Verlaine est incarcéré à la prison de Bruxelles puis transféré à Mons. Même si Rimbaud a retiré sa plainte, Verlaine est condamné en août 1873 à deux ans de prison pour blessure avec arme à feu.

Une Saison en enfer et Les Iluminations (1873-1874)

Fin juillet 1873, Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche où il s’isole pour écrire Une saison en enfer. Son parcours littéraire s'achève par l'irruption de « la réalité rugueuse à étreindre ». Les volumes d'Une Saison en enfer sont imprimés à Bruxelles à compte d'auteur, en octobre 1873. Ils seront réédités, sans l'autorisation de leur auteur, en septembre 1880 dans La Vogue.

Fin mars 1874, Rimbaud retourne un temps à Londres en compagnie du poète Germain Nouveau, qui participe à la mise au net des manuscrits des Illuminations. Venant d’avoir vingt ans en octobre 1874, il ne peut se rendre à temps devant le conseil de révision pour le tirage au sort. Le maire de Charleville s’en charge et n’a pas la main heureuse. De retour à Charleville le 29 décembre, Rimbaud fait valoir un article de la loi sur le recrutement du 27 juillet 1872, qui le fait bénéficier d’une dispense grâce à son frère Frédéric, déjà engagé pour cinq ans. Il est donc dispensé du service militaire, mais pas de la période d’instruction (à laquelle il se dérobera).

« L’Homme aux semelles de vent »

Abandon de la poésie (1875)

Après avoir étudié l’allemand depuis le début de l’année 1875, Rimbaud part pour l'Allemagne le 13 février, pour se rendre à Stuttgart, afin de parfaire son apprentissage de la langue. Verlaine, libéré depuis le 16 janvier, après dix-huit mois d’incarcération, transformé par des accès mystiques, vient le voir « un chapelet aux pinces… Trois heures après on avait renié son dieu et fait saigner les quatre-vingt-dix-huit plaies de N.S. [Verlaine] est resté deux jours et demi…[et]...s’en est retourné à Paris… ». Rimbaud remet à Verlaine les manuscrits des Illuminations, afin qu'il les remette à Germain Nouveau, pour une éventuelle publication.

Fin mars 1875, Rimbaud quitte Stuttgart avec, maintenant, l’envie d’apprendre l’italien. Pour ce faire, il traverse la Suisse en train et, par manque d’argent, franchit le Saint-Gothard à pied. À Milan, une veuve charitable lui offre opportunément l'hospitalité. Il y reste une trentaine de jours puis reprend la route. Victime d’une insolation sur le chemin de Sienne, il est soigné dans un hôpital de Livourne puis est rapatrié le 15 juin, à bord du vapeur Général Paoli. Débarqué à Marseille, il est à nouveau hospitalisé quelque temps. Après ces aventures « épastrouillantes » [dixit Ernest Delahaye], il annonce à ce dernier son intention d’aller s’engager dans les carlistes, histoire d’aller apprendre l’español [sic], mais ne la concrétisera pas.

Redoutant les remontrances de la Mother, il traîne des pieds en vivant d’expédients dans la cité phocéenne.

Rimbaud fait son retour mi-août 1875 à Charleville où, entre-temps, sa famille a changé de logement. À l’instar de son ami Delahaye, Rimbaud envisage de passer son baccalauréat ès sciences avec l’objectif de faire Polytechnique, ce qu’il ne peut réaliser, car vingt ans est l’âge limite pour y accéder et, en cet automne 1875, il en a vingt et un. Nouvelle foucade : il suit des cours de solfège et de piano et obtient le consentement de la mère pour installer l’instrument au logis. À ce moment, Verlaine, qui reçoit des nouvelles de Rimbaud par l’échange d’une correspondance assidue avec Delahaye, est en demande d’anciens vers d’Arthur. Delahaye lui répond : « Des vers de lui ? Il y a beau temps que sa verve est à plat. Je crois même qu’il ne se souvient plus du tout d’en avoir fait. »

Le 18 décembre 1875, sa sœur Vitalie meurt à dix-sept ans et demi d’une synovite tuberculeuse. Le jour des obsèques, les assistants regardent avec étonnement le crâne rasé du fils cadet.

Vers les Indes néerlandaises (1876)

Après avoir mûri quelques solutions pour découvrir d’autres pays à moindres frais, Rimbaud reprend la route en mars 1876, pour se rendre en Autriche. Le périple envisagé tourne court : à Vienne en avril, il est dépouillé par un cocher puis arrêté pour vagabondage, est expulsé du pays et se voit contraint de regagner Charleville.

Aux environs de mai, il repart, cette fois en direction de Bruxelles. S’est-il fait racoler par les services d’une armée étrangère ? Toujours est-il qu’il se présente, au bureau de recrutement de l’armée coloniale néerlandaise, pour servir dans les Indes orientales néerlandaises.

Muni d’un billet de train, il aboutit dans la caserne d’Harderwijk, le 18 mai, où il signe un engagement pour six ans. Rimbaud et les autres mercenaires, équipés, formés sont chargés de réprimer une révolte dans l’île de Sumatra. Le 10 juin, riches de leur prime , ils sont transportés à Den Helder, pour embarquer à bord du Prins van Oranje, direction Java. Après une première escale à Southampton et le contournement de Gibraltar, le voyage connaît quelques désertions lors d’escales ou passages près des côtes : Naples, Port-Saïd, traversée du canal de Suez, Suez, Aden et Padang. Le 23 juillet, le vapeur accoste à Batavia (aujourd'hui Jakarta). Une semaine après, les engagés reprennent la mer jusqu’à Semarang dans le centre de Java pour être acheminés en train à la gare de Tuntang, et de là à pied jusqu’à la caserne de Salatiga.

En possession de la seconde partie de sa prime, goûtant peu la discipline militaire, Rimbaud déserte. Quelques semaines lui sont nécessaires pour se cacher et retourner à Semarang où il se fait enrôler sur le Wandering Chief, un voilier écossais qui appareille le 30 août pour Queenstown, en Irlande. Au bout d’un mois de mer, le navire essuie une tempête en passant le cap de Bonne-Espérance. La mâture détériorée, il continue néanmoins sa route sur Sainte-Hélène, l’île de l'Ascension, les Açores… Arrivé à Queenstown le 6 décembre, « Rimbald le marin » (comme le surnommera Germain Nouveau quand il le rencontrera à Paris), poursuit par les étapes suivantes : Cork, Liverpool, Le Havre, Paris et « Charlestown » (ainsi qu'il appelait Charleville).

1877 : voyages en Europe

La belle saison revenue, Arthur Rimbaud quitte à nouveau Charleville en 1877. Son entourage et ses amis peinent à suivre son itinéraire durant cette année. Les seules sources de renseignements, souvent contradictoires, viennent de son ami Ernest Delahaye et de sa sœur Isabelle.

Seule certitude : sa présence à Brême le 14 mai où il a rédigé une lettre en anglais au consul des États-Unis d’Amérique, lettre signée John Arthur Rimbaud, et dans laquelle il demande « à quelles conditions il pourrait conclure un engagement immédiat dans la Marine américaine », en faisant valoir sa connaissance des langues anglaise, allemande, italienne et espagnole. Il ne reçut apparemment pas de réponse favorable, car, selon Delahaye, il se serait rendu à Cologne puis à Hambourg, pour divers projets inaboutis.

En juin, le nom de Rimbaud est cité sur le registre des étrangers à Stockholm. Le 16 juin, Delahaye écrit à Verlaine : « Du voyageur toqué pas de nouvelles. Sans doute envolé bien loin, bien loin… » Le 9 août, le même épistolier informe son ami Ernest Millot « qu’il a été signalé dernièrement à Stockholm, puis à Copenhague, et pas de nouvelles depuis. Dix-neuf ans plus tard, Delahaye rapportera dans une lettre à Paterne Berrichon, du , qu’à Hambourg, Arthur s’engagea « dans la troupe du cirque Loisset, comme interprète, il passa ainsi à Copenhague, puis à Stockholm d’où rapatrié par consul français ». Pour sa part, Isabelle Rimbaud, réfutera l’épisode du cirque, mais citera un emploi dans une scierie en Suède dans une lettre du à Paterne Berrichon, qu'elle épousera ensuite. Isabelle révélera également que son frère « visita les côtes du Danemark, de la Suède et de la Norvège, puis revint par mer jusqu’à Bordeaux, sans passer le moins du monde par Hambourg ».

Après un passage à Charleville, Rimbaud se rend à Marseille en septembre où il embarque pour Alexandrie en Égypte. Pris de douleurs gastriques, peu après le début de la traversée, il est débarqué à Civitavecchia, en Italie. Il retourne à Marseille, puis en direction des Ardennes pour y passer l’hiver. Vers cette période, Vitalie Rimbaud habite à Saint-Laurent, dans une propriété héritée de sa famille (les Cuif).

1878-1879 : départ pour l'Égypte et Chypre

Si l’on fait abstraction d’hypothétiques témoignages : voyage à Hambourg et périple en Suisse pour Berrichon et « vu dans le quartier latin, vers Pâques » par un ami d’Ernest Delahaye, les neuf premiers mois de l’année 1878 ne sont pas plus riches de renseignements fiables que ceux de l’année précédente. En avril, les fermiers de Roche ne désirant pas renouveler leur bail, Vitalie Rimbaud s’installe définitivement dans la ferme pour la diriger. Fin juillet, Ernest Delahaye écrit : « L'homme aux semelles de vent est décidément lavé. Rien de rien ». Pendant l'été 1878, Arthur revient à Roche et participe aux moissons auprès de son frère Frédéric, de retour de ses cinq années d’armée.

Le 20 octobre 1878, jour de ses vingt-quatre ans, Rimbaud reprend la route ; il passe les Vosges, en particulier le col de Bussang, traversé « dans cinquante centimètres de neige en moyenne et par une tourmente signalée ». Il franchit le Saint-Gothard dans « l'embêtement blanc qu'on croit être le milieu du sentier » et traverse l’Italie jusqu’à Gênes. Le dimanche 17 novembre, il décrit les péripéties de son périple dans une longue lettre à sa famille. Le même jour, son père meurt à Dijon.

Le 19 novembre, Rimbaud s'embarque de Gênes pour Alexandrie. Arrivé vers le 30 novembre, il se met à chercher du travail. Un ingénieur français, lui propose de l'employer sur un chantier situé sur l’île anglaise de Chypre. Pour conclure l'affaire, il demande un indispensable certificat de travail à sa mère (lettre écrite d’Alexandrie, en décembre 1878).

Le 16 décembre, Rimbaud est chef de chantier à à l’est du port de Larnaca à Chypre, dans l'entreprise Ernest Jean & Thial fils. Chargé de diriger l’exploitation d’une carrière de pierres, il tient les comptes et s’occupe de la paie des ouvriers.

En 1879, atteint de fièvres (peut-être dues au paludisme), il quitte Chypre muni d’une attestation de travail, datée du 28 mai. En convalescence à Roche, il se rétablit suffisamment pour apporter son aide aux moissons d’été.

Après une ultime visite de son ami Delahaye en septembre, Arthur n’attend pas la saison froide et part avec l’intention de retourner à Alexandrie. Repris par un accès de fortes fièvres à Marseille, il se résout à passer l’hiver dans sa famille .

Entre la Corne de l'Afrique et l'Arabie

Chypre et Aden (1880)

Sa santé recouvrée en mars 1880, voilà de nouveau Rimbaud à Alexandrie. Ne trouvant pas d’emploi, il débarque à Chypre. Ses anciens employeurs ont fait faillite ; il réussit à décrocher un travail de surveillant dans un chantier de construction. Il s'agit de la future résidence d'été du gouverneur anglais, que l'on bâtit au sommet des monts Troodos.

À la fin du mois de juin, Arthur Rimbaud quitte l’île « après des disputes […] avec le payeur général et [son] ingénieur. ». Rendu dans le port d'Alexandrie, il n'envisage plus de retour en France.

Après avoir navigué le long du canal de Suez jusqu’en mer Rouge, il cherche du travail dans différents ports : Djeddah, Souakim, Massaouah… À Hodeidah, au Yémen, où il tombe à nouveau malade, il rencontre Trébuchet, un représentant d’une agence marseillaise importatrice de café. Constatant qu’il connaît suffisamment la langue arabe, ce dernier lui conseille de se rendre à Aden et le recommande à P. Dubar, un agent de la maison Mazeran, Viannay, Bardey et Cie. L’exportation de café connaissait un commerce florissant grâce à quoi le port de transit de Moka avait connu son heure de gloire avant qu’il fût supplanté par Hodeidah.

Après avoir débarqué à Steamer Point, le port franc anglais d’Aden, Arthur Rimbaud entre en contact avec Dubar, adjoint d’Alfred Bardey (parti explorer le continent africain pour implanter une succursale). Après quelques jours d’essai, il est embauché le comme surveillant du tri de café. « Aden est un roc affreux, sans un seul brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne : on boit de l’eau distillée. La chaleur y est excessive. ». Ayant le sentiment de se faire exploiter, Rimbaud compte partir à Zanzibar ou sur les côtes d’Abyssinie après avoir gagné suffisamment d’argent. Revenu en octobre, Alfred Bardey lui propose de seconder Pinchard, l’agent du comptoir qu’il vient d’établir au Harar, une région d’Éthiopie colonisée par les Égyptiens. Un contrat de trois ans (1880-1883) est signé le 10 novembre. Accompagné du Grec Constantin Rhigas, un employé de Bardey, il effectue la traversée du golfe d’Aden les jours suivants.

Premier séjour au Harar (1880-1881)

En terres africaines, Rimbaud et son acolyte forment une caravane pour transporter des marchandises pour le Harar. Ils doivent parcourir trois cent cinquante kilomètres : traverser le territoire des Issas puis entrer dans celui des Gallas où les attaques ne seront plus à craindre. Les portes de la cité fortifiée de Harar sont franchies en décembre « après vingt jours de cheval à travers le désert somali », ils sont accueillis dans l’agence Bardey par l’agent Pinchard et un autre employé grec, Constantin Sotiro. La tenue des comptes et la paie des démarcheurs lui sont imparties. Le il relate aux siens en quoi consiste le commerce : « [des] peaux […], du café, de l’ivoire, de l’or, des parfums, encens, musc, etc. », leur fait part de ses déceptions : « je n’ai pas trouvé ce que je présumais […] Je compte trouver mieux un peu plus loin ». Se plaint aussi d’une maladie qu’il aurait « pincée ».

En mars 1881, Pinchard, atteint de paludisme, s’en va. Rimbaud assure l’intérim du comptoir jusqu’à l’arrivée d’Alfred Bardey. Bardey arrive avec l’idée d’ouvrir un magasin de produits manufacturés. Ainsi, les indigènes venant vendre leur récolte de café dépensent leur argent en achetant toutes sortes d’ustensiles. Parmi la poignée d'occidentaux sur place, il eut son rôle à jouer dans l'utilisation innovante d'une certaine vaisselle en Éthiopie (pour boire l'hydromel local, ou l'eau-de-vie plus tardivement), d'abord parmi l'élite (à la table de Menelik II, Joseph Vitalien etc. le "buzz") ; des usages qui préfigurent l'ouverture des premiers débits de boisson ("bistrots") plus démocratiques...

Arthur Rimbaud ayant toujours des velléités de fuite (Zanzibar, Panama), son patron l’envoie faire des expéditions commerciales à partir du mois de mai. Ces campagnes, dans des régions jamais explorées par les Européens, pour des trocs de cotonnades et bibelots contre peaux ou autres s’avèrent risquées et peu rentables. Revenu épuisé à chaque fois, Rimbaud est à nouveau frappé de fièvre tout l’été.

Le 22 septembre 1881, déçu de n’avoir pas été promu directeur de l’agence, il annonce à sa famille qu’il a « donné [sa] démission, il y a une vingtaine de jours ». Cependant, son contrat s’achève dans deux ans… À la suite des missives qu’il reçoit de Roche, concernant sa période militaire qui n’est pas réglée et, pour pallier d’éventuelles difficultés qu’il rencontrerait pour se rendre dans d’autres pays, il fait valoir sa situation auprès du consul de France à Aden.

De son côté, Alfred Bardey part pour le siège lyonnais de la société aux environs du début octobre. Le frère de celui-ci devant venir le remplacer, Rimbaud gère à nouveau le comptoir en l’attendant. Pierre Bardey arrivé, Rimbaud quitte Harar en décembre 1881.

Deuxième séjour à Aden (1882-1883)

Après le retour d’Arthur Rimbaud à la factorerie de café d’Aden, c’est au tour d’Alfred Bardey de revenir en février 1882 à la suite du départ de P. Dubar pour la France (Lyon). Rimbaud en vient donc à seconder son patron durant toute l'année. En septembre, il commande tout le matériel nécessaire pour faire des photographies, car il compte partir pour le Choa, en Abyssinie afin de réaliser un ouvrage sur cette contrée inconnue avec cartes, gravures et photographies et le soumettre à la Société de géographie de Paris dont Alfred Bardey est membre. Ce projet d'expédition photographique ne verra pas le jour, car, le 3 novembre 1882, il annonce à sa famille qu'il revient au Harar, à défaut de Choa. Ce retour au Harar est prévu pour janvier 1883.

Le début de l’année 1883 est marqué par une rixe entre Rimbaud et un magasinier indigène qui lui manque de respect. Ce dernier porte alors plainte pour coups et blessures.

Rimbaud évite la condamnation grâce à l’intervention du vice-consul, auquel il écrit aussitôt (le 28 janvier 1883) pour résumer les faits et solliciter sa protection. De plus, son patron se porte garant de son comportement à venir. Son contrat est renouvelé jusqu’à fin décembre 1885 et son prochain départ pour Zeilah est fixé pour le 22 mars 1883.

Deuxième séjour au Harar (1883 à 1885)

Arrivé à Harar en avril 1883, Rimbaud remplace Pierre Bardey, destiné à succéder à son frère à Aden.

Dans une lettre écrite le 6 mai 1883 à sa famille, il formule quelques réflexions sur sa vie actuelle, son avenir. Il songe à se marier, à avoir un fils. Il joint aussi ses premiers travaux photographiques : trois portraits en pied de lui-même (respectivement, 1. aux bras croisés, 2. sur une terrasse et 3. devant des caféiers). Secondé par Constantin Sotiro (Sotiros Konstantinescu Chryseus, alias Adji-Abdallah), Rimbaud prend l’initiative de l’envoyer explorer l’Ogadine dont il transcrira les notes à son retour (en août) pour en rédiger un texte descriptif que Bardey expédie à la Société de géographie de Paris. Intitulé Rapport sur l’Ogadine, par M. Arthur Rimbaud, agent de MM. Mazeran, Viannay et Bardey, à Harar (Afrique orientale), ce mémoire, dans lequel les mérites de Sotiro sont quelque peu occultés, est publié par la Société de géographie en février 1884 et est apprécié par les géographes français et étrangers. Quant à Sotiro, Rimbaud exécute son portrait photographique, en tenue de chasseur parmi des bananiers. En tout, on possède actuellement huit photographies authentiquement prises par Rimbaud : sept sont conservées à la bibliothèque de Charleville-Mézières, une autre à la BnF (depuis 1969).

À Paris, pendant ce temps, Verlaine publie une étude accompagnée de poèmes sur le poète Rimbaud, dans la revue Lutèce du 5 octobre au 17 novembre. Cette étude paraît l’année suivante dans l’ouvrage Les Poètes maudits.

Au Harar, plusieurs caravanes de marchandises sont organisées jusqu’au moment où les répercussions de la guerre des Mahdistes, contre les occupants Égyptiens et les Anglais obligent la société à abandonner le comptoir de Harar. L’évacuation de la cité est organisée par le gouverneur d’Aden, le major Frederick Mercer Hunter, arrivé en mars, à la tête d’une colonne d’une quinzaine de soldats. L’officier britannique, insatisfait de l’hébergement offert par le pacha d’Égypte, provoque un scandale en préférant loger dans la maison de Rimbaud. Le retour pour Aden se fait en compagnie de Djami Wadaï, son jeune domestique abyssin, et de Constantin Sotiro.

La société Mazeran, Viannay, Bardey et Cie tombée en faillite, Rimbaud est licencié et se retrouve sans travail. Cependant, « selon les termes de [son] contrat, [il a] reçu une indemnité de trois mois d’appointements, jusqu’à fin juillet. » et espère la réussite de Bardey, parti en France « pour rechercher de nouveaux fonds pour continuer les affaires » nous apprend sa lettre aux siens du 5 mai 1884. Pendant cette période de désœuvrement, il vit avec une Abyssine chrétienne, prénommée Mariam.

Le juillet 1884, il est engagé jusqu’au dans la nouvelle société créée par les frères Bardey, « aux mêmes conditions ». Les mois passent et les affaires ne sont pas brillantes . Arthur Rimbaud va avoir vingt-neuf ans et sent qu’il se fait « très vieux, très vite, dans ces métiers idiots ». Aussi cherche-t-il une occasion pour changer d’emploi.

Faute de mieux, le , il se rengage pour un an avec la maison Bardey. Malgré la poursuite de l’offensive anglo-égyptienne au Soudan, Rimbaud continue donc à s’occuper des achats et des expéditions du moka. Sans aucun jour de congé, il supporte à nouveau la chaleur étouffante de l’endroit et souffre de fièvre gastrique.

« Trafic » d’armes au Choa (1885 à 1887)

En septembre 1885, Arthur Rimbaud se voit proposer un marché par le français Pierre Labatut, un trafiquant établi au Choa, royaume abyssin de Menelik, Negus du Shewa (Choa) jusqu'en 1889 et futur Roi des Rois (Negusse Negest) d'Éthiopie. Voyant là l’opportunité de faire une bonne affaire, et de changer le cours de sa vie tout en ayant un rôle géopolitique à jouer, Rimbaud n’hésite pas à s’associer avec Labatut pour acheter des armes (passablement obsolètes) et des munitions en Europe. Ainsi ils comptent réaliser de substantiels bénéfices en satisfaisant une commande du Negus du Shewa, qu'ils auront de cette façon contribué à établir comme unificateur de la région, et comme opposant aux harcèlements de l'armée italienne. L'intégrité du pays sera établie lors de la décisive Bataille d'Adoua deux décennies plus tard. Après avoir conclu cet accord, qui sera payé ensuite par le père du futur Haïlé Sélassié, Arthur rompt brutalement le contrat qui le lie avec la Maison Bardey. Quant à Mariam, elle est renvoyée dans son pays avec quelques thalers en poche.

Fin novembre 1885, Rimbaud débarque dans le petit port de Tadjourah, en terre Dankalie, pour monter une caravane en attendant que les armes soient réceptionnées à Aden par Labatut. Lorsque ce dernier arrive fin janvier 1886 avec le chargement (deux mille quarante fusils et soixante mille cartouches), l’organisation de la caravane rencontre des difficultés. D’abord entravés par les exigences financières du sultan qui tire profit de tous convois en partance, les voilà empêchés d’entamer leur expédition à la mi-avril : l’interdiction d’importer des armes vient d’être signée entre Anglais et Français. Les deux associés écrivent alors au ministre des Affaires étrangères le 15 avril pour se sortir de cette impasse. Ils obtiennent gain de cause, mais tout est remis en question quand Labatut, atteint d’un cancer, est obligé de rentrer en France (il mourra en octobre suivant).

Avec l'aval officiel du Consul de France, et muni d’une procuration de Pierre Labatut, Rimbaud se tourne vers Paul Soleillet, célèbre commerçant et explorateur, qui lui aussi attend une autorisation pour faire partir sa caravane. En associant leurs convois, ils s'assurent d'une meilleure sécurité pour la traversée du territoire des redoutables guerriers Danakils. Hélas, ils ne partiront pas ensemble : frappé d’une embolie, Soleillet meurt le 9 septembre.

Sur ces entrefaites, en France, Illuminations et Une saison en enfer sont parus dans les numéros de mai à juin et de septembre 1886 de la revue symboliste La Vogue.

Se retrouvant seul, Rimbaud part en octobre 1886, à la tête de sa caravane composée d’une cinquantaine de chameaux et d’une trentaine d’hommes armés. La route pour le Choa est très longue : deux mois de marche jusqu'à Ankober. Après avoir traversé les terres arides des tribus Danakils sous une chaleur implacable, le convoi franchit la frontière du Choa sans avoir été attaqué par les pillards. Et c’est dans un environnement verdoyant que la caravane atteint Ankober le . Rimbaud y trouve l’explorateur Jules Borelli. Ménélik est absent, étant parti combattre l’émir Abdullaï pour s’emparer d’Harar. Rimbaud aussitôt arrivé, les chameliers, un créancier de Labatut et la veuve abyssinienne de ce dernier viennent lui réclamer avec insistance ce qui leur est soi-disant dû. Agacé par leur rapacité, il refuse de céder à leurs demandes. Ils s’en plaignent auprès de l’intendant du roi qui abonde en leur sens et le condamne à verser les sommes demandées. Au lieu d’Ankober, Ménélik va revenir en vainqueur à Entoto. Rimbaud se rend là bas avec Borelli. Sur place, en attendant l’arrivée du roi, Rimbaud entre en contact avec son conseiller, un ingénieur suisse nommé Alfred Ilg avec qui il entretient de bons rapports. Suivi de sa colonne armée, Ménélik arrive triomphalement le 5 mars 1887. Il n’a plus vraiment besoin d’armes ni de munitions, car il en ramène en grande quantité. Il accepte néanmoins de négocier le stock à un prix très inférieur à celui escompté. De surcroît, il ne se prive pas d’exploiter la disparition de Labatut à qui il avait passé commande, pour retrancher du prix la somme de quelques dettes supposées. Suivant cet exemple, « toute une horde de créanciers » (réels ou opportunistes) de Labatut, viennent le harceler pour être remboursés à leur tour. Menelik n’ayant pas d’argent pour le payer, Rimbaud est contraint d’accepter un bon de paiement devant lui être réglé à Harar par le ras Makonnen, cousin du roi.

Pour qu’il aille au plus court pour toucher son argent, Menelik lui donne l’autorisation de prendre la route qu’il a ouverte à travers le pays des Itous. Cette route étant inexplorée, Borelli demande au roi la permission de l’emprunter. Rimbaud quitte donc Entoto le , en compagnie de Borelli. L’itinéraire traverse des régions inexplorées : ils furent ainsi les premiers hommes à explorer l'Ogaden dans l'Ethiopie. Leurs observations et descriptions sont scrupuleusement relevées et consignées à chaque étape. Jules Borelli les retranscrit dans son journal de voyage. Rimbaud, pour sa part, transmet ses notes à Alfred Bardey qui les communiquera à la Société de Géographie. Au bout de trois semaines, la caravane arrive à Harar. Borelli retourne à Entoto quinze jours après. Rimbaud quant à lui, doit attendre pour se faire payer, mais le ras n’a pas d’argent et transforme son bon de paiement en deux traites payables à Massaoua. Après avoir repris la route en direction de Zeilah, Rimbaud regagne Aden le 25 juillet 1887. Le 30 juillet, il fait un compte-rendu détaillé de la liquidation de sa caravane au vice-consul de France, Émile de Gaspary. Résultat de « cette misérable affaire » : une perte de 60 % sur son capital, « sans compter vingt et un mois de fatigues atroces ».

Avec l’intention de prendre un peu de repos en Égypte, Rimbaud embarque avec son domestique au début du mois d’août 1887 pour encaisser ses traites à Massaouah. Arrêté à son arrivée le 5 août 1887 pour défaut de passeport, l’intervention de Gaspary est nécessaire pour lui permettre de poursuivre sa route. Il est alors nanti d’un passeport, de l’argent de ses traites et d’une recommandation du consul de France de Massaouah à l'attention d'un avocat du Caire. Il débarque à Suez pour se rendre en train jusqu’à la capitale, où il arrive le 20 août 1887. Dans une lettre aux siens du 23 août, il se plaint de rhumatismes dans l’épaule droite, les reins, la cuisse et le genou gauche.

Rimbaud entre en relation avec Borelli Bey (Octave Borelli), frère aîné de Jules Borelli et directeur du journal, Le Bosphore égyptien. Il lui adresse les notes de son expédition du Choa et elles sont publiées les 25 et 27 août 1887 dans Le Bosphore égyptien.

Après avoir placé sa fortune dans une succursale du Crédit lyonnais, Rimbaud ne sait où aller pour travailler à nouveau ; il pense à Zanzibar et à Madagascar. Il sollicite finalement, sans succès, une mission en Afrique à la Société de géographie à Paris. Il retourne à Aden début d’octobre 1887. Dans cette ville, les déconvenues de sa livraison d’armes le poursuivent. Il doit encore justifier le paiement d’une dette de Pierre Labatut à un certain A. Deschamps (l’affaire sera soldée le , après d’interminables échanges de courriers). Il souffre toujours de douleurs au genou gauche.

Dernier séjour au Harar (1888 à 1890)

En décembre 1887, malgré divers contacts entrepris, Rimbaud est toujours sans travail. Il revoit Alfred Ilg, de passage à Aden avant de se rendre à Zurich (à la suite de quoi ils correspondront fréquemment). Par ailleurs, le stock d’armes de Paul Soleillet, resté à Tadjourah après sa mort, a été racheté par Armand Savouré. Malgré l’embargo sur ce commerce, celui-ci compte les livrer au roi Menelik. Pour former sa caravane, il propose à Rimbaud de tenter de se procurer des chameaux auprès du ras de Harar. Pour cela, Arthur retourne sur les terres africaines mi février 1888, de la côte à Harar, mais, n’ayant pu convaincre Makonnen, il en revient bredouille un mois plus tard, le 14 mars 1888.

Dans le milieu littéraire parisien, le silence et la disparition inexpliqués du poète Jean-Arthur Rimbaud entourent son nom de mystère et les interrogations qu'il suscite donnent libre cours à toutes sortes de fables , ce qui inspira Paul Verlaine pour écrire . En janvier 1888, le même publie à nouveau une étude biographique dans un numéro de la revue Les Hommes d’aujourd’hui, consacré au poète disparu.

La route d’Entoto à Harar étant maintenant ouverte, la cité harari devient une étape obligée pour commercer avec le royaume du Choa. Rimbaud est déterminé à s’y installer pour se consacrer à un commerce plus orthodoxe (café, gomme, peaux de bêtes, musc (de Civette), cotonnade, ivoire, or, ustensiles manufacturés et fournisseur de chameaux pour caravanes). Il contacte César Tian, un important exportateur de café d’Aden, pour le représenter à Harar, offre sa collaboration à Alfred Bardey à Aden, à Alfred Ilg au Choa et à Constantin Sotiro, son ancien assistant, qui s’est établi à Zeilah. Ces accords conclus, il part édifier son comptoir : départ le 13 avril 1888 pour Zeliah, arrivée à Harar le , où il ouvre un commerce à son nom.

Les années 1888, 1889 et 1890 sont consacrées à l'exploitation de sa factorerie à Harar (cf. photo). Après la satisfaction des débuts, l’humeur devient maussade. Rimbaud s'ennuie. Il l’écrit à sa famille dans une lettre datée du 4 août 1888 : « Je m'ennuie beaucoup, toujours ; […] n’est-ce pas misérable, cette existence sans famille, sans occupation intellectuelle […] ? » Fin septembre 1888, il offre l’hospitalité à l’explorateur Jules Borelli qui, venant du Choa, fait une halte d’une semaine avant de regagner le port de Zeilah. Quelques semaines après, c’est au tour d’Armand Savouré qui a enfin réussi à livrer son stock d’armes au négus du Shewa, Menelik. Dans leurs témoignages tous deux décriront Rimbaud comme un être intelligent, sarcastique, peu causant, ne livrant rien sur sa vie antérieure, vivant très simplement, s’occupant de ses affaires avec précision, honnêteté et fermeté. De retour de Zurich, Alfred Ilg, est hébergé du 23 décembre 1888 au ; le temps d’attendre la fin des affrontements entre Issas et Gallas pour transporter en toute sécurité ses marchandises et celles de son hôte jusqu’à Entoto. Les affaires avec le conseiller du roi marcheront en bonne entente jusqu’au bout. Une autre visite est celle d'Édouard Joseph Bidault de Glatigné (1850-1925), photographe-reporter dans la région, qui séjourne fin 1888, début 1889 dans la maison de Rimbaud située juste à côté de la Factorerie : il écrit sur ce séjour à la Société de géographie de Paris, y joignant un cliché.

Le ras Makonnen quitte la ville en novembre 1888 pour rejoindre son cousin le roi qui se prépare à entrer en guerre contre l’empereur Johannès IV. Cette guerre n’aura pas lieu, car au mois de mars 1889, l’empereur « eut l’idée d’aller d’abord flanquer une raclée aux mahdistes du côté de Metemma. Il y est resté, que le Diable l’emporte ! ». L'empereur Jean (Johannès IV) est assassiné en mars 1889. Le 3 novembre 1889, Menelik devient Negusä nägäst (Roi des Rois) d’Éthiopie sous le nom de Menelik II.

Il faut souligner ici que le mythe faisant de Rimbaud un négrier est infondé : « N’allez pas croire que je sois devenu marchand d’esclave » avait-il déjà écrit à sa famille le 3 décembre 1885. Il est seulement vrai qu'il demande à Ilg, dans une lettre datée du 20 décembre 1889, « deux garçons esclaves pour [son] service personnel ». Si la traite est interdite par Menelik, elle se fait clandestinement et beaucoup d’Européens possèdent des esclaves comme domestiques sans que cela soit blâmable. Le , l’ingénieur lui répond : « pardonnez-moi, je ne puis m’en occuper, je n’en ai jamais acheté et je ne veux pas commencer. Je reconnais absolument vos bon[ne]s intentions, mais même pour moi je ne le ferai jamais. »

À la veille de Noël 1889, une caravane est attaquée par une tribu sur la route de Zeilah à Harar. Deux missionnaires et une grande partie des chameliers sont assassinés. À la suite des représailles qui se soldent par des pertes importantes dans les rangs anglais, les routes commerciales sont coupées jusqu'à la mi-mars 1890. Le manque à gagner que cela occasionne est sujet de conflit avec César Tian.

Rimbaud et l'islam

Selon l'explorateur Ugo Ferrandi qui le voyait régulièrement, ses propos ayant été repris par Alain Borer dans son ouvrage Rimbaud en Abyssinie, le poète possédait un Coran annoté par son père, et un second acheté chez Hachette en 1883. Afin de se fondre dans la population et être mieux perçu, il adoptait les us et coutumes du pays et n'hésitait pas à revêtir le costume d'un marchand arabe. Mais Borer nie que Rimbaud se soit jamais converti à l'islam. Le Dictionnaire Rimbaud, de même, ajoute en se fondant sur les propos de Ferrandi que Rimbaud donnait des conférences sur le Coran, qu'il était un « arabisant érudit », mais n'affirme pas que Rimbaud se serait converti à l'islam.

Par ailleurs, selon Savouré, cité par Alain Borer dans sa biographie, Rimbaud « est parti vers 1886-1887, prêchant le Coran comme moyen de pénétrer dans des régions alors inconnues de l'Afrique ». Cela lui valut d'être battu, une fois, du fait de ses interprétations personnelles.

Sa sœur, Isabelle Rimbaud, rapporte de son côté les délires mystiques d'Arthur sur son lit de mort, qui se serait écrié « Allah Kérim » (« Dieu est généreux ») à maintes reprises. En se fondant sur ses dires, Malcolm de Chazal affirme, contrairement à Alain Borer, que « Rimbaud au Harrar s'était converti à la foi musulmane et pratiquait ». C'est aussi ce qu'affirme, peut-être exagérément, le Cheikh Si Hamza Boubakeur (orthographié à tort « Borbakeur » par Borer), dans la présentation de sa traduction du Coran.

Liquidation du comptoir et retour en France (fin 1890 - début 1891)

En 1890, Rimbaud songe à se rendre à Aden pour liquider ses affaires avec lui. Ensuite, il se rendrait en France dans l'espoir de se marier. À Paris, Anatole Baju, rédacteur en chef de la revue Le Décadent, divulgue des renseignements reçus sur Arthur Rimbaud : il est vivant et vit à Aden. Le , Laurent de Gavoty, directeur de la revue littéraire marseillaise, La France moderne, lui écrit par le biais du consul de France à Aden pour dire qu’il a lu ses « beaux vers » et qu’il serait « heureux et fier de voir le chef de l’école décadente et symboliste » collaborer pour sa publication. Edmond de Goncourt note dans son journal, à la date du 8 février 1891 : "Darzens nous apprend que Rimbaud est maintenant établi marchand à Aden et que dans les lettres qu’il lui écrivait il parlait de son passé comme d’une énorme fumisterie."

Dans une lettre écrite le 20 février 1891, Arthur Rimbaud demande à sa mère de lui faire parvenir un bas à varices, car il en souffre à la jambe droite depuis plusieurs semaines. Il lui signale aussi une « douleur rhumatismale » au genou droit. Il en attribue les causes aux « trop grands efforts à cheval, et aussi par des marches fatigantes ». Un médecin, consulté un mois plus tard, lui conseille d’aller se faire soigner en Europe le plus rapidement possible. Bientôt, ne pouvant plus se déplacer, il dirige ses affaires en position allongée. Au vu de l’aggravation rapide du mal de son genou et de l’état de raideur de sa jambe, il liquide à la hâte toutes ses marchandises pour quitter le pays. Transporté par des porteurs sur une civière construite selon ses plans, la caravane prend le départ au matin du 7 avril 1891. Djami, son domestique, est du voyage. Malgré les souffrances, accentuées par l’inconfort, les intempéries et la longueur du déplacement, il note les faits marquants de chaque étape jusqu’à son arrivée au port de Zeïlah, le 18 avril. Débarqué à Steamer Point trois jours après, Rimbaud est hébergé chez César Tian le temps de régler leurs comptes. Hospitalisé aussitôt après, les médecins lui diagnostiquent une synovite rendue à un point si inquiétant qu’une amputation semble inévitable. Cependant, quelques jours de repos lui sont accordés pour en mesurer les éventuels bienfaits. Devant le peu d’amélioration, il lui est conseillé de rentrer en France. Le 9 mai, on l’embarque sur l’Amazone, un trois-mâts goélette à vapeur des Messageries maritimes, à destination de Marseille.

Mai à août 1891 : convalescence et opération

Arthur Rimbaud est débarqué à Marseille le . « Me trouvant par trop faible à l'arrivée ici, et saisi par le froid, j'ai dû entrer ici à l'hôpital de la Conception […]. Je suis très mal, très mal, je suis réduit à l'état de squelette par cette maladie de ma jambe droite, qui est devenue à présent énorme… ». Les médecins diagnostiquent un néoplasme de la cuisse. Le 22, on lui annonce qu’il va falloir l’amputer. Il envoie immédiatement un télégramme à sa famille pour que l’une ou l’autre vienne à Marseille régler ses affaires. Sa mère lui répond aussitôt en lui annonçant son arrivée pour le lendemain, 23 mai au soir.

Après l’opération, Rimbaud reçoit des lettres de sympathie de Constantin Sotiro et César Tian. Le 8 juin, madame Rimbaud écrit à sa fille pour lui annoncer son nécessaire retour à la ferme de Roche malgré les supplications de son fils pour qu’elle restât auprès de lui. La cicatrisation faite, il ne subsiste qu’une douleur localisée. Le 24 juin, il s’exerce à se déplacer avec des béquilles. Le 2 juillet il écrit qu’il a commandé une jambe de bois. D’autre part, maintenant qu’il se trouve en France, il s’inquiète inconsidérément sur sa période d’instruction militaire à laquelle il a réussi à se soustraire jusqu’à présent. Craignant de se faire piéger en retournant auprès des siens, il les charge de faire le nécessaire pour éclaircir sa situation. Le 8 juillet, sa sœur l’informe qu’il peut obtenir son congé définitif comme réformé en se présentant devant les autorités militaires de Marseille ou de Mézières. En juillet, Rimbaud ne peut se servir de sa jambe artificielle, car elle enflamme le moignon. En attendant qu’il se renforce, il continue à « béquiller », mais, à la longue, cela lui occasionne de fortes névralgies dans le bras et l’épaule droite ainsi que dans sa jambe valide.

Le 23 juillet, suivant le conseil de son médecin, il quitte l’hôpital. Arrivé en gare de Voncq le lendemain, il se fait conduire à la ferme de Roche. Ni ses anciens amis ni son frère ne sont avertis de son retour. Au lieu de s’améliorer, son état empire. Les insomnies et le manque d’appétit le reprennent. Les douleurs occasionnées par les béquilles, la jambe de bois ou les promenades en carriole le contraignent bientôt à l’inactivité. Le médecin constate une augmentation de volume du moignon et une rigidité du bras droit. Mais, ne renonçant pas à retourner au Harar, il prend la résolution de retourner se faire soigner à Marseille, ainsi il serait « à portée de se faire embarquer pour Aden, au premier mieux senti ». Le 23 août, il reprend le train pour Marseille accompagné d’Isabelle. Après le calvaire subi tout au long du voyage, il est admis à l’hospice de la Conception le lendemain soir.

Septembre à novembre 1891 : mort à Marseille

Isabelle, qui loge en ville, se rend tous les jours à son chevet. Un mois plus tard, elle rapporte à sa mère les réponses faites à ses questions par les médecins : « Sa vie est une question de jours, de quelques mois peut-être ». Le 20 octobre, il a trente-sept ans. Selon la lettre exaltée qu’Isabelle écrit huit jours après à sa mère, son frère aurait manifesté une ferveur mystique exacerbée durant cette épreuve. Elle lui décrit aussi la progression du cancer : son bras droit enflé, le gauche à moitié paralysé, son corps en proie à de vives douleurs, sa maigreur. Elle raconte ses délires, lors desquels il l’appelle parfois Djami.

Le 9 novembre, il lui dicte un message sibyllin, débutant par un inventaire obscur évoquant des « lots » de « dents » (dont on peut supposer qu'il s'agit en fait de défenses en ivoire) : « M. le Directeur, […] envoyez-moi donc le prix des services d'Aphinar à Suez. Je suis complètement paralysé donc je désire me trouver de bonne heure à bord dites-moi à quelle heure, je dois être transporté à bord. » Il meurt le lendemain, mardi 10 novembre , à deux heures de l’après-midi selon sa sœur, d'une « carcinose généralisée ».

Son corps est ramené à Charleville. Les obsèques se déroulent dans l’intimité la plus restreinte, le 14 novembre. Arthur Rimbaud est inhumé dans le caveau familial auprès de son grand-père, Jean Nicolas Cuif et de sa sœur Vitalie. Sa mère, morte à Roche le , à l’âge de quatre-vingt-deux ans, les rejoindra. Son frère Frédéric mourra à cinquante-huit ans (des suites d’une fracture d’une jambe), le , à Vouziers ; sa sœur Isabelle se marie en 1897 avec Paterne Berrichon . Elle mourra à cinquante-sept ans (d’un cancer), le , à Neuilly-sur-Seine.

Œuvres

Liste chronologique des poèmes en vers et en prose

dans La Revue pour tous.
1870 :
  • (printemps), publié pour la première fois en novembre 1891 dans la Revue de l'évolution sociale scientifique et littéraire .
  • Par les beaux soirs d’été…, adressée à Théodore de Banville, le 24 mai.
  • Ophélie, , dans la lettre adressée à Théodore de Banville, le 24 mai.
  • Credo in unam…, , dans la lettre adressée à Théodore de Banville, le 24 mai.
  • , paru dans la revue Littérature, préfaces de Louis Aragon et André Breton, n° de juin 1924.
  • , , publiée sous le titre Trois baisers, dans la revue La Charge, le .
  • , (27 juillet).
  • , (15 août), dans la lettre adressée à Georges Izambard, le 25 août.
  • « Recueil Demeny » (« Cahiers de Douai ») :
    • Premier cahier
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    • Deuxième cahier
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  • , publié dans La Renaissance littéraire, 14 septembre 1872
  • 1871 :
  • publié pour la première fois le dans la revue de Gustave Kahn, La Vogue.
  • , , dans la lettre adressée à Georges Izambard, le 13 mai.
  • , dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 15 mai.
  • , dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 15 mai.
  • , dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 15 mai.
  • Les Effarés, , identique à celle transcrite dans la lettre adressée à Jean Aicard, en juin.
  • (26 mai), dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 10 juin.
  • , dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 10 juin.
  • , du Cœur supplicié, dans la lettre adressée à Paul Demeny, le 10 juin.
  • Le Clocher (mai ou juin)
  • La Plainte du vieillard monarchiste, à Henri Perrin, journaliste républicain.
  • La Plainte des épiciers
  • , signé du pseudonyme, Alcide Bava. A.R., dans la lettre adressée à Théodore de Banville, le 15 août.
  • , du Cœur supplicié.
  • ou Paris se repeuple
  • , publié dans le Progrès des Ardennes du 25 novembre 71.
  • Cahier Verlaine :
    1. (juillet)
    2. , paru dans la revue surréaliste, Littérature, n° de juin 1919.
    3. , publié dans la revue Lutèce, le .
    4. (juin)
  • paru dans la revue Littérature, n° de mai 1922.
  • Vers pour les lieux
  • ou Ange ou pource…, paru dans la revue Littérature, n° de mai 1922.
  • , 12 poèmes + 9 autres poèmes :
    • Nota bene : Les initiales du ou des auteurs des pastiches sont apposées sous le nom du poète parodié.
    1. , « Alfred Mérat. P.V.--A.R. », paru dans la revue Littérature, n° de mai 1922 [les quatrains sont de Paul Verlaine et les tercets de Arthur Rimbaud].
    2. Lys, « Armand Sylvestre. A. R. »
    3. Les Lèvres closes. Vu à Rome, « Léon Dierx. A.R. ».
    4. Fête galante, « Paul Verlaine. A. R. »
    5. « J’occupais un wagon de troisième », non signé.
    6. « Je préfère sans doute », « François Coppée. A.R. ».
    7. Conneries, « A. R. »
    8. Conneries, 2ième série, « A. R. »
    9. Vieux de la vieille !, non signé
    10. État de siège ?, « François Coppée. A. R. »
    11. Le Balai, « F. C. »
    12. Exil, non signé
    13. L'Angelot maudit, « Louis Ratisbonne, A. Rimbaud »
    14. Les Soirs d’été, « François Coppée. A. Rimbaud »
    15. Bout-rimés, « A.R. ».
    16. Aux livres de chevet, livres de l'art serein, « F. Coppée. A.R. ».
    17. Hypotyposes saturniennes, ex Belmontet, « Belmontet, archétype Parnassien ».
    18. Les Remembrances du vieillard idiot, « F. Coppée. A.R. ».
    19. Ressouvenir, « François Coppée »
  • Album Regamey
    1. L’Enfant qui ramassa les balles, « François Coppée ».
    1871 - 1872 ? :
  • (printemps 1871 ? ou 1872 ?), publié pour la première fois en septembre 1906 dans La Revue littéraire de Paris et Champagne.
  • 1872 :
  • (mai)
  • (mai)
  • (mai)
  • (mai)
  • (mai-juin)
  • (27 juin)
  • (juillet)
  • 1872 - 1873 ?
  • , trois textes (sans titre) publiés pour la première fois, pour l'un par Paterne Berrichon en septembre 1897 dans La Revue blanche et les deux autres par Henri Matarasso en janvier 1948 dans Le Mercure de France (le titre « Proses évangéliques » n'est pas de Arthur Rimbaud).
  • 1873
  • (avril à août), recueil de poèmes en prose.
  • 1872 - 1875
  • , 57 poèmes en prose ou en vers libres, parus en 1886.
  • 1875
  • , dans la lettre adressée à Ernest Delahaye, le 14 octobre.
  • Bien des textes de Rimbaud, attestés par les témoignages d’Izambard, Delahaye et Verlaine n’ont jamais été retrouvés; tels, le « Cahier Labarrière » (une soixantaine de poèmes perdus), La Chasse spirituelle... }}

    }}

    Premières éditions des œuvres poétiques et de la correspondance

    • Une saison en enfer, Alliance typographique (M.-J. Poot et ), Bruxelles, 1873.
    • Paul Verlaine, Les Poètes maudits : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud (Voyelles, Oraison du soir, Les Assis, Les Effarés, Les Chercheuses de poux, Le Bateau ivre.) et Stéphane Mallarmé, illustré de trois gravures de Thomas Blanchet, Léon Vanier libraire-éditeur, Paris, 1884, 56 p.
    • Le Dormeur du val, in Anthologie des poètes français, tome IV, Lemerre, 1888.
    • Reliquaire - Poésies, préface de Rodolphe Darzens, L. Genonceaux éd., Paris, 1891.
    • Poésies complètes, préface de Paul Verlaine, Léon Vanier libraire-éd., Paris, 1895.
    • Lettres de Jean-Arthur Rimbaud – Égypte, Arabie, Éthiopie, avec une introduction et des notes par Paterne Berrichon, Société du Mercure de France, Paris, 1899.
    • Œuvres, vers et proses, Mercure de France, préface de Paul Claudel, notes de Paterne Berrichon, 1912.
    • Les Mains de Jeanne-Marie, dans la revue surréaliste, Littérature, n° de juin 1919.
    • Stupra : Ange ou Pource, Nos fesses ne sont pas les leurs, L'Idole - Sonnet du Trou du Cul, dans la revue Littérature, n° de mai 1922.
    • Un cœur sous une soutane, préfaces de Louis Aragon et André Breton, dans la revue Littérature, n° de juin 1924.

    Éditions récentes des poèmes et de la correspondance

    • Rimbaud - Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par Antoine Adam, NRF/Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1972, 1250 p.
    • Rimbaud - Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par André Guyaux avec la collaboration d'Aurélia Cervoni, NRF/Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 2009, 1152 p.
    • Rimbaud, œuvres complètes, édition établie par Pierre Brunel, Le Livre de poche, coll. « La Pochotèque », 2004 ( éd. 1960, présenté par Paul Claudel), 1040 p.
    • Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition du centenaire établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, Paris, 1991, 1338 p.
    • Arthur Rimbaud - Œuvres complètes - correspondance, édition établie par Louis Forestier, Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2009 ( éd. 1992), 608 p.
    • Les Poètes maudits de Paul Verlaine, introduction et notes de Michel Décaudin, éd. CDU SEDES, 1995, 76 p.
    • Rimbaud – L’œuvre intégrale manuscrite, édition établie et commentée par Claude Jeancolas, Textuel/Le Seuil, 1997, 681 p. (3 cahiers)
    • Les Lettres manuscrites de Rimbaud, d’Europe, d’Afrique et d’Arabie + commentaires, transcriptions et cheminements, édition établie et commentée par Claude Jeancolas, Textuel/Le Seuil, 1997, 544 p. (4 cahiers)
    • Arthur Rimbaud - Correspondance, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, Paris, 2007, 1020 p.

    Regards sur l'œuvre

    Le Bateau ivre

    Le Bateau ivre}}

    Probablement composé avant le mois de novembre 1871, étant donné une caricature d'André Gill qui y fait allusion dans l’ dont les contributions rimbaldiennes datent d'octobre - novembre 1871 également. Des poèmes tels que Voyelles, Oraison du soir, Les Chercheuses de poux, L'étoile a pleuré rose…, Tête de faune ou Les Mains de Jeanne-Marie, semblent dater eux aussi de cette période parisienne. Le manuscrit connu du poème Les Mains de Jeanne-Marie est daté de février 1872 par Paul Verlaine. Certains documents laissent à penser que nous avons perdu quelques poèmes en vers de Rimbaud pour l'année 1872, à commencer par la liste de nombres de vers par poème qui figure au dos d'un manuscrit de Fêtes de la faim. Nous aurions perdu également le texte de La Chasse spirituelle, texte que Verlaine prétend avoir oublié chez sa femme au moment de l'escapade en Belgique. Toutefois, Jacques Bienvenu a clairement montré que Verlaine a voulu faire croire que le texte de La Chasse spirituelle se confondait avec le texte infamant des lettres échangées par Rimbaud et Verlaine en mars-avril 1872. Ces lettres furent retrouvées par la femme de Verlaine, Mathilde, qui s'en sert ultérieurement pour gagner son procès en demande de séparation en 1874. Une copie de ces lettres a dû être établie par un greffe, mais, si tel est bien le cas, ces précieuses archives nationales ont été détruites à une date indéterminée au cours du vingtième siècle ! Mathilde a-t-elle détruit des poèmes de Rimbaud ? Ces poèmes réapparaîtront-ils un jour ? En 2004, une version inédite du poème Mémoire, sous le titre Famille maudite, a redonné espoir. Mais il n'est pas absolument certain que ce manuscrit provienne des héritiers de Verlaine et de son ex-épouse. Quant au texte de La Chasse spirituelle, s'il a existé, on peut se demander à quel point il serait proche des Déserts de l'amour, voire s'il ne s'agirait pas du même texte.

    Une saison en enfer

    Une saison en enfer}}

    Une saison en enfer est peut-être, comme l'a prétendu Verlaine, une « prodigieuse autobiographie spirituelle » de Rimbaud. L'écriture chaotique est sans cesse traversée par une multiplicité de voix intérieures. Le locuteur y crie sa souffrance, son expérience intime : il a compris qu'il ne pouvait « voler le feu » pour lui seul. Une « ardente patience » est indispensable pour que la défaite ne soit pas définitive. Mais vouloir oublier « l'Enfer », c'est trahir l'humanité. Pourtant, dans la solitude atroce de la ville, la fatigue étreint le jeune poète.

    Régulièrement aphasique ou traversé par des cris de révolte contre l'Église, contre la société du qui enferme l'individu, Rimbaud fait part au lecteur de ses échecs : échec amoureux, et l'on peut penser à sa relation avec Verlaine, mais aussi au fait que pour lui, « l'amour est à réinventer ». Échec aussi de sa démarche de Voyant : c'est un être qui, seul, a voulu se damner pour retrouver le vrai sens de la poésie.

    Les Illuminations

    Les Illuminations}}

    Les poèmes écrits en vers peu académiques, connus aujourd'hui sous le titre apocryphe de Derniers vers, ne sont pas tous identifiés. Il reste des zones d'ombre sur ce que Verlaine a appelé « de superbes fragments », et qui seront édités sous le titre Illuminations (textes composés vers 1872-1875).

    Apport poétique

    Sur le plan de la forme, Arthur Rimbaud a pratiqué une versification de plus en plus ambitieuse en fait d'enjambements à l'entre-vers et à la césure, avant de « déglinguer » littéralement la mécanique ancienne du vers, autour de 1872, dans les trois quatrains de Tête de faune puis dans un ensemble de compositions souvent réunies sous le titre apocryphe de Derniers Vers. Il a introduit le vers libre en France, avec deux poèmes des Illuminations : Marine et Mouvement. Certains symbolistes, comme Gustave Kahn, s'attribueront « l'invention » du vers libre, mais ce dernier avait justement contribué à la première publication des Illuminations en 1886 et aucune version significative de poème en vers libre non rimbaldien n'a été attestée à une date antérieure. Rimbaud a donné ses lettres de noblesse à un type de poème en prose distinct d'expériences plus prosaïques du type du Spleen de Paris de Baudelaire. Les ressources poétiques de la langue sont encore exploitées sous un jour différent dans le célèbre poème en prose, pseudo-autobiographique, Une saison en enfer. Avec un fort penchant à l'hermétisme qu’il partage avec d'autres de ses quasi contemporains (Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, sinon Paul Verlaine parfois), Rimbaud a le génie des visions saisissantes qui semblent défier tout ordre de description du réel. Deux compositions sont emblématiques à cet égard : Le Bateau ivre et Voyelles. Les propos radicaux des deux lettres dites « du voyant » et l'étrangeté des univers poétiques suggérés dans le sonnet Voyelles, les proses des Illuminations et l'ensemble dit des Derniers Vers ont contribué à forger un mythique pouvoir « démiurgique » de la parole poétique. Si le sens énigmatique des Illuminations est mieux cerné de nos jours, il demeure étrangement polysémique, pour les poèmes en vers de 1872 et le sonnet Voyelles.

    Appréhendée intuitivement par l'intégralité des poètes successeurs, la poésie de Rimbaud a ouvert la voie à la poésie contemporaine du et nombreux sont les auteurs qui s'en réclamèrent tels Alfred Jarry, Antonin Artaud, Roger Vitrac, René Char, Jean Venturini et tous les surréalistes, sans oublier les poètes de la revue Le Grand Jeu comme René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte, ou encore Henri Michaux, ainsi que des artistes-interprètes, tels que Jim Morrison, Bob Dylan, et Patti Smith (cf. l'album Radio Ethiopia dédié à Rimbaud).

    Néologismes

    Iconographie

    Portraits de Rimbaud par ses contemporains

    Source : Jean-Jacques Lefrère, Face à Rimbaud, éd. Phébus, 2006.

    Fichier:Frères Rimbaud communiants Vassogne.jpg| : Louis Eugène Vassogne : Frédéric et Arthur Rimbaud en 1866. Fichier:Rimbaud vers 1871 retirage Carjat.jpg| Rimbaud en 1870 ou 1871, photo-carte de visite. Fichier:Rimbaud Carjat.jpg|Étienne Carjat : Arthur Rimbaud en octobre 1871. Fichier:Rimbaud & Verlaine by Félix Régamey.jpg|Félix Régamey : Rimbaud et Verlaine à Londres, en 1872. Fichier:Paul Verlaine - Les voyages forment la jeunesse.jpg|Paul Verlaine : Rimbaud dessiné en 1876. Publié dans La Revue blanche du . Fichier:Guest_of_the_hôtel_de_l'Univers_(Aden)_once_thought_to_be_Rimbaud._Nov._1879.jpg|Extrait d'une photographie présumée d'Arthur Rimbaud, révélée au public par Alban Caussé et Jacques Desse en 2008.

    Fichier:Rimbaud.jpg|Luque : vignette publiée dans la des Poètes maudits en 1888.

    ), 1864 (?).
  • Émile Jacoby ? Récemment, cette photo serait plus vraisemblablement attribuée à Louis Eugène Vassogne (1836-1881): photographie de Frédéric et Arthur Rimbaud en communiants (21,5 x ), 1866.
  • Ernest Delahaye : caricatures et dessins, 1870 - 1880.
  • Émile Jacoby ? ou Étienne Carjat ? : photographie sur verre, où Arthur paraît avoir 15 ou 16 ans, 1871 ?
  • Étienne Carjat : photographie d’Arthur à 17 ans, octobre 1871.
  • André Gill : « Arthur Rimbaud sur son bateau ivre », dessin pour l’Album zutique (25,3 x ), 1871.
  • Paul Verlaine : caricatures et dessins, 1872 - 1895.
  • Henri Fantin-Latour : esquisse, croquis pour le tableau, Coin de table ( x ), 1872, exposé au Musée d'Orsay à Paris.
  • Jean-Louis Forain : dessin au lavis de brun (11,4 × ), non daté et deux caricatures, 1872.
  • Félix Régamey : dessins exécutés à Londres, 1872 - 1873.
  • Alfred Garnier : huile sur carton (21 x ), 1872.
  • Jef Rosman : peinture à l'huile sur panneau d'acajou (25 x ), 1873, exposé au musée Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières.
  • Germain Nouveau : faute de précision, il est présumé que Rimbaud soit représenté sur un ou deux dessins exécutés en 1876.
  • Isabelle Rimbaud : croquis et dessins 1879 - 1891.
  • Anonyme : photographie légendée « Environs d’Aden. Avant le déjeuner à Scheick Otman [sic]. », où Rimbaud pose en compagnie de cinq hommes sur les marches de la maison d’Hassan Ali, en 1880 ?
  • Anonyme : photographie faite à Aden (9,6 x ), avec « Hôtel de l'Univers » inscrit au dos. Selon les premières investigations, rapportées par les découvreurs Alban Caussé et Jacques Desse (libraires de livres anciens), aidés en cela par Jean-Jacques Lefrère (biographe de Rimbaud), le jeune homme assis en compagnie de six autres personnes sur le perron de l’hôtel, est bien Arthur Rimbaud, présent dans ce port, depuis la première quinzaine d’août 1880.
  • Thomas Blanchet : eau-forte inspirée de la photographie prise par Étienne Carjat, 1884.
  • Luque : caricature et médaillon, 1888.
  • Frédéric-Auguste Cazals : « croquis d’après documents » du profil de Rimbaud avec l’ombre portée de Verlaine (10 x ), 1889.
  • }}

    Arthur Rimbaud, photographe

    Comptant partir pour le continent africain, Arthur Rimbaud écrit à sa famille le , pour leur annoncer qu’il a commandé au colonel P. Dubar, à Lyon, tout le matériel photographique nécessaire afin d’en tirer « une petite fortune, en peu de temps ». «…les reproductions de ces contrées ignorées et des types singuliers qu’elles renferment devant se vendre en France ». Il reçoit enfin son appareil en mars 1883.Installé dans la succursale de Harar, en avril, Rimbaud fait parvenir trois photographies à sa famille : «…de moi-même par moi-même. […] Ceci est seulement pour rappeler ma figure, et vous donner une idée des paysages d’ici… » Le 20 mai, il leur écrit : « La photographie marche bien. C’est une bonne idée que j’ai eue. Je vous enverrai bientôt des choses réussies. » Le 26 août 1883, Rimbaud écrit à Bardey qui est à Vichy : « J’avais lâché ce travail [de photographe] à cause des pluies... Je vais le reprendre avec le beau temps et je pourrais vous envoyer des choses vraiment curieuses. » De retour à Aden, en janvier 1885 : « Je ne vous envoie pas ma photographie ; j’évite avec soin tous les frais inutiles. » et le : « L’appareil photographique, à mon grand regret, je l’ai vendu, mais sans perte. »

    Nous ignorons le nombre de photographies faites par Rimbaud. Il s'agit d'épreuves d’époque au citrate réalisés par contact à partir de négatifs sur plaque de verre d'un format 13 × 18 cm au gélatine-bromure d’argent.

    Voici les seules qui nous sont parvenues identifiées :
    • Autoportrait, «…debout sur une terrasse de la maison [Mazeran, Viannay et Bardey de Harar]… » (18 x ), 1883.
    • Autoportrait, «…debout dans un jardin de café [au Harar]… » (18 x ), 1883.
    • Autoportrait, «…les bras croisés dans un jardin de bananes [au Harar] » (18 x ), 1883.
    • Sotiro, l’adjoint de Rimbaud, en tenue de chasseur parmi des bananiers du « jardins de Raouf Pacha ».
    • Cour intérieure de la maison Bardey (sur la gauche, on aperçoit la rampe de l’escalier qui mène à la terrasse où Rimbaud s’est photographié). Au verso de cette photographie, est inscrit : « Vue du magasin de manutention. Fabricant de daboulas (sac en cuir) à l’heure du Kât (Khat) », (12, 2 x ), 1883.
    • La place du marché de Harar.
    • La coupole du mausolée de Cheikh-Ubader, père protecteur de la ville de Harar ; lieu vénéré des Hararis (12 x ).

    Une huitième photographie serait, selon Serge Plantureux, mentionnée au catalogue de la bibliothèque de Charleville-Mézières : Portrait de Ahmed Ouady, militaire égyptien.

    Image:Autoportrait de Rimbaud à Harar en 1883.jpg|« Sur la terrasse de la maison Bardey ». Image:Rimbaud dans un jardin de café.jpg|« Dans un jardin de café ». Image:Rimbaud in Harar.jpg| « Les bras croisés dans un jardin de bananes ». Image:Man with a gun by Rimbaud.png| Sotiro, l’adjoint de Rimbaud, en tenue de chasseur parmi des bananiers. Image:Artisan au Harar A. Rimbaud 1883.png| Cour intérieure de la maison Bardey : artisan. Fichier:Markt in Harar Photo von Rimbaud.jpg|La place du marché de Harar.

    Image:Harar House Mill by Rimbaud.png| La coupole du mausolée de Cheikh-Ubader.

    Portraits posthumes

    Image:Arthur Rimbaud à 12 ans par Paterne Berrichon.jpg|Paterne Berrichon : Arthur à 12 ans. Dessin paru dans La Revue blanche en 1897. Image:Masque de Rimbaud par Paterne Berrichon.jpg|Paterne Berrichon : Rimbaud vers 30 ans. D'après un dessin d'Isabelle Rimbaud. Fichier:Arthur Rimbaud by Vallotton.jpg|Félix Vallotton : gravure sur bois, parue dans Le Livre des masques de Remy de Gourmont, en 1896.

    File:Rimbaud 2 by Reginald Gray.jpg|par Reginald Gray.

    • Jean Arp : gravure sur bois.
    • Pierre Dufour, dit Paterne Berrichon : dessins, 1897 - 1901.
    • A. Bosshard : gravure sur bois, 1916.
    • Jean Cocteau : Il a foudroyé la sottise, il a fui les ignobles, dessin (49 x ), 1959.
    • Armand Coussens : gravure.
    • Lucien Coutaud : peinture.
    • Sonia Delaunay : Pochoir coloré sur collage de la photographie prise par Étienne Carjat.
    • Jim Dine : Rimbaud Wounded in Brussels, gravure sur cuivre (14,6 × ) et impression sur papier Japon (50,8 x ), 1973.
    • Pierre Gandon : gravure en taille douce, 1925.
    • Alberto Giacometti : eau-forte (52 × ).
    • Valentine Hugo : lithographies, eaux-fortes et peintures.
    • Fernand Léger : lithographies.
    • Louis Marcoussis : gravures dont portrait « aux mouches » (30 x ), 1939.
    • Luc Albert Moreau : Rimbaud et Verlaine, lithographie (33 x ).
    • René-Henri Munsch : gravure sur bois.
    • Hubert Pauget : peinture.
    • Pablo Picasso : lithographie, (49,2 × ).
    • Ernest Pignon-Ernest : dessins et lithographies, 1986.
    • Peter Thomson : peinture.
    • Félix Vallotton : gravures sur bois.
    • Jacques Villon : pointe sèche (25 x ).
    • David Wojnarowicz : Arthur Rimbaud in New York, photographies, 1978 - 1979.

    Illustrations de l'œuvre

    • André Beaurepaire : 20 lithographies en noir, Poèmes en prose, Les Centraux Bibliophiles, Paris, 1964.
    • Yves Brayer : 25 lithographies en noir, Le Bateau ivre, éd. Philippe Gonin, Paris, 1939.
    • Serge Chamchinov : 7 bois gravés en couleurs pour Le Bateau ivre, édition Atelier Avalon, 2006. Format du livre d'artiste 24x24cm, série Livre - poème, conception poésie visuelle, 7 gouaches, poème d’Arthur Rimbaud, texte intégral imprimé, jeu typographique, Canson , Népalais , 4 variantes.
    • Louis Favre : lithographies en couleurs (33,9 x ), Une saison en Enfer, A. A. M. Stols, Paris, 1949.
    • Johnny Friedlaender : 6 gravures à l’aquatinte, Illuminations, Les Bibliophiles de Provence, Toulon, 1979.
    • Valentine Hugo : 7 pointes sèches (29 x ), Les Poètes de sept ans, éd. GLM, Paris, 1939.
    • Pierre Joubert : illustration des Œuvres poétiques, Fleurus, Paris, 1995 .
    • Fernand Léger : 15 lithographies dont 10 coloriées au pochoir (34 × ), Les Illuminations, Grosclaude Éditions des Gaules, Lausanne, 1949.
    • Robert Mapplethorpe : 8 photographies (héliogravures en noir et blanc), A Season in Hell, Paul Schmidt (traducteur), éd. Bulfinch Press, New York, États-Unis 1997.
    • Raymond Moretti : 36 sérigraphies, Le Bateau ivre, éd. Joseph Pardo/Le Chant des sphères, Nice, 1966.
    • Germaine Richier : 24 eaux-fortes en noir (29 x ), Une saison en Enfer avec extraits des Déserts de l'amour et des Illuminations, éd. A. Gonin, Lausanne, 1953.
    • Dominique Sosolic : 10 gravures en taille douce (sur cuivre), pour 3 ouvrages, Poésies, Une saison en Enfer (précédé de Nouvelles Poésies), Les Illuminations (suivi de Poésies diverses), Club du livre, Paris, 1984, 1986 et 1988.

    Hommages

    Musées

    • 1994 : inauguration du Musée Rimbaud, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières, dans l’ancien moulin ducal de Charles de Gonzague.
    • : inauguration de la « maison Rimbaud », à Harar. Malgré le nom qui lui a été attribuée, cette vaste et luxueuse bâtisse en bois à étages d’inspiration indienne, ne fut pas habitée par Arthur Rimbaud, car construite après sa mort.
    • , jour anniversaire des 150 ans de sa naissance : inauguration de la Maison des Ailleurs, 7 quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille Rimbaud l’habita de 1869 à 1875.

    Fichier:Charleville mezieres musée rimbaud 02.jpg|Musée Rimbaud, quai Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.

    Fichier:Rimbaud - appartement familial à Charleville.JPG|La Maison des Ailleurs, 7, quai Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.

    Monuments

    Fichier:Buste Rimbaud, place de la gare Charleville-Mézières.JPG|Square de la gare, Charleville-Mézières.

    Fichier:Arthur Rimbaud.JPG|Place J. Félix, Charleville-Mézières.

    |Gare de Voncq.

    • , inauguration d’une stèle surmontée d'un buste d'Arthur Rimbaud, square de la gare, à Charleville-Mézières : buste sculpté par Pierre Dufour – alias Paterne Berrichon, époux d’Isabelle Rimbaud –, d’après les photos d’Étienne Carjat. Ce buste fut subtilisé par l’occupant pendant la Première Guerre mondiale.
      • : inauguration d’un , copie sculptée d’après les photographies du précédent, par Alphonse Colle. Il sera volé à son tour sous l’occupation, pendant la Seconde Guerre mondiale.
      • pour le centenaire de sa naissance : inauguration d’un sculpté d’après une maquette de Berrichon par Dumont.
    • 1984 : « L'Homme aux semelles devant » (clin d’œil au surnom que lui avait donné Verlaine), sculpture en bronze de Jean-Robert Ipoustéguy, place du Père-Teilhard-de-Chardin, à Paris 4. Une commande du président de la République, François Mitterrand.
    • : « Monument à Rimbaud », sculpté par Jean Amado, parc balnéaire du Prado, à Marseille, . Commande publique de la ville de Marseille et du ministère de la Culture et de la Communication. Un extrait du poème, est gravé sur une dalle de granit rose, posée à proximité :
    • , jour du centenaire de sa mort : sculpture en bronze de Michel Gillet, île du Vieux Moulin, à Charleville-Mézières
    • 1997 : « Il faut être absolument moderne », statue d’Hervé Tonglet, place Jacques-Félix, aux abords du collège Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières.
    • 2004 : « L'homme aux semelles de vent », sculpture d’Éric Sléziak, quai Rimbaud, à la gare de Voncq. Point de départ des fugues et voyages de Rimbaud pour fuir « Charlestown ».
    • 2004 : « Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre », sculpture d’Éric Sléziak, près du site où se trouvait la ferme familiale, à Roche.
    • 14 juin 2012 : inauguration d'une décoration murale (Street art) rue Férou, à Paris, reproduisant intégralement le poème Le Bateau ivre. Cette œuvre, financée par l'Ambassade des Pays-Bas et réalisée par le calligraphe Jan Willem Bruins est située face à l'emplacement d'un restaurant aujourd'hui disparu où Rimbaud a récité ce texte le 30 septembre 1871.

    Plaques commémoratives

    Fichier:Graf Jean Nicolas Arthur Rimbaud.jpg|124, avenue Charles-Boutet, Charleville-Mézières. Fichier:Rimbaud - maison natale à Charleville.JPG|12, rue Pierre-Bérégovoy, Charleville-Mézières. Fichier:Maison des Ailleurs.JPG|7, quai Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières. Fichier:Bruxelles rue des Brasseurs 1.jpg|1 rue des Brasseurs, Bruxelles. File:Bâtiment_A_hôpital_de_la_Conception.JPG|147, boulevard Baille, Marseille, . File:Hôtel de Cluny.JPG|8, rue Victor-Cousin, Paris, 5.

    File:Place St-Sulpice.JPG|coin des rues du Vieux-Colombier et Bonaparte, Paris, 6.

    • Novembre 1891 : plaque tombale, cimetière (sur la gauche de l’allée centrale), 124, avenue Charles-Boutet, à Charleville-Mézières.
    • : au de la maison natale du poète, 12, rue Pierre-Bérégovoy, à Charleville-Mézières.
    • , jour anniversaire de sa naissance : cour intérieure de l’hôpital de la Conception à Marseille, à l’initiative d’une association de poètes marseillais, « Les Amis d’Arion ».
      • 2000 : lors de la rénovation totale de l’établissement, une plaque refaite à l’identique a été apposée dans le hall d'accueil du bâtiment central, 147, boulevard Baille, . Elle est agrémentée d'un des six poèmes de , issu du recueil, Illuminations :
    • , jour du centenaire de sa naissance : 7, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille Rimbaud l’habita de 1869 à 1875 (devenu la Maison des Ailleurs, en 2004 – voir Musées ci-dessus).
    • , jour du centenaire de sa mort : « Il faut être absolument moderne », plaque apposée par la communauté française de Belgique, au 1, rue des Brasseurs, à Bruxelles, à l’endroit où s’élevait l’hôtel « À la ville de Courtrai », où Verlaine blessa Rimbaud le .
    • 19?? : 8, Great College Street, quartier de Camden, à Londres : Rimbaud et Verlaine habitèrent cette maison lors de leur deuxième séjour londonien, de mai à juillet 1873.
    • 19?? : sur les lieux qui inspirèrent le poète, à Roche.
    • : 8, rue Victor-Cousin, Paris 5, à l’initiative de l'Association internationale des amis de Rimbaud. En juin 1872, Arthur Rimbaud occupa dans l’hôtel Cluny, « une chambre jolie » qu’il a quelque peu décrite dans une lettre adressée à son ami Ernest Delahaye.
    • : au coin des rues du Vieux-Colombier et Bonaparte (coin Nord-Ouest de la place Saint-Sulpice), à Paris 6, à l’initiative de l'Association internationale des Amis de Rimbaud, à l'endroit où, le , eut lieu, au restaurant du premier étage du marchand de vin Ferdinand Denogeant, le dîner mensuel des « Vilains-Bonshommes » où Arthur Rimbaud fut présenté par Paul Verlaine aux poètes parnassiens.

    Romans

    • Jean Teulé, Rainbow pour Rimbaud, Julliard, 1991
    • Philippe Besson, Les Jours fragiles, Paris, éd. Julliard, 2004, .
    • Serge Filippini, Rimbaldo, Paris, éd. de la Table ronde, 2014 .

    Bandes dessinées

    • Chloé Poizat (images), Le Rimbaud, 18 poèmes mis en images, Paris, Mango Jeunesse, « collection Album Dada », 1998, , relié, 26 × .
    • Christophe Dabitch (scénario), Benjamin Flao (dessin), La Ligne de fuite, Paris, Futuropolis, 2007, 120 , relié, 24,5 × .
    • Christian Straboni (scénario, dialogues et dessin), Laurence Maurel (dialogues), Le Chapeau de Rimbaud, Talence, Akileos, 2010, 80 , relié, 23,3 × .
    • Corcal (récit), Edith (dessin et couleur), La Chambre de Lautréamont, Paris, Futuropolis, 2012, 136 , relié, 20 × .
    • Xavier Coste, Rimbaud, l'indésirable, Bruxelles, Casterman, 2013, 120 , relié, 23,8 × .
    • Philippe Thirault (scénario), Thomas Verguet (dessin), Christian Clot (dossier historique), Rimbaud, l'explorateur maudit, Paris, Glénat, coll. « Explora », mars 2016, 56 , relié, 24 × .

    Poèmes mis en musique contemporaine

    • Gilbert Amy : Une saison en enfer, pour soprano, piano, percussion et bande magnétique (1980) - CD, Une saison en enfer, Fusako Kondo (soprano), Carlos Roque Alsina (piano), Jean-Pierre Drouet (percussion), Gilbert Amy (pupitre électroacoustique), INA GRM/MFA, 2008.
    • Benjamin Britten : Les Illuminations, Opus 18, pour ténor (ou soprano) et orchestre à cordes (1939) - CD, Britten, Les Illuminations, Felicity Lott (soprano), English Chamber Orchestra, dirigé par Steuart Bedford, Naxos, 2004.
    • François Cotinaud : 20 poèmes - coffret 2 CD + 1 DVD, Rimbaud et son double, Musivi, 2005.
    • Wolfgang Rihm : Départ - CD, Wien Modern, Wierner Philharmoniker, dirigé par Claudio Abbado, Deutsche Grammophon, 1990.
    • Bruno Richardot : "L'Étoile", chanson pour ensemble vocal (4 voix mixtes)
    • John Zorn : Rimbaud - CD, Tzadik, 2012

    Poèmes mis en chansons

    • Dick Annegarn : L'Éternité, Vers nouveaux (Qu'est-ce pour nous mon cœur ?) - CD, Frères ?, Nocturne, 1986.
    • Jean-Louis Aubert : Sensation - CD, Idéal standard, EMI, 2005.
    • Joan Baez : Enfance III et le Mal, traduits en anglais, sur l'album , 1968.
    • Philippe Belin : 11 poèmes - CD, Rimbaud Blues, Nocturne, 2005.
    • Robert Charlebois :
      • Sensation - 33 tours, Québec Love, Gamma, 1969.
      • Ma Bohème - 33 tours, Je rêve à Rio, Barclay, 1974.
    • Elijah's Mantle :
      • extraits de Nuit de l'enfer (Une saison en enfer) dans Litanies of Woes et des Mains de Jeanne-Marie (Jeanne-Marie's Hands) dans Portals of Opium, dans l'album Betrayals and Ecstasies, De Nova Da Capo (DNDC 006 CD), 1996.
      • Ophelia (Ophélie), et extraits d’Une saison en enfer : Night in Hell (Nuit de l'enfer) et Adieu dans l'album Poets and Visionaries, De Nova Da Capo (DNDC 009 CD), 1996.
    • Léo Ferré (voir Liste de poètes chantés par Léo Ferré#Arthur Rimbaud)
      • album Verlaine et Rimbaud, Barclay, 1964 : 10 poèmes, dont :
      • * Les Assis, Ma Bohème, Chanson de la plus haute tour, Les Poètes de sept ans.
      • Le Bateau ivre, dans le double album Ludwig - L'Imaginaire - Le Bateau ivre, RCA, 1982.
      • Roman, dans l'album On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, EPM, 1986.
      • La Maline, dans l'album Les Vieux Copains, EPM, 1990.
      • Une saison en enfer, EPM, 1991.
      • double-album Maudits soient-ils !, La Mémoire et la Mer, 2004 :
      • * 21 poèmes, dont Aube, Les Mains de Jeanne-Marie, Voyelles, Le Sonnet du trou du cul.
    • Kirjuhel : À la musique, Chanson de la plus haute tour et L'Éternité dans l'album 12 poèmes en langue française, Revoe, 1986 (ffff Télérama).
    • Valérie Lagrange : Sensations, dans l'album Fleuve Congo, Exxos, 2003.
    • Catherine Le Forestier : 12 poèmes - CD, Catherine Le Forestier chante Rimbaud, Flarenasch, 1998.
    • Colette Magny : Chanson de la plus haute tour, dans l'album Melocoton, CBS Disques, 1964.
    • Ghédalia Tazartès : Credo in Unam, Sensation, Le Dormeur du Val, Le Cœur volé, Ma bohème, Oraison du soir - mini-CD 5 Rimbaud 1 Verlaine, Jardin au Fou, 2006.
    • Laura Veirs : Sleeper In The Valley (Le Dormeur du val) - CD, July Flame, Universal Records, 2010.
    • Jean-Marc Versini : 17 poèmes - CD, Arthur Rimbaud chanté par Jean-Marc Versini, Marmottes productions, 2004.
    • Weepers Circus : Larme - CD, La Monstrueuse Parade, Artdisto/Universal Music, 2005.
    • Hector Zazou
      • Hector Zazou et autres : Work in Progress..., enregistrement collectif CD 4 titres, Faim (Une saison en enfer), À une raison et Royauté (Les Illuminations), et Lettre au directeur des Messageries maritimes, édition spéciale pour la « Parade sauvage pour Arthur Rimbaud » (Grande halle de la Villette), commémoration du centenaire de la mort du poète, production artistique d'Hector Zazou, avec la contribution de RyÅ«ichi Sakamoto, John Cale, David Sylvian, Richard Bohringer, Steve Shehan, Daniel Yvinec, Les Azmaris d'Éthiopie, Sacem, 1991.
      • (avec Gérard Depardieu, David Sylvian, Khaled...) 10 poèmes - CD, Sahara Blue, Crammed Discs, 1992.

    Hommages en chansons

    • Barbara : L’Absinthe - CD, La Fleur d’amour, Mercury, 2002.
    • Les Garçons bouchers : Arthur - CD, Écoute, petit frère, AZ, 1995.
    • Georges Chelon : Rimbaud - 33 tours, Rimbaud, Barclay, 1982.
    • Michel Delpech : Rimbaud chanterait - CD, Pour un flirt, AZ, 2001.
    • Brigitte Fontaine : Comme Rimbaud - 33 tours, Brigitte Fontaine est… folle !, Saravah, 2002.
    • Indochine : Go, Rimbaud Go ! - CD, La République des Meteors, Jive/Epic/Sony, 2008.
    • André Klenes - Quintet, Ballade sur le Nom de Rimbaud , Sébastien Surel, violon - Chikako Hosoda, violon - Pierre Heneaux, violon - Sébastien Walnier, violoncelle - André Klenes, contrebasse - Sarah Klenes, vocal ; 2009.
    • Bernard Lavilliers : Pauvre Rimbaud - CD, Premiers pas..., M 10, 2001.
    • Patti Smith : Dream of Rimbaud - CD, Rockin’ Rimbaud / The Köln Reading, P. Smith und S Press, 1991.
    • Raphael : Être Rimbaud - CD, La Réalité, Capitol/EMI, 1995.
    • Yves Simon : L'Abyssinie, sur l'album De l'autre côté du monde, 1985.
    • Hubert-Félix Thiéfaine : Affaire Rimbaud - CD, Météo für nada, MASQ, 1986.
    • Mama Béa Tékielski : Arthur - CD, No Woman’s Land, coll. Mafalda, 1991.
    • Tucker Zimmerman, Les Visions de Rimbaud, sur l’album Ten songs , 1969.

    Cinéma

    • 1965 : Rimbaud est omniprésent dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard
    • 1971 : Une saison en enfer (Una stagione all'inferno), de Nelo Risi, avec Terence Stamp et Jean-Claude Brialy, 130 min.
    • 1982 : Rimbaud, l'éternité retrouvée, court métrage documentaire d'Olivier Esmein, récitant Claude Nougaro, 11 min.
    • 1991 : Arthur Rimbaud, une biographie, de Richard Dindo, 140 min (DVD, Arte Vidéo, 2005).
    • 1995 : Rimbaud Verlaine (Total Eclipse), d'Agnieszka Holland, avec Leonardo DiCaprio et David Thewlis, 100 min (DVD, CTN/Pioneer, 1999).
    • 2004 : Quoi ? L'éternité, documentaire d'Étienne Faure, commenté par Jean-Claude Brialy, Jocelyn Quivrin, etc., 58 min (DVD, Eivissa Productions, 2005).
    • 2006 : Arthur Rimbaud, habiter la terre en poète, collection Présence de la Littérature. Scérén-Cndp, 140 min. Quatre documentaires sur la vie de Rimbaud dont Quoi ? L'éternité (voir ci-dessus).
    • 2007 : Praline, documentaire de Jean-Hugues Berrou, 49 min (DVD, Chalet pointu).
    • 2007 : I'm Not There, film de Todd Haynes, 135 min, où l'une des personnalités de Bob Dylan, incarnée par Ben Whishaw, est très fortement inspirée d'Arthur Rimbaud.

    Télévision

    • 1995 : L'Homme aux semelles de vent de Marc Rivière, avec Laurent Malet, 155 min, diffusé le 27 novembre sur France 2 (DVD, LCJ Éditions, 2008).
    • 1998 : Athar, sur les traces de Rimbaud en Éthiopie-Djibouti-Yémen, de Jean-Philippe Perrot, 54 min (DVD, Aptly, 2008).
    • 1999 : Arthur Rimbaud Liberté Libre, une biographie, de Jean-Philippe Perrot, 90 min (DVD, Aptly, 2008).

    Émissions de radio

    • 1980 : Les Vivants et les Dieux. Rimbaud : Les Illuminations, émission de Philippe Nemo et de J.-P. Giusto, diffusé les et 15 décembre sur France Culture.
    • 2013 : Henri Guillemin raconte Paul Verlaine et Rimbaud, émission diffusée le 23 août à 21h sur France Culture

    Pièces de théâtre

    • Et Dieu créa Rimbaud, pièce écrite par Michael Zolciak, avec Vincent Marbeau et Jonathan Kerr, jouée en novembre et décembre 2015 : à la Comédie Saint-Michel à Paris.
    • Une Saison en enfer, mise en scène et avec Carole Bouquet, théâtre Hébertot, 2017.
    • Une Saison en enfer, mise en scène d'Ulysse Di Gregorio, avec Jean-Quentin Châtelain, théâtre du Lucernaire, 2017.

    Opéra

    Lorenzo Ferrero : Rimbaud, ou Le Fils du soleil, opéra en trois actes, 1978

    Vidéographie

    Application informatique

    En 1991, année de célébration de la disparition du poète, est lancé le logiciel ARThur, conçu sur Amiga par Claude Douay et Michel Fages (pour Rimage) dans le but de mieux percevoir la pertinence visionnaire du poème Voyelles, utilisé tel un algorithme informatique : il suffisait d'y rentrer un texte en ASCII ou de saisir un mot au clavier pour obtenir rapidement une palette, incrémentée par la présence des voyelles itérées pour l'occasion, et mise en œuvre dans des infographies abstraites (sur le modèle fractal) avec une genèse aussitôt perceptible à l'écran. Ce fut le premier logiciel bureautico-graphique "certifié rigoureusement inutile".

    Notes et références

    Voir aussi

    Bibliographie

    Témoignages
    • Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, monographie publiée dans la revue Les Hommes d'aujourd'hui, , vers janvier 1888 ;
    • Isabelle Rimbaud, Reliques (Rimbaud mourant, Mon frère Arthur, Le Dernier voyage de Rimbaud, Rimbaud catholique), Mercure de France, Paris, 1921, 215 p.
    • Ernest Delahaye, Rimbaud - l’Artiste et l’être moral, éd. Cerf, coll. « Littérature », 2007 ( éd. 1923), 115 p.
    • Isabelle Rimbaud, Rimbaud mourant, éd. Manucius, coll. « Littéra », 2009, 130 p.
    • Georges Izambard, Rimbaud tel que je l’ai connu, éd. La Part Commune, 2010 ( éd. 1946), 230 p.
    • Ernest Delahaye, Mon ami Rimbaud, illustré par Jean-Michel Vecchiet, éd. Naïve, coll. « Livre d’heures », dirigée par Jean Rouaud, 2010, 48 p.
    • Alfred Bardey, Barr-Adjam, (préface de Claude Jeancolas), L’Archange Minotaure, 2010, 512 p.

    Correspondance
    • Sur Arthur Rimbaud. Correspondance posthume, 1891-1900, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, 2010, 1200 p.
    • Sur Arthur Rimbaud. Correspondance posthume, 1901-1911, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, 2011, 1260 p.
    • Sur Arthur Rimbaud. Correspondance posthume, 1912-1920, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, 2014, 1328 p.

    Biographies
    • .
    • .
    • .
    • .
    • Pierre Petitfils, Rimbaud, Julliard, coll. « Les Vivants », dirigée par Camille Bourniquel, 1982, 444 p.
    • Enid Starkie (trad. Alain Borer), Arthur Rimbaud, Flammarion, coll. « Grandes biographies », 1993 ( éd. Faber & Faber, Londres, 1961), 720 p.
    • Jean-Luc Steinmetz, Arthur Rimbaud - Une question de présence, Tallandier, coll. « Biographie », 2009 ( éd. 1991), 486 p.

    Dictionnaire
    • .

    Essais et études
    • Yves Bonnefoy, Rimbaud par lui-même, Éds du Seuil, coll. « Écrivains de toujours », Paris, 1994 ( éd. 1961), 189 p.
    • Yves Bonnefoy, Notre besoin de Rimbaud, Le Seuil, coll. « La Librairie du », 2009, 1453 p.
    • Alain Borer et Philippe Soupault, Arthur Aeschbacher, Un sieur Rimbaud se disant négociant, Lachenal & Ritter, 1984, 455 p.
    • Alain Borer, Rimbaud, l'Heure de la fuite, illustré par Hugo Pratt, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Littératures » , 1998 ( éd. 1991), 176 p.
    • Gabriel Bounoure, Le Silence de Rimbaud - petite contribution au mythe, Lib. LDF, Le Caire, 1955 ; rééd. Fata Morgana, 1991.
    • Bernard Bousmanne, « Reviens, reviens, cher ami » : Rimbaud–Verlaine - L'Affaire de Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique/Calmann-Lévy, 2006, 169 p.
    • Eddie Breuil, Du nouveau chez Rimbaud, Honoré Champion, 2014.
    • Pierre Brunel, Rimbaud, Hatier, 1972.
    • Pierre Brunel, Arthur Rimbaud ou l'éclatant désastre, Champ Vallon, 1983.
    • Pierre Brunel, Rimbaud - Projets et réalisations, Honoré Champion, 1983.
    • Pierre Brunel, Rimbaud - Une saison en enfer, édition critique et commentée, José Corti, 1987.
    • Pierre Brunel, Rimbaud - Biographie, étude de l'œuvre, Albin Michel, 1995.
    • Pierre Brunel, « Ce sans-cœur de Rimbaud » - Essai de biographie intérieure, éd. de l'Herne, 1999 ; rééd. Verdier, 2004.
    • Pierre Brunel, Rimbaud sans occultisme, Schena-Didier érudition, 2000.
    • Pierre Brunel, Rimbaud, Librairie Générale Française, 2002.
    • Pierre Brunel, Va-et-vient - Hugo, Rimbaud, Claudel, Kliencksieck, 2003.
    • Pierre Brunel, Éclats de la violence - Pour une lecture comparatiste des "Illuminations" d'Arthur Rimbaud, José Corti, 2004.
    • Pierre Brunel, Rimbaud. Le Bateau ivre d'Arthur Rimbaud. Un texte, une voix, Le Bord de l'Eau, collection « Études de style », 2017.
    • Ivar Ch'Vavar, Passage de Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud, Le Jardin ouvrier, Amiens, 1999.
    • Paul Claes, La Clef des Illuminations, Amsterdam, Rodopi, 2008.
    • André Dhôtel, Rimbaud et la révolte moderne, Gallimard, 1952 ; rééd. La Table ronde, 2004.
    • Giovanni Dotoli, Rimbaud ingénieur, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2005.
    • Alain Dumaine, Rimbaud et les Formes monstrueuses de l'amour, éd. Christian Moncel, 1980, 45 p.
    • René Étiemble, Le Mythe de Rimbaud : Structure du mythe, Gallimard, 1952.
    • René Étiemble, Le Mythe de Rimbaud : Genèse du mythe (1869-1949), Gallimard, 1954.
    • René Étiemble, Le Mythe de Rimbaud : L'année du centenaire, Gallimard, 1961.
    • René Étiemble, Le Sonnet des voyelles : de l'audition colorée à la vision érotique, Gallimard, 1968.
    • René Étiemble, Rimbaud, système solaire ou trou noir ?, PUF, 1984.
    • Stanislas Fumet, Rimbaud, mystique contrarié, éditions Plon, collection La Recherche de l'absolu, 1966. Réédition 1979, édition du Félin .
    • Benjamin Fondane, Rimbaud le voyou, Éds Complexe, Bruxelles, 1990 ( éd. Denoël et Steele, 1933), 296 p.
    • Jacques Gengoux, La Pensée poétique de Rimbaud : le système, ses sources, Nizet, 1950.
    • Jean-Pierre Giusto, Rimbaud créateur, PUF, 1985.
    • André Guyaux, Poétique du fragment - Essai sur les "Illuminations", La Baconnière, 1985.
    • André Guyaux, Duplicités de Rimbaud, Champion-Slatkine, 1991.
    • André Guyaux, Rimbaud (collectif), Cahiers de l'Herne, 1993.
    • Albert Henry, Contributions à la lecture de Rimbaud, Académie Royale de Belgique, 1998.
    • Yanny Hureaux, Un Ardennais nommé Rimbaud, préface d’André Velter, photographies de Gérard Rondeau, La Nuée Bleue/L’Ardennais, Strasbourg, 2003, 224 p.
    • Alain Jouffroy, Arthur Rimbaud et la Liberté libre, Le Rocher, 1991.
    • Françoise Lalande, Madame Rimbaud, Presses de la Renaissance, 1987 ; rééd. Labor, 2000.
    • Gérard Macé, Ex libris : Nerval, Corbière, Rimbaud, Mallarmé, Segalen, Gallimard, 1980.
    • Pierre Michon, Rimbaud le fils, NRF/Gallimard, coll. « L’Un et l’autre », 1991, 121 p.
    • Jean-Claude Morisot, Claudel et Rimbaud - étude de transformations, Minard, Lettres modernes, 1976.
    • Roger Munier, Aujourd'hui, Rimbaud : Enquête, Lettres modernes, 1976.
    • Roger Munier, « Génie » de Rimbaud, Traversière, 1988.
    • Roger Munier, L'ardente patience d'Arthur Rimbaud, José Corti, 1993.
    • Michel Murat, L'Art de Rimbaud, José Corti, 2002.
    • Steve Murphy, Le Premier Rimbaud ou l'apprentissage de la subversion, éd. du CNRS/PUL, 1990.
    • Steve Murphy, Rimbaud et la Ménagerie impériale, éd. du CNRS/PUL, 1991.
    • Steve Murphy, Stratégies de Rimbaud, éd. Honoré Champion, coll. « Champion Classiques », 2009 ( éd. 2004), 640 p.
    • Steve Murphy, Rimbaud et la Commune, 1871-1872. Microlectures et perspectives, éd. Classiques Garnier, 2010.
    • Yoshikazu Nakaji, Combat spirituel ou immense dérision ? Essai d'analyse textuelle d'Une saison en enfer, José Corti, 1989.
    • Laurent Nunez, Les Écrivains contre l'écriture, éditions José Corti, 2006.
    • Agnès Olive, Rimbaud, heureux comme avec une femme, LaBelleBleue, 2005.
    • Jacques Perrin (dir.), Rimbaud au Japon, Presses Universitaires de Lille, 1992.
    • Raymond Perrin, Rimbaud, un pierrot dans l'embêtement blanc. Lecture de La Lettre de Gênes de 1978, coll. Critiques littéraires, L'Harmattan, 2009. (édition revue en 2013).
    • Marcelin Pleynet, Rimbaud en son temps, Gallimard, 2005.
    • Georges Poulet, La poésie éclatée : Baudelaire / Rimbaud, Presses universitaires de France, 1980 ;
    • André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant, éditions La Colombe, 1947.
    • Jean-Pierre Richard, « Rimbaud ou la Poésie du devenir », Poésie et profondeur, éd. du Seuil, 1955.
    • Daniel-Rops, Rimbaud, le drame spirituel, Paris, Plon, 1936.
    • Victor Segalen, Le Double Rimbaud, Fata Morgana, 1979.
    • Salah Stétié, Rimbaud, le huitième dormant, Fata Morgana, 1993.
    • Salah Stétié, Rimbaud d'Aden, Fata Morgana, 2004.
    • Salah Stétié, Arthur Rimbaud, Fata Morgana, 2006.
    • Bernard Teyssèdre, Arthur Rimbaud et le foutoir zutique, Paris, Éditions Léo Scheer, 2011, 784 pages .

    Ouvrages iconographiques
    • Album Rimbaud, iconographie réunie et commentée par Henri Matarasso et Pierre Petitfils, NRF/Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » , 1967, 438 illustrations, 320 p.
    • Claude Jeancolas, L’Afrique de Rimbaud, photographiée par ses amis, Textuel, 1999, 128 p.
    • Jean-Hugues Berrou (photographies), Jean-Jacques Lefrère (texte), Pierre Leroy (texte), Rimbaud à Aden, Fayard, 2001, 168 p.
    • Jean-Hugues Berrou (photographies), Jean-Jacques Lefrère (texte), Pierre Leroy (texte), Rimbaud au Harar, Fayard, 2002, 320 p.
    • Jean-Hugues Berrou (photographies), Jean-Jacques Lefrère (texte), Pierre Leroy (texte), Rimbaud Ailleurs, Fayard, 2004, 304 p.
    • Jean-Jacques Lefrère, Rimbaud le disparu, Buchet-Chastel, 2004, 193 p.
    • Jacqueline Salmon (photographies), Jean-Christophe Bailly (texte), Rimbaud parti, Marval, 2006, 128 p.
    • × , couverture couleur/noir et blanc, relié|isbn = 9782845973688|consulté le = |présentation en ligne = http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020201&id=471&c=&count=0|commentaire = Coédition avec Paris Bibliothèques — Catalogue de l'exposition Rimbaudmania : L'Éternité d'une icône, la plus grande collection éphémère jamais réunie autour d'Arthur Rimbaud. Présentée à Paris à partir du , prolongée jusqu'au , et à Charleville-Mézières du au }}

    Articles et revues
    • Parade sauvage, revue d'études rimbaldiennes, publiée annuellement par le musée-bibliothèque Rimbaud de Charleville-Mézières.
    • « Passages de Rimbaud », Magazine littéraire de juin 1991.
    • « Rimbaud, trafiquant d’âmes », Télérama hors-série, novembre 2004, 100 p.
    • « Dossier Arthur Rimbaud », Le Magazine littéraire de septembre 2009.
    • Jean-Jacques Lefrère, Jacques Desse, « Un coin de table à Aden », Histoires littéraires, revue trimestrielle consacrée à la littérature française des s, vol. XI, de janvier-février-mars 2010.
    • Alban Caussé et Jacques Desse, « Rimbaud, Aden, 1880 - Enquête sur une photographie », Revue des deux Mondes, septembre 2010, 240 p.
    • Jean-Michel Cornu de Lenclos, « L’Emplacement de la maison de Rimbaud localisé à Harar » — In : Lekti Écriture, 2011.

    L'œuvre latine
    • M. Ascione, « Le Poète latin », Le Magazine littéraire, (consacré à Arthur Rimbaud), 1991, .
    • L. Forestier, « Rimbaud et le Latin », La Réception du latin du à nos jours, Actes du colloque d’Angers des 23 et 24 septembre 1994, éd. G. Cesbron, L. Richer, Angers, Presses de l’Université d’Angers, 1996, .
    • Dirk Sacré, E. Van Peer, « Pour une édition critique des vers latins de Rimbaud », Humanistica Lovaniensia, Leuven, , 1994, .

    Documents audio-visuels
    • Jean-Philippe Perrot, Rimbaud, Athar et Liberté libre, documentaire, 2x90 min., 1998, DVD Aptly-Média (2008)
    • Richard Dindo, Arthur Rimbaud, une biographie, biographie avec scènes reconstituées, 1991, DVD Arte-Vidéo (2005).
    • Marc Rivière, Arthur Rimbaud, l'homme aux semelles de vent, téléfilm de fiction, 115 min., 1995, DVD LCJ éditions.
    • Alain Romanetti, Rimbaud, je est un autre, documentaire, 52 min., 2004, DVD Atelier Dominik (2005).
    • Agnieszka Holland, Rimbaud Verlaine (Totale éclipse), film de fiction, 105 min., 1995, DVD Dvdy/Opening (1997/2007).
    • Jean Teulé, Rainbow pour Rimbaud (d'après Rainbow pour Rimbaud de l'auteur), film de fiction (82 min., 1996).
    • Olivier Esmein, Rimbaud, l'éternité retrouvée, documentaire, 11 min., 1982.

    Notes bibliographiques

    Liens externes