Biographie de Bertrand Burgalat

Bertrand Burgalat est un producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur français, né le 19 juillet 1963 à Bastia.

Il a travaillé sur près de 200 disques, composé pour Marc Lavoine, arrangé Supergrass ou remixé Depeche Mode. Au cinéma, il a signé les musiques de films de Valérie Lemercier ou d'Eva Ionesco. Interprète, il a publié neuf albums sous son nom, dont le dernier en 2017, Les choses qu'on ne peut dire à personne.

Biographie

Né en 1963, Bertrand Burgalat est fils de haut fonctionnaire — son père, Yves Burgalat, exerce, au moment de sa naissance, la fonction de sous-préfet en Haute-Corse. Arrivé d’Espagne, son arrière-grand-père maternel, Paul Arjo, a créé à Agen « le plus vieux quotidien local français » : Le Petit Bleu.

Le père de Bertrand Burgalat était originaire des Pyrénées et il est devenu préfet du Haut-Rhin. C’est pourquoi, jusqu’à ses 12-13 ans, Bertrand Burgalat vit dans le Haut-Rhin, avant de déménager à Bobigny. Durant sa scolarité à l'école annexe de Colmar, où il a pour enseignants Philippe Linck et M. Simendinger, il découvre le rock et décide de faire carrière dans la musique.

Politique

Bertrand Burgalat s’intéresse très jeune à la politique ; selon lui, cette inclination débute vers l’âge de 10 ans, au moment de la présidentielle de 1974.

Lorsque son père est nommé à Dijon, même si Bertrand Burgalat part s’installer à Paris, il y revient le week-end. C’est à ce moment qu'à Dijon il commence à fréquenter de jeunes fascistesCharles qu’à cette période il n’est pas au courant de leurs idées politiques (!) et qu’à l’époque il lit Jean-François Kahn et les Nouvelles littéraires, plutôt à gauche<ref name=":0" />. Progressivement il adhère à ces idées et lit beaucoup de journaux comme Élements, Aspects de la France, Totalité<ref name=":0" />. Mais là encore, il sent que ça ne lui correspond pas totalement, il admet avoir des « aspirations contradictoires » à « concilier »<ref name=":0" />. Finalement, il côtoie les solidaristes du cercle Louis-Rossel. Bertrand Burgalat explique qu’il a eu besoin d’aller vers ces mouvances, même sans y adhérer, afin de « défier » son père<ref name=":0" />.

Durant sa jeunesse, il milite donc à l'ultra-droite, dans la mouvance nationaliste révolutionnaire. Selon le journaliste René Monzat, Bertrand Burgalat a été membre, dans les années 1980, du mouvement d'extrême droite Troisième voie, dirigé par Jean-Gilles Malliarakis. Dans la même période, il écrit dans Le Choc du mois sous le pseudonyme de "Bertrand Burg".

En 1999, Bertrand Burgalat déclare dans une interview accordée aux Inrockuptibles : "J'ai fait des conneries. (...) [Vers 18 ans], tu peux faire vraiment des grosses conneries, des trucs dangereux, violents. Y compris sur des histoires politiques... Je ne m'en vante pas : non pas sur le plan moral, mais parce que je n'ai absolument aucune nostalgie pour cette période de ma vie". Il part ensuite en voyage en Yougoslavie avec le groupe Laibach. Ce dernier accompagne en musique les évènements du journal des jeunesses communistes Mladina.

Lorsqu’il rentre en France, Bertrand Burgalat soutient des idées comme « l’économie dirigée, le volontarisme d’État et le colbertisme »Xavier Dugoin, président du conseil général de l’Essonne. Il reprend la musique, en parallèle, avec le groupe Laibach, et se fait finalement remercier du conseil général de l’Essonne car il ne s’y rend presque plus (emploi fictif ?). Il travaille ensuite quelque temps pour Michel Pelchat, député de l’Essonne<ref name=":1" />. Après cette expérience en politique, sa réflexion sur le milieu s’est étoffée et il part du principe que « la décentralisation doit être accompagnée de contre-pouvoirs forts »<ref name=":1" />. La leçon qu’il tire de ces années en politique est la suivante : « ce qui m’a également sidéré, c’est l’incroyable médiocrité de la plupart des cadres et des dirigeants de droite que j’ai croisés (…). Là, le seul moteur, c’était l’ambition. Aucune vision, aucune pensée. »<ref name=":1" />. Désormais il affirme voter « toujours PS aux élections locales », et explique que c’est «  parce qu’un de [ses] meilleurs amis, Jean-François Legaret, est maire UMP du arrondissement. Je suis électeur dans le XVIIe où, depuis (Françoise) de Panafieu, il y a une longue tradition d’andouilles de droite. Alors je vote socialiste, pour que le score de Legaret paraisse comparativement élevé »<ref name=":0" />. Il dit aussi aimer « la gauche gentille », ayant une « tendance à être libéral »<ref name=":0" /> et affirme avoir «  beaucoup de mal avec le marketing de droite (…) et de gauche »<ref name=":0" />.

Carrière musicale

Peu satisfait de ses débuts, et confronté dans les années 1980 à une forme de "vide existentiel", Bertrand Burgalat se rend en 1987 en Slovénie et y rencontre le groupe Laibach, dont il devient l'arrangeur et le producteur. Revenu en France au début des années 1990, il travaille sur divers projets comme la bande originale du film Les Nuits fauves.

Tricatel

En 1995, il fonde son label, Tricatel, du nom de l'industriel fictif Jacques Tricatel, PDG d'une chaîne de restauration de nourriture industrielle dans le film de Claude Zidi, L'Aile ou la Cuisse, — un label entièrement consacré aux artistes inclassables et aux projets hors norme. Burgalat s’est inspiré de la musique classique du , de la musique progressive, de la soul, de la pop électronique et de la variété internationale, accueillant notamment des collaborations avec l’écrivain Michel Houellebecq et la comédienne Valérie Lemercier, Jef Barbara, Chassol, Jonathan Coe, Ingrid Caven, April March, les High Llamas. Tricatel a étendu ses activités en produisant les films musicaux de Chassol, ou Le Ben & Bertie Show, fiction musicale réalisée par Benoit Forgeard. Les productions Tricatel demeurent relativement confidentielles jusqu'en 2007, avec le succès de Christophe Willem dont il a écrit, arrangé et produit le simple Élu produit de l’année.

Projets

Il est connu pour divers projets :
  • production et arrangements pour des artistes et groupes tels qu' Alain Chamfort, Pizzicato Five, Adamo, Dominique Dalcan, Jad Wio, Einstürzende Neubauten, Ollano, Laibach (notamment l'album Let it Be et les reprises de Sympathy for the Devil, Live Is Life et One Vision), Katerine, Valérie Lemercier, Mick Harvey, April March, Supergrass, Michel Houellebecq (Présence humaine), Christophe Willem, Alizée, Les Shades, Depeche Mode. Il participe au projet Gruesome Twosome (avec Samy Birnbach, ex-leader de Minimal Compact) et A.S. Dragon ;
  • l'album Valérie Lemercier chante de Valérie Lemercier, en 1996 ;
  • organisateur des soirées Tricatel, dans le bowling de l'avenue Foch, à Paris, puis dans le nouveau lieu artistique de Saint-Ouen, Mains d'œuvres ;
  • les bandes originales des films Les Nuits fauves de Cyril Collard, Quadrille, Palais Royal ! de Valérie Lemercier, My Little Princess et Rosa Mystica de Eva Ionesco, ainsi que 4 titres de Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier;
  • des remixes : Easy Tiger de Depeche Mode, Soul II Soul, Sexy Boy de Air, Jef Barbara, Showgirls, ;
  • depuis 2000, plusieurs albums sous son nom, chantant parfois en anglais (voir ci-dessous), en italien ou en espagnol.
  • Il est élu vice-président du SNEP en décembre 2014.
  • Depuis 2015, il co-dirige avec Bertrand Dermoncourt une collection sur le rock pour les éditions Actes Sud (Actes Sud Rocks).

Télévision

En 2012, Bertrand Burgalat crée et anime l'émission de fiction musicale Le Ben et Bertie Show, en compagnie du réalisateur et acteur Benoît Forgeard. Les quatre premières émissions L'Année bisexuelle (janvier 2013), Ceux de Port-Alpha (juin 2013), L'Homme à la chemise de cuir (décembre 2013) et L'Incruste (mai 2014) sont diffusées sur les chaînes Paris Première et W9.

Radio

Entre décembre 2013 et avril 2014, il anime l'émission musicale Face B sur France Inter.

En février 2018, il participe à l'émission À voix nue sur France Culture, pour une série de 5 épisodes..

Vie privée

Bertrand Burgalat a été durant plusieurs années le compagnon de Valérie Lemercier. Ils se sont séparés en 1997, mais sont restés des amis prochesVanessa Seward, créatrice de mode, ancienne styliste chez Azzaro<ref name="Locoge"/>.

Diabète

En août 2011, il rédige une tribune de sensibilisation au diabète, publiée dans le journal Libération.

À travers un essai, Diabétiquement vôtre, publié en octobre 2015, il évoque pour la première fois le diabète de type 1 qui l’affecte depuis l’âge de 11 ans. L'année suivante, en 2016, il fonde l'association Diabète et Méchant.

Le 13 novembre 2017, à l'occasion de la Journée Mondiale du diabète, il publie une tribune dans le journal Le Figaro, dénonçant le manque de concurrence dans la fabrication et la commercialisation de l'insuline, contribuant à son prix élévé et la rendant "inaccessible à la majorité des diabétiques dans le monde".

Récompenses

En avril 2009, il est nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture, Christine Albanel, en présence de Valérie Lemercier, Marc Lavoine, Jean-Paul Rouve, Philippe Manœuvre et Jean-Charles de Castelbajac. En janvier 2014, il est promu officier de l'ordre.

Prix de la meilleure musique de film au Festival de La Ciotat pour My Little Princess (2012).

Élu compositeur de l'année, Prix de la création musicale de la Chambre syndicale des éditeurs de musique (2013).

En novembre 2016, il remporte le prix Philips 2016 du livre Santé & Bien-être pour son essai Diabétiquement vôtre.

Discographie solo

Albums

  • 1999 : The Genius of Bertrand Burgalat
  • 2000 : The Sssound of Mmmusic (10 instrumentaux et 5 titres chantés)
  • 2001 : Bertrand Burgalat meets A.S. Dragon (live)
  • 2005 : Portrait-robot
  • 2007 : Chéri B.B. (avec un titre chanté par Robert Wyatt)
  • 2007 : Inédits (réédité en 2011 en mp3 avec plusieurs titres non parus dans l'édition 2007)
  • 2012 : Toutes Directions
  • 2014 : La Nuit est Là (live)
  • 2017 : Les choses qu'on ne peut dire à personne
  • 2017 : Variations sur Les choses qu'on ne peut dire à personne (album de remixes)

Principaux singles et maxis CD ou vinyls

  • 2000 : Prototypes
  • 2000 : Ok Bertrand
  • 2000 : (come potrei) Scordare
  • 2000 : Gris Métal
  • 2001 : Richer E.P.
  • 2002 : Bertrand meets Bertrand
  • 2007 : This Summer Night (en duo avec Robert Wyatt)
  • 2008 : Nous étions heureux
  • 2010 : RosEros (en duo avec April March)
  • 2012 : Double peine

Musiques de films

  • 1997 : BOF Quadrille
  • 2005 : BOF Palais Royal !
  • 2010 : BOF Belleville Tokyo
  • 2010 : BOF Manu (court-métrage)
  • 2011 : Compilation des 3 précédentes sur 1 seul CD
  • 2011 : BOF My Little Princess
  • 2012 : Mater Admirabilis, chanté par Fanny Ardant, présent sur la bande originale de Miroir mon Amour, un film de Siegrid Alnoy
  • 2013 : Dynamite !, musiques pour le film Quai D'Orsay de Bertrand Tavernier
  • 2016 : BOF Gaz de France, de Benoît Forgeard
  • 2016 : BOF Tout de suite maintenant, de Pascal Bonitzer
  • 2017 : BOF Drôles d'oiseaux, d'Élise Girard

Participations

  • 1995 : Arrangeur et musicien sur l'album Intoxicated Man de Mick Harvey, disque de reprises en anglais de Serge Gainsbourg
  • 1997 : Arrangeur et musicien sur l'album Pink Elephants de Mick Harvey, disque de reprises en anglais de Serge Gainsbourg
  • 1999 : reprend Holidays de Michel Polnareff sur le double album collectif Hommage à/to Polnareff(réédité raccourci en 1 CD en 2007)
  • 2005 : chante sur le titre L'Ennemi dans la glace avec Alain Chamfort, sur son album live Impromptu dans les jardins du Luxembourg
  • 2016 : Arrangeur et musicien sur l'album sur l'album Delirium Tremens de Mick Harvey, disque de reprises en anglais de Serge Gainsbourg

Publications

Essai

  • 2015 : Diabétiquement vôtre, Éditions Calmann-Levy

Préfaces

  • 2008 : Bubblegum & Sunshine Pop, de Jean-Emmanuel Deluxe, éd. Autour du Livre
  • 2009 : Françoise Hardy, Tant de belles choses, de Pierre Mikaïloff, éd. Alphée
  • 2015 : Notes de pochettes, Tricatel en portraits, éd. Tricatel

Contributions

  • 2007 : Chroniques de luxe, de Sébastien Bataille, éd. Le bord de l’eau
  • 2015 : Les Grands Entretiens d’Art Press : Marc Desgrandchamps, éd. Art Press
  • 2016 : Nouvelles Nouvelles d’Azerbaïdjan, éd. Intervalles

Notes et références

Liens externes