Biographie de I Muvrini

I Muvrini (Les petits mouflons en corse) est un groupe français de musique corse créé par les frères Alain et Jean-François Bernardini à la fin des années 1970. Ils furent initiés jeunes à la musique corse traditionnelle par leur père, Ghjuliu, qui était un poète et chanteur corse assez connu.

Commençant par chanter des chansons dans un style traditionnel corse (guitare et voix, polyphonies), le groupe s'ouvrit progressivement vers les musiques du monde et la variété. Il a notamment enrichi son orchestration avec des instruments tels que la vielle à roue ou la cornemuse qui ont longtemps été utilisés par le groupe de ses débuts, jusqu'à la fin des années 90.

Le groupe a débuté, à compter des années 80, à trois voix, Roseline Bartoli faisait partie du groupe durant quelques années et les a suivi jusqu'au delà des années 90. Désormais et ce depuis Leia, Stéphane Mangiantini est la troisième voix du groupe.

Le groupe est connu dans plusieurs pays du monde : Suisse, Belgique, Allemagne, Pays-Bas qu'ils font à chaque tournée de leur nouveau disque.

I Muvrini s'est produit sur les plus grandes scènes françaises : Olympia, Bercy, le Zénith, qu'ils ont fait plusieurs fois, voir le Trianon, le silo de Marseille, ou encore le Casino de Paris plus récemment. Il est le groupe Corse à posséder la plus grande notoriété à travers le monde du à son ouverture sur celui-ci ; de plus, son leader Jean François Bernardini est présent également à travers la fondation AFC Umani qu'il préside, ainsi que la non-violence dans le monde pour laquelle il se démène, ce qui lui donne une popularité certaine dans les différents médias, où il est très sollicité (radio, journaux, émissions télévisées).

Le groupe s'est adjugé de nouveaux membres depuis la création de l'album Alma paru en 2005, en effet nouveaux musiciens et chœurs sont venus s'ajouter, on note par exemple le bassiste ivoirien César Anot, auquel le groupe accorde quelques morceaux où il chante en baolé, mais également le guitariste Mickey Meinert, le pianiste Achim Meier qui a remplacé Régis Gizavo qui avait longtemps collaboré avec le groupe, mais également Loic Taillebrest à la cornemuse.

I Muvrini a construit un studio ultra moderne au sein même de leur village de Taglio-Isolaccio (Tagliu-Isulacciu en langue corse), et possède leur propre maison de distribution de disques AGFB depuis leur enregistrement de l'album Pè l'amore di tè effectué à Paris en 1987 et sorti en 1988.

I Muvrini possède huit disques d'or et surtout deux Victoires de la musique (en deux participations).

I Muvrini a chanté plusieurs fois en mêlant ses voix à celles d'autres artistes :
  • Anggun : Streets of Philadelphia (ils ont également interprété cette chanson avec Julie Zenatti) ;
  • Tina Arena : A voce rivolta ; Dis moi
  • Véronique Sanson : Le temps est assassin ;
  • Nana Mouskouri : Here's to you ;
  • Stephan Eicher : Dis-moi où et Un sognu pè campa Un rêve pour vivre ;
  • MC Solaar : Jalalabad ;
  • Sting : Terre d'oru (avec Pyx lax) ;
  • Laïs : Noi ;
  • Luz Casal : Erein Eta joan, Je sème et je m'en vais ;
  • Ute Lemper : Amsterdam ;
  • Florent Pagny : Terra, Amsterdam ;
  • Angelo Branduardi : La morte di Francesco ;
  • Lluís Llach et Dan Gharibian : Vo lu mondu ;
  • William Dunker : Erein Eta Joan ;
  • Grand Corps Malade : Una terranova, Tu seras un homme mon fils ;
  • Thomas Dutronc : Bonafurtuna ;
  • Pyx Lax : A Pena ; Terre d'oru
  • Renaud : La ballade nord-irlandaise ;
  • Michel Fugain : L'île ;
  • Roseline Bartoli : Sole qui s'aviccina ;
  • Josephina Fernandez : Vogliu, Un so micca venuti ;
  • Antoine Ciosi : Face u fretu fora ;
  • Reinhard Mey : Regen auf Jalalabad ;
  • Haris Alexiou : Qu'est-ce qui nous reste ?
  • Serge Reggiani : Sarah
  • Karen Kassulat : Vauvenargues, Moments of joy
  • Jacques Dutronc : Corsica
  • Les Stentors : A voce rivolta
  • L'Abbrivu : Tra more è campa
  • Sofia Mestari : Tu me manques

Discographie

  • 1979 - Ti ringrazianu
  • 1980 - Anu da vultà
  • 1980 - Campemuci (chants par des enfants uniquement)
  • 1981 - Rundinella (présents dans 4 des chansons)
  • 1981 - È campa quì
  • 1984 - Lacrime
  • 1985 - 85
  • 1986 - À l'encre rouge
  • 1988 - Pè l'amore di tè
  • 1989 - Quorum
  • 1990 - In core (live au théâtre de Bastia)
  • 1991 - À voce rivolta
  • 1993 - Noi
  • 1995 - Curagiu (Disque d'or)
  • 1996 - Bercy 96 (live) (Disque d'or)
  • 1998 - Leia (Disque d'or)
  • 2002 - Umani (Disque d'or)
  • 2003 - Terra (Long Box, compilation, 3 disques)
  • 2005 - Alma (Disque d'or)
  • 2007 - I Muvrini et les 500 choristes (Disque d'or)
  • 2010 - Gioia (Disque d'or)
  • 2012 - Imaginà
  • 2015 - Invicta
  • 2016 - Pianetta
  • 2017 - Luciole

Critiques

I Muvrini relança la culture corse et sa musique en particulier. Ceci est d'autant plus spectaculaire que le groupe s'est formé à une époque où les langues régionales étaient non reconnues, voire réprouvées. Dans les années 80, si le groupe chantait des polyphonies traditionnelles (dont des paghjelle), il ajoutait à son répertoire des chants contestataires. Il a d'ailleurs été victime de plusieurs arrêtés municipaux lui interdisant de se produire dans certains villages corses, menant parfois à des confrontations entre nationalistes et militants du collectif Corse française et républicaine (CFR).

Aujourd'hui, et après une ouverture aux musiques du monde, I Muvrini chante plutôt de la variété en langue corse. Certains groupes, comme I Mantini, leur reprochent d'être entrés dans un système qu'ils critiquaient autrefois et de vendre aujourd'hui de la musique abusivement étiquetée « traditionnelle ». Deux chansons de I Mantini en sont l'exemple : I Muvrini sont riches et Mendiants de la tradition.

Liens externes