Biographie de Jean Sablon

Jean Sablon est un auteur-compositeur-interprète français né le à Nogent-sur-Marne et mort le à Cannes.

Il est l'un des premiers chanteurs français à s'intéresser au jazz. Créateur de plusieurs œuvres de Mireille et Jean Nohain, puis de Charles Trenet, il est le premier à utiliser un microphone sur une scène française en 1936. Vedette du disque et de la radio, il quitte la France en 1937 pour un contrat à la NBC. Ses shows font de lui une vedette de premier plan aux États-Unis. Chanteur français désormais le plus international de sa génération, il devient l'ambassadeur de la chanson et se consacre à ses tournées au plan international, retrouvant régulièrement les principales salles françaises. Il conclut ses soixante-et-un ans de carrière par d'ultimes « adieux » en 1984.

Biographie

Jean Sablon fut élève du lycée Charlemagne, à Paris, qu’il quitta pour le Conservatoire de Paris. Arrivé cependant trop tard pour l'inscription, il se concentra sur sa carrière de chanteur.Il débuta en 1923, à l'âge de dix-sept ans, dans des opérettes à Paris. Par la suite, il fut accompagné par la pianiste-compositrice Mireille pour son premier album, dont la chanson Couchés dans le foin fut un succès. En 1931, il fit équipe au Casino de Paris avec Mistinguett, grâce à Oscar Dufrenne auquel les deux artistes étaient très liés. Dès 1928, il séjourna au Brésil où ses enregistrements restent encore aujourd’hui populaires.

En 1937, il remporta le Grand Prix du disque pour la chanson Vous qui passez sans me voir, écrite à son intention par Charles Trenet, Johnny Hess et Paul Misraki. La même année, il alla aux États-Unis chanter pour la radio NBC et fit plusieurs enregistrements en anglais. À Broadway, il travailla avec des célébrités telles que Cole Porter et George Gershwin. Il revint à Paris pour se produire à l’ABC en 1939 et retourna en Amérique où il habitait depuis 1937. Au cours de ce séjour américain, il se rendit à Montréal et fit la rencontre de la Bolduc, dont le turlutage et les chansons truculentes l’impressionnèrent fortement. Il fit découvrir la Bolduc à Charles Trenet. Au cours des années 1940, il a accueilli le Salon Jean Sablon sur la radio Columbia Broadcasting System et a été accompagné par l'accordéoniste/compositeur américain John Serry Sr. (Toots Camarata - arrangeur musical)

Jean Sablon est devenu l’un des chanteurs français masculins les plus applaudis ; de par sa popularité tout au long de sa carrière, il est classé juste après Maurice Chevalier. Ses disques se sont vendus par millions à travers le monde et on a souvent dit qu’il était l’équivalent en France de Bing Crosby aux États-Unis. Au cours de sa carrière, il enregistra en compagnie de grands musiciens, notamment Django Reinhardt, avec lequel il fut le premier chanteur à avoir enregistré, et Stéphane Grappelli. Comptant parmi les premiers interprètes de Francis Lemarque, il a également été auteur lyrique et compositeur.

Il fut aussi le premier chanteur français à utiliser un microphone, ce qui le fit surnommer "le Chanteur sans voix" (ainsi que, par dérision, "le P'tit qu'a l'son court").

Le 30 mars 1950, Jean Sablon enregistre C'est si bon à Londres avec l'orchestre de Woolf Phillips. Le 23 novembre de la même année, il enregistre la version anglaise (paroles de Jerry Seelen) à Buenos Aires avec l'orchestre d'Emil Stern.

Jean Sablon a fait quelques apparitions au cinéma et dans de multiples émissions télévisées à travers le monde. Il faillit être choisi, entre autres, à la place de Georges Guétary pour le film Un Américain à Paris. Son dernier passage à New York (au Lincoln Center) date de 1981. En 1982, il effectua ses adieux à Paris (au Pavillon Gabriel) et à Rio de Janeiro (au Copacabana Palace).

Mort en 1994, Jean Sablon repose au cimetière du Montparnasse, à Paris, avec les siens et aux côtés de son fidèle secrétaire et compagnon Carl Galm. Sa voix demeure cependant présente par de nombreux disques (78 tours, microsillons puis CD) et au sein de films récents, notamment français ou américains.

Famille

Jean Sablon était le fils du compositeur Charles Sablon et le frère du compositeur André Sablon et de la chanteuse et actrice Germaine Sablon.

Hommages

  • Une rue du Château-d'Olonne (Vendée) porte son nom.
  • Le 30 avril 2004 a été inaugurée l’allée Jean-Sablon dans le jardin du Ranelagh (le long de l'avenue Ingres) dans le de Paris.
  • Le 7 septembre 2006 a été inaugurée au bord de la Marne la promenade Jean-Sablon (dans le prolongement du quai du Port passant sous le viaduc ferroviaire) à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne).
  • Le 10 avril 2010 a été inaugurée l’allée Jean-Sablon dans le square de Verdun (sur la Croisette), à Cannes (Alpes-Maritimes).
  • Le 15 mai 2015 a été inaugurée l’esplanade Jean-Sablon à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Revues

  • 1927 : Au temps de Gastounet, revue de Rip, Théâtre des Bouffes-Parisiens.
  • 1931 : Revue Argentine, revue de Manuel Romero et Bayon Herrera. Parade de femmes, revue de Henri Varna, Léo Lelièvre et Marc Cab, toutes deux au Palace. Paris qui brille, revue de Henri Varna, Léo Lelièvre et Earl Leslie, Casino de Paris.
  • 1932 : Ces messieurs dames, revue de Francis Carco, Le Studio de Paris.
  • 1934 : Femmes en folie, revue de Maurice Hermitte et Jean Le Seyeux, Folies Bergère.
  • 1935 : Pirouette 35, revue de Fernand Rouvray et Max Eddy, Théâtre des Dix Francs.

Opérettes

  • 1924 : Madame, opérette d’Albert Willemetz, musique de Henri Christiné. En chemyse, opérette d’Albert Willemetz et Pierre Henri Cami, musique de Raoul Moretti, toutes deux au Théâtre des Bouffes-Parisiens.
  • 1928 : Lulu, opérette de Serge Veber, musique de Georges Van Parys et Philippe Parès, Théâtre Daunou.
  • 1929 : Vive Leroy, opérette de Henri Géroule et René Pujol, musique de Fred Pearly et Pierre Chagnon, Théâtre des Capucines.
  • 1933 : Dix-neuf ans, opérette de Jean Bastia, musique de Pascal Bastia, Théâtre Daunou.
  • 1936 : Le Chant des tropiques, opérette de Louis Sauvat et Champfleury, musique de Moyses Simons, Théâtre de Paris.

Comédies musicales

  • 1923 : La Dame en décolleté, comédie musicale d’Yves Mirande et Lucien Boyer, musique de Maurice Yvain, Théâtre des Bouffes-Parisiens.
  • 1925 : Trois jeunes filles nues, comédie musicale d’Yves Mirande et Albert Willemetz, musique de Raoul Moretti, Théâtre des Bouffes-Parisiens.

Filmographie

  • 1924 : Madame Sans-Gêne de Léonce Perret. (figuration non créditée au générique)
  • 1930 : Chacun sa chance de René Pujol et Hans Steinhoff.
  • 1939 : La Grande Farandole de H. C. Potter. (figuration non créditée au générique)
  • 1951 : Paris chante toujours de Pierre Montazel. (Jean Sablon y joue son propre rôle).

Notes et références

Liens externes

Jean Sablon illustré par Guillaume Libert dans la collection BD Music https://www.difymusic.com/bdmusic