Biographie de Bernard Lavilliers

Naissance : le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne

Chanteur auteur compositeur interprète français

Univers : rock, variété, reggae

Ses voyages à travers le monde apparaissent dans ses plus belles mélodies ; Bernard Lavilliers traverse les générations. Ses fans sont toujours emportés au bout de la terre par l’exotisme qu’il aime tant et fait si bien partager.

Des chantiers à la scène

La vie n’a pas toujours été rose pour Bernard Lavilliers. Il grandit entouré de ses parents dans la banlieue de Saint Etienne. De 12 à 19 ans, Bernard Lavilliers grandit dans une cité HLM de Saint-Etienne. Pas adepte des bancs de l’école, il connaît la maison de redressement. Il commence la boxe à l’adolescence et cette passion prend de l’ampleur jusqu’à lui donner envie d’en faire son métier. Entre la boxe et le cinéma, il rêve d’un avenir loin des chantiers mais c’est pourtant comme ouvrier qu’il va gagner sa vie pendant ses premières années d’adulte. Une période où il débute l’écriture inspirée de sa révolte contre la société actuelle. Malgré un budget très serré, il fait ses premiers pas sur scène comme chanteur dans la région.

Son besoin d’évasion prend rapidement le dessus et à l’âge de 20 ans, il s’envole pour le Brésil en quête de nouveaux rêves. À son arrivée à Rio de Janeiro, il débute comme docker puis déménage et devient chauffeur de camion. Il devient baroudeur sur les routes brésiliennes au cœur de l’Amazonie et de son insécurité. Un an et demi de voyage qu’il termine par l’Amérique du Nord. Son retour en France n’est pas agréable car son manquement au service militaire le conduit en bataillon disciplinaire et à la forteresse de Metz pendant un an.

Une période difficile qui se termine et une nouvelle aventure parisienne qui débute à la fin de l’année 1967. Sa rencontre avec Jean-Pierre Hébrard va lancer Bernard Lavilliers en lui faisant enregistrer un opus et deux 45 tours. Peu de temps après, les émeutes de mai 1968 bouleversent la France, il choisit alors de quitter Paris et d’aller chanter en province.

Le rebelle qui devient chanteur

En 1971, Francis Dreyfus crée une nouvelle maison de disques et fait signer Bernard Lavilliers. Le second album du chanteur sort en 1972 et s’intitule Les poètes. Encore une fois, son inspiration reste Léo Ferré. Durant cette période, il se produit régulièrement sur scène en acoustique. Son style musical commence à changer, en 1975, à l’enregistrement de son troisième opus Le Stéphanois. Une chanson marque particulièrement cet album, San Salvador. C'est un morceau en partie parlé, sur des airs de samba. Sa notoriété commence à s’amplifier, il quitte sa maison de disques pour signer chez Barclay's. En 1976, il sort l’album Barbares qui lui permet de monter sur la scène du Théâtre de la ville. Un album à travers lequel il s’exprime sur des sujets de société, un album rock qui parle de drogue, de misère et de pouvoir. Un album qui l’impose comme artiste engagé. L’année 1977 est marquée par la sortie de son opus 15ème round, qui en plus d’être un succès, permet à la jeunesse de s’identifier aux paroles du chanteur.

La scène musicale comme lieu d’expression

Après plusieurs albums à succès, Bernard Lavilliers foule pour la première fois les planches de l’Olympia en 1977. Il y retourne l’année suivante. Un album live enregistré lors de ces performances sort quelques temps plus tard. Un nouvel opus voit le jour en 1979 et s’intitule Pouvoirs. Si le public n’est pas réceptif à celui-ci, la tournée qui suit connaît un véritable succès.

Après une pause en Jamaïque, des passages à New York et à Rio de Janeiro, il rentre en France et se produit au Palais des Sports en 1980. Un bref retour puisqu’il repart presque aussitôt pour le Salvador. De ce nouveau voyage, il sort son album Nuit d’Amour qui rencontre un énorme succès avec notamment les titres Betty  et Eldorado .

Un artiste prolifique aux albums inspirés du monde

En 1983, il sort l’album État d’Urgence qui devient disque d’or en seulement trois mois avec notamment le single Idées noires  en duo avec Nicoletta. Suite à son album, il se produit lors d’une tournée acoustique, accompagné d’un groupe brésilien. Il sort ensuite son nouvel album Tout est permis, Rien n’est possible et en 1984, il devient directeur artistique du Casino de Paris.

Les voyages lui manquent... il repart donc, cette fois-ci pour le Sénégal. Un voyage qui inspire largement son nouvel opus de 1986 : Voleur de feu. Sur cet album figure le morceau Noir et blanc  en duo avec Nzongo Soul. If... voit le jour en 1988, un album où il raconte ces voyages, notamment dans Nicaragua . Ses derniers voyages en Asie lui inspirent l’album Solo. Il reprend alors la route pour une tournée de près de 200 dates qui passe par l’Olympia.

Un parolier toujours engagé

Rien ne l’arrête, le succès continue avec la sortie de l’album Les Champs du possible en 1994. Un album engagé qui s’attaque aux personnes corrompues notamment dans Les Troisièmes couteaux. Cet opus est réédité en 1995 et Bernard Lavilliers y intègre un duo avec Jimmy Cliff pour le morceau Melody Tempo Harmony. Jamais à court d’idée, il sort Le Venin en 1997 issue de son nouvel opus Clair Obscur. Un album qui a été entièrement composé et enregistré en Jamaïque et Belgique. Le premier morceau de l’album est une chanson de Léo Ferré : Préface .

Toujours aussi choqué par le monde qui l’entoure, il revient en 2001 avec Arrêt sur image, un album dont les chansons parlent de la violence et du chômage qui touchent sa région natale, et qui compte la reprise du classique Les Feuilles Mortes . Ce morceau permet à l’album de se classer parmi les meilleures ventes de l’époque. À la suite de cet album, Bernard Lavilliers se produit sur la scène de l’Olympia et continue avec une longue tournée. En 2003, la SACEM lui remet le Grand Prix de la chanson française.

Une musique sous forme de carnet de voyage

Bernard Lavilliers collabore avec Mino Cinelu et, en 2004, ils partent ensemble en tournée. Au retour de cette tournée, ils enregistrent Carnet de bord, une invitation au voyage. Sur cet album, Bernard Lavilliers collabore avec d’autres artistes tels que Cesaria Evora sur le titre Elle chante  et Tiken Jah Fakoly sur Question de peau . Il choisit de publier ses chansons dans deux ouvrages sortis fin 2004 : Les Couteaux de la ville et La malédiction du voyageur. Des livres qui montrent aussi bien sa passion pour le monde et les voyages que son engagement. Il enchaine avec une tournée en 2005 qui passe par le Grand Rex, d’où il enregistre un live.

En 2007 il repart pour la Jamaïque afin de commencer l’enregistrement de son nouvel album Samedi soir à Beyrouth. Une fois encore, il est entouré par d’autres artistes sur cet opus tel que le groupe Tryo qui collabore au titre Balèze. Il repart rapidement sur les routes pour une nouvelle tournée.

En 2010, il revient avec Causes perdues et musiques tropicales. Toujours inspiré par ses combats, cet album reflète ses pensées. De nombreux artistes participent à cet opus tels que Bonga, Fred Pallem, David Donatien ou Seb Martel. Les mélodies de cet album sont empreintes d’exotisme et de voyages, comme toujours.

Après le tremblement de terre qui détruit Haïti, il s’intéresse à l’avenir des artistes locaux. De cette expérience, il compose son dernier album Baron Samedi. Il met en avant l’importance de la passion pour surmonter les moments difficiles de la vie avec notamment les titres Vivre encore  ou Tête Chargée . Il reprend la route en 2014 pour une nouvelle tournée.

Ses voyages, ses combats constituent des thèmes humains et réalistes qui créent une relation unique avec son public. Après plus de quarante ans de carrière, il continue de parler des problèmes de société et de ses voyages, les deux thèmes essentiels de la vie de Bernard Lavilliers.